2e navire russe chargé, selon Kiev, de blé volé : l’Ukraine n’a pas fourni de preuves, selon Israël
l'envoyé israélien convoqué ; l'UE menace de sanctionner ; Gideon Saar fustige la "diplomatie Twitter" de l’Ukraine, affirmant que Kiev n’a fourni aucune preuve que la dernière cargaison ait été volée sur le territoire ukrainien occupé
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Mardi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a réfuté les allégations ukrainiennes selon lesquelles Israël autoriserait l’entrée de céréales volées dans ses ports. Il a accusé Kiev de mener une « diplomatie Twitter » et de ne pas fournir de preuves que la cargaison russe, en attente d’accoster en Israël, ait été volée sur le territoire ukrainien occupé.
« Il est clair que nous rejetons ce genre de diplomatie Twitter », a déclaré Saar lors d’une conférence de presse, en réponse aux accusations du président ukrainien Volodymyr Zelensky sur le réseau social X.
Zelensky avait critiqué plus tôt Israël pour avoir laissé entrer, selon lui, dans l’un de ses ports du grain « volé par la Russie », dans les territoires ukrainiens qu’elle occupe.
Selon l’Ukraine, qui se bat depuis quatre ans contre l’invasion russe, plusieurs navires chargés de céréales volées par Moscou sont arrivés ces dernières semaines dans le port israélien de Haïfa.
« Les autorités israéliennes ne peuvent ignorer quels navires arrivent dans les ports du pays ni quelle cargaison ils transportent », a écrit Zelensky sur X.
« Dans n’importe quel pays normal, l’achat de biens volés engage une responsabilité pénale », a-t-il dénoncé.
Saar a indiqué avoir discuté de la question avec l’Autorité fiscale israélienne mardi. Il a toutefois souligné qu’à ce stade, « le navire n’est pas entré dans le port et n’a pas encore présenté ses documents », et qu’il est impossible de vérifier les allégations selon lesquelles les documents de transport auraient été falsifiés.
« Jusqu’à présent, le gouvernement ukrainien n’a pas présenté de demande d’assistance juridique. Il a publié des tweets », a-t-il poursuivi.
« Le gouvernement ukrainien n’a pas non plus fourni de preuves à l’appui de ses allégations. »
« Israël est un État qui respecte l’État de droit », a-t-il rappelé, précisant que toute action en justice doit s’appuyer sur des preuves fondées, présentées par les voies appropriées.
« Nous le répétons à nos amis ukrainiens : si vous disposez de preuves de vol, transmettez-les par les voies appropriées », a déclaré Saar, ajoutant qu’Israël « ne se laissera pas influencer » par la pression publique.
Il s’est également dit surpris par ces critiques, rappelant le soutien apporté par Israël à l’Ukraine dans les forums internationaux et par le biais de l’aide humanitaire pendant la guerre qui l’oppose actuellement à la Russie.
Lundi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, avait déclaré que l’ambassadeur d’Israël avait été convoqué à son ministère en raison de ce qu’il a qualifié d’inaction israélienne face à l’entrée dans le pays de cargaisons de céréales provenant des territoires ukrainiens occupés par la Russie.
Le quotidien Haaretz avait précédemment rapporté que le navire Panormitis, qui, selon lui, transportait du blé provenant des territoires ukrainiens occupés, attendait l’autorisation d’accoster à Haïfa.
Le journal a indiqué que quatre cargaisons de blé provenant de l’Ukraine occupée avaient déjà été déchargées en Israël cette année.
Un porte-parole de l’Union européenne (UE) a ensuite déclaré au Times of Israel que Bruxelles avait « pris note » des informations concernant les navires russes et averti que les personnes impliquées pourraient faire l’objet de sanctions de l’UE.
« Nous condamnons toutes les actions qui contribuent à financer l’effort de guerre illégal de la Russie et à contourner les sanctions de l’UE, et nous restons prêts à cibler de telles actions en inscrivant des personnes et des entités de pays tiers sur une liste, si nécessaire », a déclaré le porte-parole de l’UE au Times of Israel dans un communiqué.
« Dans le cadre d’une démarche conjointe avec l’Ukraine, nous demandons des informations supplémentaires aux autorités israéliennes à ce sujet », a ajouté le porte-parole.
