Décès à 71 ans de Zehava Shaul, dont le fils avait été pris en otage par le Hamas
C'est après que sa mère a lutté plus d'une décennie que le corps d'Oron Shaul a enfin été rapatrié en Israël ; Isaac Herzog salue un "symbole de persévérance et d’espoir"
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Zehava Shaul, la mère du sergent-chef Oron Shaul, qui avait été tué et dont la dépouille avait été capturée par le Hamas en 2014 et retenue par le groupe en otage pendant plus d’une décennie, s’est éteinte vendredi à l’âge de 71 ans, a annoncé sa famille.
Le communiqué qui a été émis par la famille a précisé qu’elle était décédée après avoir lutté pendant plusieurs mois contre une grave maladie.
« Zehava était une femme de foi, de détermination et d’amour pour l’humanité. Pendant plus d’une décennie, elle a mené, avec une force inspirante, une lutte sans compromis pour que son fils, le sergent-chef Oron Shaul, puisse être rapatrié en Israël pour y être inhumé », a dit la famille. « Son dévouement, sa force et son amour infini ont touché de nombreux cœurs et ils sont devenus un symbole de persévérance, d’espoir et d’amour immense ».
Le président Isaac Herzog lui a rendu hommage, la qualifiant de « mère courageuse, déterminée et inspirante, qui a consacré plus d’une décennie à une lutte sans concession pour faire rapatrier son fils » afin qu’il soit inhumé en Israël.
« L’image de Zehava restera gravée dans le cœur de la nation comme celle d’une mère qui n’a jamais abandonné son fils, pas même un instant, et comme un symbole de persévérance et d’espoir même dans les moments les plus difficiles. Que sa mémoire soit bénie », a écrit Herzog.
Son mari, Herzl Shaul, est décédé en 2016 – il n’aura pas vécu assez longtemps pour assister au retour de la dépouille de son fils.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a également rendu hommage à Shaul, expliquant que « Zehava n’a pas baissé les bras une seule seconde ; même après le décès de son mari Herzl, elle a supporté cette douleur avec une force émotionnelle exceptionnelle et elle a agi avec « un amour maternel sans limites et une noblesse d’âme impressionnante ».
Le 20 juillet 2014, pendant la guerre à Gaza de 2014 — une guerre qui est connue en Israël sous le nom d’opération « Bordure protectrice » —, des soldats du 13e bataillon de la brigade Golani étaient entrés dans le quartier de Shejaiya, à Gaza, à bord d’un véhicule blindé de transport de troupes M-113. Le véhicule blindé s’était retrouvé coincé dans l’une des rues étroites du quartier et il avait été pris pour cible par des terroristes du Hamas, qui avaient tiré des missiles antichars.
Sept soldats avaient été tués lors de cet incident, dont Shaul, dont le corps sans vie avait emporté par des hommes armés du groupe terroriste.
Lors d’un autre incident qui était survenu ultérieurement au cours de l’opération de 2014, le Hamas s’était emparé du corps sans vie du lieutenant Hadar Goldin. Pendant plus d’une décennie, les deux familles avaient mené une campagne apparemment vaine pour obtenir la libération de leurs fils respectifs.
Pendant de nombreuses années, la famille Shaul s’était accrochée à l’espoir qu’Oron était encore en vie, même si Tsahal avait annoncé qu’il avait été tué au combat.
Le groupe terroriste du Hamas qui le détenait avait mené une campagne délibérée de désinformation, publiant notamment des lettres qui, avait-il affirmé, avaient été écrites par Oron, des courriers factices dans lesquels il suppliait alors d’être libéré.
« Même si ce n’est pas à 100 %, je m’accroche [à l’espoir qu’il soit en vie]. Mon cœur me dit qu’il est en vie », avait-elle déclaré lors d’une interview un an après la capture de son enfant.
