Canada: L’acquisition d’œuvres de Nan Goldin entraîne la controverse dans une galerie
La décision prise par l’Art Gallery of Ontario de ne pas acheter de travaux de la photographe juive, en lien avec ses positionnements anti-Israël, a conduit à la démission d’un conservateur et de deux membres d’un comité
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JTA – Une galerie d’art canadienne a été ébranlée par une série de démissions après qu’un vote à faible majorité a conduit au rejet de l’acquisition d’œuvres de la photographe juive et militante pro-palestinienne Nan Goldin, certains membres estimant que ses prises de position relevaient de l’antisémitisme.
Les démissions du conservateur d’art moderne et contemporain de l’Art Gallery of Ontario (AGO), ainsi que de deux membres de son comité des collections modernes et contemporaines, ont été révélées pour la première fois par le quotidien canadien The Globe and Mail.
Nan Goldin, photographe américaine dont l’œuvre documente des communautés marginalisées, a fait l’objet d’une controverse ces dernières années en raison de son activisme pro-palestinien et anti-Israël.
Dans les semaines qui ont suivi le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas du 7–Octobre, l’artiste a signé un appel à la « libération de la Palestine ». En avril 2024, elle a co-signé une autre lettre demandant l’exclusion d’Israël du festival d’art de la Biennale de Venise. En décembre 2023, Nan Goldin a déclaré au magazine n+1 que « toute sa vie, elle avait boycotté culturellement Israël ».
Ses déclarations avaient suscité de vives réactions en Allemagne après un discours prononcé en novembre 2024 à la Neue Nationalgalerie de Berlin, où elle avait affirmé utiliser son exposition comme une tribune pour dénoncer ce qu’elle qualifiait de « génocide à Gaza et au Liban », ajoutant que « l’antisionisme n’a rien à voir avec l’antisémitisme ».
La semaine dernière, Goldin a par ailleurs fait don d’une de ses œuvres à une collecte de fonds destinée à des enfants palestiniens, organisée par la star YouTube pour enfants Ms. Rachel, elle-même critiquée pour ses prises de position contre Israël [et antisémites].
Selon une note interne obtenue par The Globe and Mail, la galerie de Toronto a été, au milieu de l’année dernière, le théâtre d’un débat houleux sur l’acquisition d’une œuvre de Goldin.
Le comité des collections modernes et contemporaines a finalement voté, par 11 voix contre 9, contre l’achat de l’œuvre. Certains membres ont qualifié les propos de l’artiste « d’offensants » et « d’antisémites ». D’autres membres du comité ont estimé que ses œuvres n’étaient pas antisémites et que « refuser l’œuvre en raison des opinions de l’artiste relevait de la censure », a rapporté le journal.
Financée par des fonds publics, l’Art Gallery of Ontario possède déjà trois œuvres de Goldin. L’œuvre qu’elle a décidé de ne pas acquérir, Stendhal Syndrome, sans lien avec son activisme politique, a été acquise par une galerie de Vancouver, qui l’expose depuis novembre.
À la suite du débat sur l’œuvre de Goldin, le directeur et directeur général de la galerie de Toronto, Stephan Jost, a présenté un rapport d’évaluation de la gouvernance recommandant une « remise à zéro » des discussions sur les acquisitions et une « clarification » des responsabilités des membres des comités, selon The Globe and Mail.
Dans un communiqué à la Jewish Telegraphic Agency au sujet des démissions, la galerie a reconnu la controverse suscitée par l’œuvre de Goldin et a déclaré avoir mandaté un expert indépendant pour examiner le déroulement de la réunion.
« Les opinions politiques ne sont pas censées intervenir dans le processus d’acquisition. Dans ce cas précis, des opinions politiques personnelles ont été exprimées », a déclaré un porte-parole de la galerie.
« En conséquence, l’AGO a mandaté un expert indépendant en gouvernance afin d’examiner les questions soulevées lors de cette réunion. L’institution affirme tirer les enseignements de cet examen et avoir procédé à une remise à zéro du processus, afin de garantir que les discussions portent sur la conformité des œuvres aux critères d’acquisition de l’AGO, qu’elles soient constructives et qu’elles intègrent une pluralité de points de vue. »
la Communauté du Times of Israël !