Sybiha, s’exprimant en anglais sur X, a déclaré qu’il était « difficile de comprendre l’absence de réponse appropriée d’Israël à la demande légitime de l’Ukraine concernant le précédent navire qui a livré des marchandises volées à Haïfa ».
« Maintenant qu’un autre navire de ce type est arrivé à Haïfa, nous mettons une nouvelle fois en garde Israël contre le fait d’accepter le grain volé et de nuire à nos relations », a-t-il écrit.
Sybiha a ajouté que l’ambassadeur d’Israël avait été convoqué mardi au ministère des Affaires étrangères afin que Kiev puisse « lui remettre notre note de protestation et demander que des mesures appropriées soient prises ».
Dear Minister,
Diplomatic relations, especially between friendly nations, are not conducted on Twitter or in the media.Allegations are not evidence.
Evidence substantiating the allegations have yet to be provided.
You did not even submit a request for legal assistance before… https://t.co/3pWztyRMyk— Gideon Sa'ar | גדעון סער (@gidonsaar) April 27, 2026
Dans sa réponse, également publiée sur X, Saar a indiqué que la question serait examinée, mais que les allégations ne constituaient pas des preuves et qu’aucune preuve n’avait été fournie.
« Vous n’avez même pas présenté de demande d’assistance juridique avant de vous tourner vers les médias et les réseaux sociaux », a déclaré Saar.
A second Russian vessel carrying stolen Ukrainian grain is approaching Haifa, Israel.
Israel previously accepted grain cargo from another Russian ship despite prior warnings about its origin. Ukraine formally requested the vessel’s arrest as soon as it entered port, but Israeli… https://t.co/1BTl7RuyNs pic.twitter.com/hHUzLMgkPe
— Special Kherson Cat ???????????? (@bayraktar_1love) April 26, 2026
Les relations diplomatiques « ne se mènent pas sur Twitter ou dans les médias », a-t-il ajouté.
Saar a rapidement été accusé d’hypocrisie, car il s’en prend régulièrement aux détracteurs d’Israël via ses comptes sur les réseaux sociaux.
Par la suite, une note de la communauté a été ajoutée à la réponse de Saar à son homologue ukrainien sur X.
« L’Ukraine a fourni des preuves et adressé des demandes officielles d’assistance juridique à Israël concernant des cargaisons de céréales prétendument volées depuis le mois de mars, y compris des réunions entre ambassadeurs et une demande de coopération judiciaire, malgré les affirmations contraires », indiquait la note.
Une source diplomatique ukrainienne, s’exprimant plus tôt sous couvert d’anonymat, a déclaré que si Israël ne rejetait pas la dernière cargaison, Kiev se « réserverait le droit de déployer toute une série de mesures diplomatiques et juridiques internationales ».
La source a indiqué que Kiev suivait le dernier navire et qu’Israël avait « pour l’essentiel ignoré » les demandes précédentes de l’Ukraine.
Au début du mois, Israël aurait autorisé un navire russe transportant du grain ukrainien volé à accoster dans un port de Haïfa, affirmant qu’il était trop tard pour faire demi-tour.
Saar avait alors envoyé un message à son homologue ukrainien pour lui expliquer que le navire ne pouvait être immobilisé en raison d’une notification tardive, alors qu’Israël en avait eu connaissance deux semaines avant son arrivée.
Des responsables ukrainiens de haut rang avaient exigé la confiscation de la cargaison de blé.
Les relations entre Israël et l’Ukraine sont tendues depuis le début de l’invasion russe en 2022.
Le mois dernier, Zelensky a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’était efforcé de maintenir une position neutre entre Moscou et Kiev, alors même que la Russie fournissait des renseignements cruciaux à la République islamique d’Iran dans le cadre de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre ce régime.
Dès 2022, l’Ukraine avait cherché à acquérir le système de défense antimissile israélien « Dôme de fer », une demande écartée par Netanyahu.
Les responsables israéliens ont longtemps défendu cette position en invoquant le contrôle de l’espace aérien syrien par la Russie avant la chute du régime de Bachar el-Assad en 2024. Si certains responsables israéliens se sont montrés disposés à rompre plus ouvertement avec Moscou depuis lors, Netanyahu s’est abstenu de le faire.
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