De moins en moins de soldats souhaitent embrasser une carrière militaire – étude
Selon des enquêtes internes, le nombre d'officiers et de sous-officiers souhaitant rester dans l'armée baisse fortement ; grave pénurie de personnel dans Tsahal ; les réservistes serviront moins en 2026
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Selon des statistiques rendues publiques dimanche, Tsahal fait face à une crise majeure, luttant pour conserver ses militaires de carrière, alors que les responsables de l’armée continuent de tirer la sonnette d’alarme sur la pénurie de soldats.
Il manquerait à l’armée environ 1 300 officiers aux grades de lieutenant et de capitaine, ainsi que 300 majors, a fait savoir la chaîne d’information N12.
Des enquêtes internes menées par l’armée ont par ailleurs montré que, parmi les officiers, seuls 63 % souhaitent poursuivre leur carrière dans l’armée, contre 83 % en 2018. Parmi les sous-officiers, ce chiffre s’élève à 37 % cette année, contre 58 % en 2018.
L’armée israélienne lutte depuis des années pour retenir les militaires de carrière dans ses rangs. Les emplois civils, en effet, sont vus comme beaucoup plus lucratifs et moins stressants.
L’épuisement causé par la guerre, la dégradation perçue des conditions de service, la délégitimation politique et le mécontentement suscité par les récentes nominations au sein de la direction de Tsahal ont, de plus, conduit à une aggravation du problème.
Ce mois-ci, les officiers supérieurs du Directorat des Ressources humaines de l’armée israélienne ont ainsi indiqué aux députés que quelque 600 soldats de carrière demandaient à prendre une retraite anticipée, et que les officiers subalternes devaient être promus plus tôt afin de combler les postes vacants.
« Il y a des lacunes. Pour en combler certaines, nous encourageons des jeunes moins expérimentés à rejoindre nos rangs », a fait savoir le général de brigade Amir Vadmani, chef d’état-major du Directorat des Ressources humaines, devant la sous-commission en charge des Ressources humaines de l’armée israélienne de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.
« Le taux de sélection est en baisse. D’ici 2028, nous devrons nommer 400 lieutenants-colonels parmi les 500 candidats actuellement disponibles. Cette tendance va s’accentuer d’ici 2028. Nous menons des enquêtes, et nous pouvons suivre les tendances ; nous constatons une augmentation de l’épuisement professionnel à tous les niveaux », a ajouté Vadmani.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, le chef du Directorat des Ressources humaines, le major-général Dado Bar Kalifa et d’autres officiers supérieurs ont travaillé sur des plans visant à résoudre cette crise en plein développement, ainsi qu’à empêcher l’adoption d’une loi qui pourrait encore dégrader les conditions de service des militaires de carrière.
Cette enquête interne a été rendue publique quelques jours après la présentation d’une nouvelle version d’un projet de loi réglementant les exemptions du service militaire pour les ultra-orthodoxes, soutenu par le gouvernement et mené par le député du Likud Boaz Bismuth.
Bismuth a publié jeudi le texte de ce projet de loi tant attendu, suscitant des critiques dans les rangs de la coalition, de la part de personnalités de l’opposition et chez des conseillers juridiques, motivées par la suppression de diverses dispositions du projet précédent visant à garantir que les personnes inscrites dans une yeshiva y étudient effectivement, et par l’annulation de toutes les sanctions à l’encontre des réfractaires ayant atteint l’âge de 26 ans.
Quelque 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement éligibles au service militaire, mais ne se sont pas enrôlés. L’armée israélienne a indiqué avoir un besoin urgent de 12 000 recrues, en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve par la guerre contre le Hamas à Gaza et par d’autres défis militaires.
L’armée israélienne annonce une réduction significative du temps de service des réservistes et une augmentation de leur entraînement en 2026
Selon un tableau militaire mis à jour, avec la fin de la guerre, l’armée israélienne prévoit que les réservistes seront appelés à servir jusqu’à 60 jours au total en 2026.
Au cours de la première année de la guerre, les soldats des filières de combat ont servi en moyenne 136 jours dans la réserve, et 168 jours pour les commandants. Avant la guerre, en plus de leur entraînement annuel, les réservistes effectuaient jusqu’à 25 jours d’activité opérationnelle tous les trois ans.
Mercredi, le « tableau de combat » de l’armée israélienne, après avoir été approuvé par le chef d’état-major Zamir, a été remis à toutes les unités.
Selon l’armée israélienne, ce tableau qui détaille l’ensemble des tâches, exercices, moyens et ressources pour toutes les unités en 2026 a été élaboré sur la base des enseignements tirés de la guerre et d’un « nouveau concept de défense, de vigilance et de préparation ». Il permettrait par ailleurs de « relever les nombreux défis ».
Les réservistes, d’après ce tableau, seraient appelés pour environ six semaines d’activité opérationnelle, avec des jours supplémentaires de service de réserve consacrés à la formation et à l’organisation. Au total, ils effectueraient environ 60 jours de service tout au long de l’année.
« Le plan de déploiement des réservistes en 2026 montre une augmentation du nombre de jours de formation visant à renforcer la préparation, parallèlement à une réduction du nombre de jours de mission pour les réservistes, afin d’alléger leur charge », a expliqué l’armée.
L’armée israélienne a annoncé qu’elle s’efforcerait, l’an prochain, de mener à bien la formation de base, comme prévu. Toutes les unités suivront en outre « une formation spécifique visant à améliorer leur état de préparation, qui durera plusieurs semaines ».
Sam Sokol a contribué à cet article.
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