Pendant les années où les dépouilles de Goldin et Shaul avaient été retenues en otage, le Hamas avait exigé la libération de centaines de prisonniers palestiniens détenus pour atteinte à la sécurité nationale – y compris des chefs terroristes de premier plan – en échange des deux soldats. Ce qu’Israël n’avait pas été disposé à faire après l’accord Gilad Shalit en 2011.
Dans le cadre de cet accord qui avait été conclu avec le Hamas, Israël avait remis en liberté 1 027 Palestiniens qui avait été condamnés pour terrorisme en échange de Shalit, un soldat israélien qui avait été enlevé en 2006. Nombre des prisonniers libérés – parmi lesquels Yahya Sinwar, le commanditaire du massacre du 7 octobre 2023 – avaient repris leurs activités terroristes.
Malgré les éloges de Netanyahu à l’égard de Zehava Shaul et même si le Premier ministre a affirmé qu’il avait « étroitement accompagné son combat », la défunte avait parfois accusé Netanyahu d’ignorer le sort des familles Shaul et Goldin.
S’exprimant lors d’une manifestation en 2019 devant la résidence de Netanyahu à Jérusalem, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’enlèvement d’Oron, elle avait expliqué que le Premier ministre n’avait « rien » fait pour ramener son fils.
« Je l’ai envoyé à l’armée, je l’ai envoyé [à la guerre de Gaza], et c’est à vous qu’il incombe de le ramener chez nous », avait-elle dit.
« Vous ne pouvez pas fuir cette responsabilité, car je vous le dis : si vous ne le ramenez pas, je vous suivrai partout où vous irez. Je ne vous laisserai pas vous en tirer comme ça. Je ramènerai Oron moi-même s’il le faut, alors faites attention », avait dit Shaul, des propos adressés à Netanyahu.
« Vous avez eu de nombreuses occasions de ramener Oron et Hadar, mais vous n’avez rien fait », avait-elle ajouté. « C’est regrettable que vous continuiez à jouer avec nous ; vous savez faire mille promesses, mais vous n’en tenez aucune. C’est indigne d’un Premier ministre ».
La situation avait changé après le pogrom qui avait été commis en date du 7 octobre 2023, quand le Hamas avait tué plus de 1 200 personnes et qu’il avait pris 251 otages qui étaient venus rejoindre Shaul et Goldin dans la bande.
L’armée israélienne était entrée dans Gaza, menant une guerre dévastatrice contre le Hamas, ce qui lui avait permis d’accéder à certaines parties de l’enclave et d’obtenir davantage de renseignements.
Le corps sans vie d’Oron Shaul avait été retrouvé au mois de janvier 2025 dans le nord de Gaza par l’armée israélienne et par l’agence de sécurité du Shin Bet, avec la participation de plusieurs unités des forces spéciales – notamment l’unité de commandos Shayetet 13 de la marine et une autre force d’élite de la Direction du renseignement militaire.
L’armée israélienne avait expliqué que l’opération s’était appuyée sur des renseignements qui avaient été recueillis au cours de la dernière décennie, dont la collecte s’était intensifiée pendant la guerre. L’annonce de la récupération du corps d’Oron Shaul était intervenue juste avant l’entrée en vigueur prévue d’un cessez-le-feu de courte durée entre Israël et le Hamas.
La dépouille de Goldin avait été restituée neuf mois plus tard, dans le cadre de l’échange final qui avait permis la libération des derniers otages en vertu d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis.
S’exprimant après la restitution du corps de Shaul, sa mère avait admis qu’elle n’aurait jamais pensé vivre assez longtemps pour le voir rentrer chez lui.
« Je pensais que cela n’arriverait pas, et pourtant c’est arrivé. Je suis très émue, j’ai même du mal à parler », avait-elle dit.
Zehava Shaul sera inhumée dimanche dans sa ville natale de Poria Illit, dans le nord d’Israël, aux côtés de son mari et de son fils. Elle laisse derrière elle ses deux autres fils, Aviram et Ofek.
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