Coronavirus : l’Iran exhorte le FMI à l’aider – une première en près de 60 ans
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Coronavirus : l’Iran exhorte le FMI à l’aider – une première en près de 60 ans

Les prêts du FMI doivent être approuvés par le Conseil d'administration de l'institution, où, dans la pratique, aucune décision ne peut être prise contre la volonté de Washington

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif assiste à une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats riverains de la mer Caspienne à Moscou le 5 décembre 2017. (Crédit : AFP / Kirill KUDRYAVTSEV)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif assiste à une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats riverains de la mer Caspienne à Moscou le 5 décembre 2017. (Crédit : AFP / Kirill KUDRYAVTSEV)

L’Iran a exhorté jeudi le Fonds monétaire international (FMI) à lui autoriser un accès immédiat à une facilité de crédit pour lui permettre de faire face à l’épidémie de nouveau coronavirus.

La directrice général du Fonds, Kristina Georgieva, « a déclaré que les pays affectés par (l’épidémie de Covid-19) seraient soutenus par l’intermédiaire de l’instrument de financement rapide » (IFR) de son organisation, écrit le ministre des Affaires étrangères iraniens Mohammad Javad Zarif sur Twitter.

« Notre banque centrale a demandé un accès immédiat à cette facilité », ajoute M. Zarif, dont le pays n’a pas reçu l’aide du FMI depuis un « crédit de confirmation » dont l’Iran a bénéficié entre 1960 et 1962, selon les données du Fonds.

« Le Conseil d’administration du FMI doit coller au mandat du Fonds, être du bon côté de l’histoire et agir de façon responsable », écrit encore M. Zarif.

Les différents prêts que peut accorder le FMI doivent être approuvés par le Conseil d’administration de l’institution, où, dans la pratique, aucune décision ne peut être prise contre la volonté des Etats-Unis.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé tous les pays qui envisagent d’apporter de l’aide humanitaire à l’Iran en raison de l’épidémie à « réclamer un geste humanitaire réciproque de la part du régime », à savoir la libération de leurs ressortissants « injustement détenus ».

L’Iran, l’un des pays les plus touchés par le nouveau coronavirus, avait rejeté le 2 mars une proposition des Etats-Unis datant du 29 février de l’aider à combattre la maladie à condition que Téhéran en fasse la demande.

« Nous nous méfions des intentions des Américains et ne comptons pas sur ces aides », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, cité par l’agence officielle Irna.

L’Iran et les Etats-Unis, pays ennemis, n’entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980.

« Si nous pouvons aider les Iraniens sur ce dossier (le nouveau coronavirus, NDLR »), nous sommes assurément prêts à le faire », a affirmé samedi le président américain Donald Trump. « La seule chose qu’ils doivent faire est de le demander. »

Des gens portent des masques pour se protéger du coronavirus dans une rue du centre-ville de Téhéran, en Iran, le 23 février 2020. (Ebrahim Noroozi/AP)

Dans un message publié sur son compte Instagram et repris par l’agence officielle Irna, le gouverneur de la banque centrale iranienne, Abdolnasser Hemmati, affirme avoir demandé formellement, par lettre, le 6 mars, un accès à l’IFR.

« Compte tenu de la prévalence généralisée du coronavirus dans notre pays et de la nécessité de continuer à prendre des mesures fortes afin de prévenir et guérir (cette maladie) et pour faire face à ses impacts économiques », l’Iran demande une aide d' »environ 5 milliards de dollars (des Etats-Unis) » au FMI, écrit M. Hemmati sur son compte Instagram.

M. Hemmati n’a pas publié la copie de la lettre qu’il dit avoir adressée au Fonds.

Selon le site internet du Fonds, l’IFR « offre une assistance financière rapide à tous les pays membres qui ont un besoin urgent de balance des paiements ».

291 Iraniens sont morts du coronavirus.

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