Décès d’Ofer Bronchtein, chargé de mission de Macron qui l’avait convaincu de reconnaître l’État palestinien
Le chef de l'Etat français lui avait confié, quelques années plus tôt, "une mission pour ouvrir des pistes de rapprochement entre les sociétés civiles israélienne et palestinienne"
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Le Franco-israélien Ofer Bronchtein, infatigable militant pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, est mort lundi à Paris, a annoncé le Forum international pour la paix, qu’il a co-fondé en 2001.
« Avec lui s’éteint une voix humaniste qui portait l’espérance de la paix et donnait toutes ses forces pour la faire advenir », a réagi l’Elysée dans un communiqué.
Cofondateur avec son ami palestinien Anis al Qaq et président du Forum International pour la Paix, installé à Paris, Ofer Bronchtein « fut pendant des décennies ce passeur déterminé entre deux peuples ».
En 2011, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lui avait remis un passeport palestinien, « honorant ainsi une promesse de (son prédécesseur) Yasser Arafat », rappelle l’Elysée.
Né le 27 mars 1957 à Beer-Sheva, il a vécu entre Israël et la France.
Bronchtein a grandi dans cette localité du sud d’Israël jusqu’à l’âge de 9 ans – lorsque ses parents, qui avaient tous les deux vu le jour en Afrique du Nord, ont déménagé pour la France. Ils se sont installés en banlieue parisienne. À 17 ans, Bronchtein est retourné en Israël dans le cadre du mouvement de jeunesse Habonim Dror et il a vécu au kibboutz Beit Keshet, en Haute Galilée, où il a terminé ses études secondaires.
Il parlait couramment le français, l’hébreu, l’anglais et l’espagnol – et il a fait son service militaire au sein de l’armée israélienne.
Il avait été au service du Premier ministre Yitzhak Rabin après un séjour dans une prison israélienne, en 1989. Il avait été condamné pour avoir rencontré Abbas, qui faisait alors partie du comité exécutif de l’OLP, en Europe – violant une loi aujourd’hui disparue qui interdisait tout contact entre les Israéliens et les membres de l’OLP.
En 1992, Bronchtein est devenu le directeur de ce qui était alors la plus grande organisation pacifiste en Israël, le Centre international pour la paix au Moyen-Orient, ce qui l’a amené à travailler avec Rabin – sur des problématiques sociales dans un premier temps. Puis, en 1993, dans le cadre du processus d’Oslo, Rabin l’a envoyé à plusieurs reprises en voyage secret à Tunis pour y rencontrer Yasser Arafat, alors chef de l’OLP, afin de préparer la visite du vice-Premier ministre Binyamin Ben-Eliezer qui devait aboutir aux accords d’Oslo.
Le 13 septembre 1993, lorsqu’Israël et l’OLP ont signé l’accord lors d’une cérémonie qui avait été organisée à la Maison Blanche, Bronchtein faisait partie de la délégation israélienne. Dans l’espoir d’une aube nouvelle, il a participé aux négociations des accords d’Oslo II en 1995 qui ont été signés peu avant l’assassinat de Rabin – un assassinat qui a frappé Bronchtein de plein fouet
« Depuis, Ofer Bronchtein avait fait de la reconnaissance d’un Etat palestinien le combat de sa vie, réussissant à convaincre le président Emmanuel Macron de franchir ce pas en 2025 à l’ONU », au nom de la France, souligne-t-il.
Le chef de l’Etat lui avait confié, quelques années plus tôt, « une mission pour ouvrir des pistes de rapprochement entre les sociétés civiles israélienne et palestinienne », rappelle-t-il également.
« Alors que l’attaque terroriste du 7 octobre (2023) commise par le (groupe islamiste palestinien) Hamas précipita la région dans le chaos, il fut de ceux qui voulurent voir advenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France, affirmée par le président le 22 septembre 2025 à la tribune des Nations Unies », explique l’Elysée.
Les obsèques d’Ofer Bronchtein auront lieu mercredi au cimetière parisien du Père-Lachaise.
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