Décès à 86 ans du mosaïste juif créateur des « Jardins magiques » de Philadelphie
Isaiah Zagar "était plus que notre fondateur ; il était notre ami proche, notre professeur, notre collaborateur et notre source d'inspiration créative", selon les Jardins magiques
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JTA — Isaiah Zagar, le célèbre artiste mosaïste juif dont les chatoyantes installations kaléidoscopiques ont métamorphosé les rues et les bâtiments de Philadelphie et qui a fondé les « Jardins magiques » de la ville, est décédé.
C’est à son domicile de Philadelphie que Zagar est décédé jeudi des suites d’une insuffisance cardiaque et de la maladie de Parkinson. Il était âgé de 86 ans.
« L’ampleur de l’œuvre d’Isaiah Zagar et son travail artistique incommensurable sont tout simplement prodigieux », a déclaré Emily Smith, directrice exécutive des Jardins magiques, au Philadelphia Inquirer. « La plupart des gens ne mesurent pas encore l’importance de ce qu’il a créé, ni même l’ampleur de son œuvre. »
Né Irwin Zagar à Philadelphie en 1939, Zagar a grandi à Brooklyn, New York, fréquentant le Pratt Institute of Art jusqu’à obtenir une licence en peinture et graphisme. « Quand on est juif et qu’on grandit à Brooklyn, on ne s’appelle pas Isaiah », confiait-il au Philadelphia Inquirer en 1980. « On se nomme Ira, Irving ou Irwin. »
En 1959, à l’âge de 19 ans, Zagar a reçu une bourse d’été pour étudier les arts à Woodstock, dans l’État de New York. C’est là qu’il a découvert les œuvres du célèbre artiste « outsider » Clarence Schmidt, qui deviendra plus tard son mentor. Au cours de cet été-là, il a également étudié les textes religieux juifs, dont il s’est ensuite inspiré pour modifier son prénom, devenant Isaiah, selon le Daily Mail.
En 1963, Zagar a rencontré Julia, l’artiste qu’il a épousée trois mois plus tard. Tous deux ont rejoint le Peace Corps en tant qu’objecteurs de conscience à la guerre du Vietnam.
En 1968, Zagar et sa femme ont emménagé dans le sud de Philadelphie. Là, elle a ouvert la Eye’s Gallery, sur South Street. Isaiah, pour sa part, y a réalisé sa première installation artistique, utilisant comme support la façade du bâtiment.
Au cours des décennies suivantes, Zagar s’est servi de carreaux, de miroirs et de bouteilles cassés pour orner plus de 4 600 mètres carrés de murs et de bâtiments de Philadelphie avec ses mosaïques légendaires. À la fin des années 1990, il a réaménagé deux terrains vagues proches de son domicile, dans le sud de Philadelphie, pour y créer une installation immersive mêlant mosaïques et sculptures, qui allaient devenir les célèbres Jardins magiques.
Les œuvres de Zagar figurent dans les collections permanentes du Philadelphia Museum of Art et de la Pennsylvania Academy of the Fine Arts. Plus de 200 de ses mosaïques sont également visibles dans plusieurs États américains, ainsi qu’au Mexique et au Chili.
En 2008, le fils de Zagar, le cinéaste Jeremiah Zagar, a sorti le documentaire « In a Dream », dans lequel il dresse un portrait intime des difficultés de son père en matière de santé mentale et de sa volonté de construire les Jardins magiques. Il a collaboré avec un producteur qu’il a rencontré lors d’un de ses cours d’hébreu à l’école juive aujourd’hui appelée Jack M. Barrack Hebrew Academy, selon un profil publié en 2022 dans le Philadelphia Jewish Exponent.
« Isaiah était plus que notre fondateur ; il était notre ami proche, notre professeur, notre collaborateur et notre source d’inspiration créative », ont écrit les Jardins magiques dans un message publié sur Facebook. « Il était différent de toutes les personnes que nous avons rencontrées et que nous rencontrerons jamais. Par-dessus tout, c’était un artiste. Au cours de sa vie, il a créé une œuvre unique et exceptionnelle, qui a laissé une empreinte indélébile sur notre ville. »
Zagar laisse dans le deuil sa femme et ses deux fils, Jeremiah et Ezekiel.
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