Budget défense : le ministère des Finances accusé de retarder « des dizaines d’accords cruciaux »
Le directeur du ministère de la Défense a convoqué une réunion pour discuter de "la gestion du budget de la défense dans un contexte de menaces croissantes pour la sécurité"
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le directeur du ministère de la Défense, Amir Baram, a critiqué mardi le Trésor pour avoir « retardé la signature de dizaines d’accords cruciaux qui affectent la sécurité fondamentale », alors que les deux institutions continuent de s’affronter au sujet du budget israélien.
La semaine dernière, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a sévèrement critiqué l’establishment de la défense pour sa gestion inefficace des dépenses, alors qu’il présentait les grandes lignes du budget de l’État pour 2026, après deux années marquées par une forte hausse des coûts de guerre.
Mardi matin, Baram a convoqué la direction du ministère pour discuter de « la gestion du budget de la défense dans un contexte de menaces croissantes pour la sécurité ».
« Après deux années d’une guerre intense et sans précédent sur plusieurs fronts, qui a nécessité une activité intensive du système de défense sur sept fronts, le ministère des Finances détourne l’attention et se concentre sur des questions dont l’impact est minime par rapport aux graves menaces de sécurité émanant de l’Iran et d’autres zones proches et lointaines », a déclaré Baram lors de la réunion, selon les propos publiés par le ministère.
« Compte tenu de l’intensité des efforts de nos ennemis, l’État d’Israël est obligé d’investir dès maintenant dans des achats massifs en urgence. Nous devons tout mettre en œuvre pour rétablir la pleine capacité opérationnelle des unités de combat épuisées », a-t-il poursuivi.
« Au lieu de cela, le ministère des Finances freine le ministère de la Défense et retarde la signature de dizaines d’accords cruciaux d’une valeur de plusieurs milliards de shekels, notamment pour l’achat de munitions, de pièces détachées pour les chars, de drones pour les unités de combat, de systèmes de protection pour les communautés situées le long des frontières libanaise et gazaouie, et bien d’autres choses encore. Le ministère des Finances refuse également de signer des contrats pour la construction de la barrière à la frontière orientale [jordanienne], contrairement à la décision de la commission des Achats de défense de la Knesset, et ce, malgré l’émergence évidente de menaces. »
Il a ajouté que les autorités de défense « s’engagent à tirer des leçons et à améliorer leur efficacité, mais alors que le ministère des Finances affirme que nous répétons les erreurs du passé commises après la Guerre de Kippour, lorsque le budget de la défense représentait 35 % du PIB, aujourd’hui, après une année de guerre intense, le budget de la défense ne représente plus que 6,7 % du PIB, et notre demande budgétaire le limiterait à seulement 5 % du PIB dans deux ans ».
À ce jour, la guerre, qui dure depuis deux ans a coûté 250 milliards de shekels à l’économie, dont 180 milliards de shekels en coûts directs pour les besoins de défense et de sécurité, selon Smotrich. Le budget de la défense de cette année s’élève déjà à 163 milliards de shekels, et devrait atteindre environ 90 milliards de shekels en 2026, soit 4,5 % du PIB, d’après le ministre des Finances.
Selon le calendrier présenté par le ministère des Finances, le budget 2026 sera soumis à l’approbation du gouvernement le 4 décembre. Il sera ensuite soumis à la Knesset pour une première lecture début janvier, puis pour une deuxième et une troisième lecture en mars. Selon la loi, le budget doit être adopté avant la fin du mois de mars, faute de quoi de nouvelles élections législatives seront déclenchées.
Sharon Wrobel a contribué à cet article.
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