Commémoration du meurtre des trois adolescents à travers le prix de l’Unité
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Commémoration du meurtre des trois adolescents à travers le prix de l’Unité

Le Prix de l’Unité inaugural de Jérusalem a récompensé des personnes qui favorisent la solidarité juive en Israël et dans le monde

Drapeau israélien flanqué de l'image des trois adolescents assassinés et du mot hébreu « Yahad » (ensemble), lors de leur cérémonie funéraire conjointe, dans le cimetière de Modiin, le 1er juillet 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Drapeau israélien flanqué de l'image des trois adolescents assassinés et du mot hébreu « Yahad » (ensemble), lors de leur cérémonie funéraire conjointe, dans le cimetière de Modiin, le 1er juillet 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La première commémoration de la mort de Naftali Fraenkel, Gil-ad Shaer et Eyal Yifrach, les adolescents israéliens enlevés et tués par des terroristes palestiniens l’été dernier, est marquée mercredi par le Jour de l’Unité.

Un million de personnes à travers Israël et dans les communautés de 20 pays différents doivent participer à des rassemblements consacrés au thème de l’unité et à des programmes d’éducation.

Une conférence sur les questions qui sont apparues lors des événements de l’été 2014 aura lieu à Jérusalem, et le premier Prix annuel de l’Unité de Jérusalem sera attribué à des individus et des organisations qui sont à la pointe de la promotion de l’unité juive en Israël ou du renforcement des liens entre la diaspora et la société israélienne.

Il y a un an, les Juifs en Israël et dans le monde se sont rassemblés en solidarité pour prier et pour espérer que Fraenkel, Shaer et Yifrach soient retrouvés vivants. Les jeunes, assassinés presque immédiatement par leurs ravisseurs, ne sont pas rentrés à la maison.

Une manifestation de soutien organisée pour les trois adolescents enlevés en Israël le 12 juin (Crédit : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
Une manifestation de soutien organisée pour les trois adolescents enlevés en Israël, le 12 juin. (Crédit : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Le sentiment d’unité, pourtant, ne s’est pas arrêté. Les familles endeuillées ont été réconfortées par des gens de tous horizons, de toutes origines religieuses et de tous bords politiques.

Ce sentiment de rassemblement, de mise à l’écart des différences, n’est pas passé inaperçu des parents des adolescents. Ils ont décidé que l’unité juive serait l’héritage de leurs fils et qu’ils se consacreraient à susciter l’unité chaque jour, et pas seulement en temps de crise et de conflit avec les ennemis de la nation.

Les lauréats du Prix de l’Unité de Jérusalem reflètent ce concept dans le travail qu’ils font pour rassembler les Juifs de tous horizons et de toutes convictions à s’engager dans un dialogue et des activités partagées.

« C’est facile de s’unir lorsque quelque chose de dramatique a lieu, comme lorsque les jeunes ont été enlevés ou en temps de guerre et de crise. Comme un célèbre rabbin m’a dit un jour, ‘Nous savons comment mourir ensemble. Il est temps d’apprendre comment vivre ensemble’ », a déclaré Raya Ofner, la cofondatrice de Nifgashim BeShvil Israel (Rencontre pour Israël), une randonnée de deux mois organisée chaque année le long de la Piste nationale d’Israël.

Ce qui a commencé il y a 13 ans comme une randonnée d’un petit groupe d’amis et de membres de familles en mémoire d’Avi, le fils d’Ofner, un sergent qui a été tué avec 72 soldats dans un accident d’hélicoptère en 1997, s’est transformée en un événement annuel attirant environ 8 000 participants chaque année.

Ofner et son mari, Yossi, sont reconnus pour la réussite de leur programme qui permet à toutes sortes d’Israéliens de dialoguer ensemble de façon franche et respectueuse.

Les conversations se déroulent librement entre les randonneurs, et de manière plus organisée lors d’ateliers de discussion basés sur des textes et encadrés par les organisateurs de Nifgashim BeShvil Israel.

