Dara Horn et Joseph Finder figurent parmi les invités du Festival annuel des écrivains
Le directeur du festival regrette la difficulté de faire venir des invités à Jérusalem le 25 mai prochain, à cause des boycotts et de la mauvaise réputation d'Israël au sein du monde littéraire
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Ce fut tout sauf facile de trouver des invités pour cette nouvelle édition du Festival international des écrivains à Jérusalem, qui se tiendra du 25 au 28 mai prochain au centre culturel Mishkenot Shaananim.
Cet événement littéraire, qui donne traditionnellement lieu à des échanges et débats approfondis sur Israël, le monde juif et les personnes et idées qui comptent sur ces questions, paie le prix de deux ans et demi de guerre et d’un boycott culturel d’Israël à bas bruit qui s’est installé lors des hostilités, rappelle par voie de communiqué Julia Fermentto-Zaisler, la directrice du festival.
Elle explique que la phase d’invitations a donné lieu à bien des retards et des annulations.
Les huit auteurs qui ont répondu favorablement à son invitation, cette année, sont la romancière et essayiste juive américaine Dara Horn, l’écrivain de thrillers Joseph Finder, le rabbin Benjamin Resnick et l’historien juif de l’université Stanford Steven Zipperstein, tous originaires des États-Unis, ainsi que la romancière américaine installée en Allemagne Nell Zink, l’auteur italien Erri De Luca, la sociologue franco-israélienne Eva Illouz et l’auteur juif argentin Marcelo Birmajer.
« Les positions prises par Israël continuent d’avoir un effet sur la scène littéraire », souligne Fermentto-Zaisler. « Nous continuons d’espérer que la littérature reste indépendante des pressions politiques, qu’elle ne connait pas de frontières et doit être accessible à tous. Malgré les circonstances, d’aucuns ont eu le courage de venir dialoguer avec la culture israélienne, malgré les événements actuels, l’opinion publique et tout le bruit qui est fait autour. »
Parmi les événements phares figurent la cérémonie de clôture du 28 mai avec l’ex-otage du Hamas Eli Sharabi, qui présentera son livre « Hostage » à la journaliste Roni Kuban.
L’écrivain napolitain De Luca, autodidacte en hébreu et yiddish ancien et étudiant de la Bible, évoquera le climat littéraire et culturel en Italie, sans oublier son œuvre, ancrée depuis plusieurs dizaines d’années dans la Naples de sa jeunesse, et son tout dernier ouvrage, qui sortira bientôt en hébreu.
Deux anciens officiers du renseignement devenus romanciers, Finder, un ancien de la CIA, et Jonathan de Shalit, un ancien du Mossad, débattront de la frontière très mince entre réalité et fiction et de la manière dont leur travail leur a servi de matière première littéraire.
Zink parlera avec la journaliste Sharon Kantor de la façon dont ses années passées à Berlin ont façonné son travail, tandis que l’auteur débutant Resnick, rabbin conservateur new-yorkais, s’entretiendra avec l’enseignant, auteur et rabbin Mishael Zion sur la question des histoires juives contemporaines, à l’image de « Next Stop », son premier roman déjà récompensé.
Zipperstein, qui est un fin connaisseur de l’histoire juive, parlera de deux de ses livres avec le journaliste Akiva Novick, et notamment de « Pogrom », qui étudie la massacre de Kichinev, en 1903. Avec la romancière Ayelet Gundar-Goshen, il reviendra sur la biographie qu’il a consacrée à son ami, feu le romancier juif-américain Philip Roth.
Le journaliste Birmajer, qui s’intéresse à l’identité juive laïque, évoquera ses écrits et sa relation avec Israël avant et depuis la mort de son frère, le rabbin Reuben Birmajer, lors d’un attentat terroriste à Jérusalem en 2015.
Le festival donnera par ailleurs une soirée hommage aux chansons de poètes, animée par Maya Kosover et Nir Gorali, créateurs du célèbre podcast « Une chanson » diffusé sur Kan, et un événement spécial à l’occasion de la sortie du dernier roman de la série Oncle Arie de l’écrivain pour enfants Yannets Levi.
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