Circoncision : Rabbins en Israël et en Europe condamnent le jugement d’un tribunal belge
Le ministre belge des Affaires étrangères propose de se rendre en Israël pour discuter de l’arrestation des trois mohalim ; "Les Juifs doivent se préparer à quitter la Belgique suite aux poursuites engagées contre les mohalim," a écrit Menachem Margolin
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Les représentants de la communauté juive ont affirmé mercredi que les perquisitions menées l’an dernier contre les trois mohalim (hommes juifs exécutant la circoncision) s’inscrivaient dans le cadre d’une vaste campagne d’intimidation visant les personnalités religieuses juives en Belgique.
Le Grand Rabbin ashkénaze d’Israël, Kalman Ber, président du Conseil du Grand Rabbinat, a également critiqué les autorités belges pour cette décision, se disant « choqué » par cette nouvelle.
« Il est profondément regrettable que ce pays rejoigne la liste peu flatteuse de ceux qui brandissent l’étendard d’une guerre contre le judaïsme, ce qui est globalement défini comme de l’antisémitisme », a écrit Ber dans une lettre ouverte relayée par un porte-parole du Grand Rabbinat.
Ber a appelé les autorités belges à reconsidérer cette décision.
Le porte-parole du Grand Rabbinat a déclaré au Times of Israel qu’une copie de la lettre serait envoyée à l’ambassade de Belgique en Israël.
« Les Juifs doivent se préparer à quitter la Belgique suite aux poursuites engagées contre les mohalim »
Le président de l’Association juive européenne (EJA), le rabbin Menachem Margolin, a pour sa part déclaré dans un communiqué :
« Une nouvelle ligne rouge a été franchie. Ces poursuites sont de nature antisémite. Pas à la limite, pas ambiguës, mais antisémites. Il s’agit d’une tentative évidente d’abuser de dispositions constitutionnelles non pertinentes afin d’interdire de fait la circoncision, d’une manière qui rappelle les mesures prises en Europe contre les pratiques juives avant la Seconde Guerre mondiale. Pas similaire. Pas comparable. Identique dans sa logique de restriction.
Le même parquet qui, trop souvent, classe sans suite les affaires d’antisémitisme choisit aujourd’hui d’agir contre la vie juive elle-même. Cela franchit une ligne rouge.
Aujourd’hui, nous savons exactement à quoi nous sommes confrontés.
Toutes les ‘belles paroles’ des politiciens sur l’importance de la vie juive en Europe ne signifient rien s’ils n’agissent pas immédiatement pour mettre fin à cette injustice.
Des décennies de recherche médicale ont démontré que la circoncision n’est pas nocive pour les bébés garçons. Au contraire, elle présente des avantages médicaux, ce qui explique pourquoi tant de personnes choisissent de faire circoncire leurs enfants pour des raisons autres que religieuses. Attaquer la circoncision de cette manière – uniquement lorsqu’elle concerne des bébés juifs – constitue une attaque contre la vie juive en Europe.
La liberté de religion est un droit fondamental en Belgique, et cette décision est en contradiction directe avec celui-ci.
Le message est clair : les Juifs ne sont plus les bienvenus en Belgique. Et les Juifs belges sont désormais des citoyens de seconde zone dont les droits sont limités. Nous organiserons une conférence sur ce sujet, y compris sur l’émigration hors du pays.
Que l’on en soit arrivé là marque un moment profondément honteux pour la Belgique. »
Après que le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a accusé mercredi la Belgique d’utiliser le droit pénal « pour poursuivre des Juifs pour avoir pratiqué le judaïsme » en engageant des poursuites contre trois mohalim, le chef de la diplomatie belge a déclaré que cette accusation était diffamatoire et qu’il serait heureux de se rendre en Israël pour discuter de la question.
« Assez de ces caricatures », a écrit le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, sur le réseau social X.
« En Belgique, le pouvoir judiciaire est indépendant et rend ses décisions – que l’on soit d’accord avec elles ou non – sans aucune influence politique », a-t-il poursuivi.
« Je rappelle que la procédure en question a été engagée par des représentants de la communauté juive eux-mêmes. Présenter cela comme une volonté de la part d’un pays de porter atteinte à la liberté religieuse des Juifs est diffamatoire. Cette liberté n’a jamais été remise en cause et ne le sera jamais dans notre pays. Notre Constitution la protège. »
« Puisque vous-même avez récemment déconseillé d’engager des actions diplomatiques sur Twitter, je suggère que nous discutions de toutes ces questions lors d’une rencontre en Israël, à la date qui vous conviendra le mieux, afin de mettre fin à toute interprétation erronée », a proposé Prevot.
Les trois mohalim ont été arrêtés l’été dernier lors d’une descente de police.
Saar a répondu que les observations de Prevot « passaient complètement à côté de l’essentiel ».
« Une telle enquête n’aurait jamais dû avoir lieu si la question de la brit mila avait été réglementée comme dans d’autres pays européens qui respectent la liberté religieuse juive », a-t-il écrit sur X.
« Surtout dans un pays qui abrite l’une des plus anciennes communautés juives d’Europe. »
« Si la Belgique avait eu un plan stratégique pour lutter contre l’antisémitisme et promouvoir la vie juive, vous l’auriez peut-être su. Hélas, ce n’est pas le cas », a-t-il conclu.
la Communauté du Times of Israël !