« Il y a des échanges très forts entre des gens qui ne se seraient pas rencontrés autrement, a dit Ofner. Aller dans la nature produit une effet. Cela fait du bien à l’âme et ouvre les gens aux autres. »

Le général à la retraite Ram Shmueli, un autre lauréat du Prix de l’Unité de Jérusalem, a également concentré ses efforts pour rassembler différents Israéliens afin qu’ils dialoguent ensemble.

Shmueli est le fondateur de Meetchabrim, un réseau de centaines d’organisation sociales et éducatives et de groupes du public et de monde des affaires.

Meetchabrim organise des tables rondes pour les dirigeants d’Israël et pour les citoyens (y compris 45 événements différents qui doivent avoir lieu mercredi pour le Jour de l’Unité). Jusqu’à aujourd’hui, plus de 200 000 personnes ont participé à une ou plusieurs des réunions de la table ronde de Meetchabrim.

Pour Shmueli, les sujets débattus ne sont pas aussi importants que la manière dont on les aborde. « Nous développons un langage pour se parler les uns avec les autres », explique-t-il.

« La segmentation dans la société israélienne est très dangereuse. Nous ne nous connaissons pas et nous ne savons pas comment interagir. Etant à la retraite après avoir servi à un haut niveau dans l’armée de l’air, je crois que c’est une question urgente de sécurité nationale », a déclaré Shmueli.

Le Prix de l’Unité de Jérusalem est une initiative commune d’une fondation mise en place par les familles en mémoire des trois adolescents avec le maire de Jérusalem Nir Barkat et Gesher (« pont »), une organisation travaillant à réduire les divergences entre les différents segments de la société israélienne. Il sera décerné  mercredi soir lors d’une cérémonie à la résidence du président, à Jérusalem.

Le prix, jusqu’à 100 000 shekels dans chacune des trois catégories (Israélien individuel, organisation israélienne, liens Diaspora-Israël) a été donné par Robert et Amy Book, David et Sarena Koschitzky, Ira et Ingeborg Rennert, Jay et Jeanie Schottenstein, Ronnen Harary et la Fédération UJA de New York.

Le comité du prix était présidé par Nir Barkat et incluait l’ancien rabbin en chef du Royaume Uni Lord Jonathan Sacks, le rabbin Danny Tropper, fondateur de la fondation Gesher, le rabbin en chef de Migdal, Ha’emek Yitzchak, David Grossman, l’ancien président de la Knesset et président de l’Université Shenkar, le docteur Yuli Tamir, la journaliste Orly Vilnai et le musicien Kobi Oz.

Le lauréat du Prix de l’Unité pour les liens entre la Diaspora et Israël a été donné au Beth Habad de Bangkok, en Thaïlande, dirigée depuis 20 dernières années par le rabbin Nehemya Wilhelm.

La maison, avec son service de repas du Shabbat, sa synagogue, ses restaurants casher subventionnés et l’assistance d’urgence pour les voyageurs, est un point de rencontre pour de dizaines de milliers de Juifs qui voyagent en Thaïlande chaque année.

« Nous sommes très excités de recevoir ce prix. Nous considérons qu’une partie importante de notre mission est de rassembler les personnes et de connecter les Juifs les uns aux autres », a écrit Wilhelm dans un email au Times of Israel.

Le rabbin Hacham David Menachem partage le prix dans la catégorie Israélien individuel avec Shmueli. Chanteur et compositeur liturgique, Menachem est reconnu pour son utilisation de la musique pour briser les barrières entre les gens, y compris entre les Israéliens et les Palestiniens.

Selon J.J. Sussman, le directeur général des activités internationales du Jour de l’Unité, environ 200 candidatures ont été présentées.

Ofir Shaer, le père de Gil-ad Shaer, a déclaré au Times of Israel que les trois familles s’impliquaient dans le processus de sélection des lauréats.

« Travailler sur le prix nous a permis de prendre de la force de toute la nation au cours de cette incroyable et douloureuse année », a déclaré Shaer.

Pour lire la lettre rédigée par les trois familles à l’occasion du jour de l’ Unité, cliquez ici.

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