Cannes : « Paper Tiger », retour à la tragédie new-yorkaise pour le cinéaste juif James Gray
L'héritier du classicisme hollywoodien dit avoir tourné "un film profondément personnel qui évoque, avec beaucoup de précision, ma propre trajectoire"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le réalisateur américain James Gray retrouve avec « Paper Tiger », en compétition à Cannes, ses thématiques de prédilection, la famille, la loyauté et les personnages confrontés à des choix impossibles dans un drame aux airs de tragédie grecque, avec Adam Driver et Scarlett Johansson.
« Tous les films de James Gray viennent vraiment d’un endroit où il est avant tout question de dynamiques familiales et de relations personnelles », a exposé Adam Driver lors d’une rencontre samedi avec plusieurs journalistes.
L’acteur campe Gary, un ancien policier du NYPD qui propose à son frère Irwin (Miles Teller) de monter une société de conseil pour épauler une entreprise chargée de dépolluer un canal de New York.
Irwin et Gary vont mettre le doigt dans un engrenage mortifère, se frottant à la mafia russe impliquée dans le business de la dépollution, jusqu’à aboutir à une situation inextricable.
James Gray, lui-même juif d’origine russe ayant grandi à New York, aborde un sujet qu’il connait intimement et qu’il a déjà traité dans son premier film « Little Odessa ».
Rêve américain
« Il comprend le monde dont il parle. La toile de fond de l’histoire étant le New York des années 1980, avec le départ de la mafia italienne remplacée par la mafia russe », explique Adam Driver.
Héritier du classicisme hollywoodien, le cinéaste dit dans le dossier de presse avoir tourné « un film profondément personnel qui évoque, avec beaucoup de précision, ma propre trajectoire ».
James Gray a planté son récit dans le Queens de son adolescence, comme il l’a fait dans « The Yards » ou son dernier long-métrage autobiographique, « Armageddon Time ».
« Paper Tiger » était initialement envisagé comme une suite de ce dernier, mais James Gray a transformé l’histoire en y ajoutant des aspects fictionnels, puisant dans sa propre histoire familiale pour construire les personnages.
Le réalisateur, qui a perdu sa mère à 19 ans, brosse le portrait d’une famille de la classe moyenne américaine habitée par des rêves d’élévation sociale, mais qui se heurte à l’envers du rêve américain.
Une citation du dramaturge grec Eschyle ouvre le film : « Pour que ma vie soit préservée du malheur, qu’il me suffise d’être sage. Car les richesses ne sont d’aucun secours à l’homme qui foule aux pieds, pour sa propre ruine, l’autel vénérable de la justice ».
Jamais récompensé
« Etant quelque chose de très autobiographique pour James (Gray), j’ai pris ce matériau très au sérieux. C’est quelque chose de sensible pour lui », explique Miles Teller.
Son personnage, marié à Hester (Scarlett Johansson), est à l’image du père du cinéaste, un ingénieur de la classe moyenne, père de deux enfants, vivant dans un pavillon de banlieue.
« Irwin cherche juste à récupérer une plus grosse part du gâteau. Et vraiment sans que ce soit de sa faute, il finit par commettre la plus grande erreur de sa vie », explique Miles Teller.
Comme il l’a souvent fait, James Gray explore les relations fraternelles entre Gary, ex-flic divorcé fort en gueule rompu aux règles de la rue et Irwin, honnête citoyen préoccupé par le bien-être de son foyer.
Deux personnages opposés mais connectés par un lien indéfectible et dont la loyauté l’un envers l’autre va être mise à rude épreuve.
C’est la sixième fois que James Gray est sélectionné en compétition à Cannes, un record pour un réalisateur américain. Jusqu’à présent, il n’y a jamais été distingué.
la Communauté du Times of Israël !







