Canada : 2 ans de prison requis contre un avocat ayant vandalisé le Monument national de l’Holocauste
L’accusé, qui avait inscrit à la peinture rouge les mots « Feed-Me », ou « Nourrissez-moi », sur la façade du monument, avait plaidé coupable en juillet à des accusations de méfait
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La justice canadienne a requis, le 1er décembre, une peine de deux ans d’emprisonnement contre un ancien avocat de la Ville d’Ottawa, Iain Aspenlieder, 46 ans, reconnu coupable d’avoir vandalisé en juin dernier le Monument national de l’Holocauste. Son procès a eu lieu devant la Cour supérieure de l’Ontario.
L’accusé, qui avait inscrit à la peinture rouge les mots « Feed-Me », ou « Nourrissez-moi », sur la façade du monument, avait plaidé coupable en juillet à des accusations de méfait. Il a réitéré devant le tribunal les motivations politiques de son geste, évoquant ce qu’il qualifie de « génocide » à Gaza. Le juge a qualifié ses propos d’ « impénitents ».
La défense a demandé une peine avec sursis, rappelant que l’accusé avait déjà purgé un certain temps en détention préventive et subi d’importantes conséquences professionnelles, dont son licenciement du Barreau et une possible révocation de permis d’exercice.
Plusieurs organisations juives ont souligné devant le tribunal l’impact de l’acte de vandalisme, évoquant un symbole « meurtrier » et une source de peur pour la communauté. L’empreinte de main ensanglantée laissée par l’accusé a ravivé, selon elles, un traumatisme associé à des images de violences antijuives largement diffusées au début des années 2000 après un lynchage de deux soldats égarés à Ramallah par des Palestiniens.
Le procureur par intérim, Moiz Karimjee, a affirmé que l’acte constituait une atteinte directe à la communauté juive, rappelant que M. Aspenlieder était un avocat « instruit » conscient de la portée antisémite de son geste.
La juge Anne London-Weinstein devait rendre sa décision vendredi sur la peine. L’accusé a demandé à être remis en détention pendant les délibérations afin d’éviter d’être vu par ses parents durant cette étape judiciaire.
Après les faits, le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, s’était dit profondément troublé. Sur le réseau social X, il avait exprimé sa consternation d’apprendre qu’un employé municipal était impliqué dans un tel acte.
Richard Marceau, vice-président et avocat au Centre consultatif des relations juives et israéliennes d’Ottawa, avait lui aussi réagi vivement : « Apprendre qu’un fonctionnaire au service du public est accusé de vandalisme contre un monument aussi symbolique est à la fois surprenant et choquant. » Il avait insisté sur l’importance de sanctions à la hauteur des actes commis.
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