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Déjà fragilisés par la guerre contre le Hamas, les travailleurs israéliens face au choc iranien

Près de 50 % des indépendants ont perdu des revenus depuis le 7-Octobre, selon un sondage de l’IDI, et ils font désormais face à de nouvelles pertes avec la guerre contre l’Iran

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Des magasins fermés dans un centre commercial dans le contexte des restrictions liées à la guerre avec l’Iran, à Modiin, le 3 mars 2026. (Crédit : Dor Pazuelo/Flash90)
Des magasins fermés dans un centre commercial dans le contexte des restrictions liées à la guerre avec l’Iran, à Modiin, le 3 mars 2026. (Crédit : Dor Pazuelo/Flash90)

Près d’un tiers des travailleurs en Israël faisaient déjà face à une baisse de leurs revenus mensuels alors qu’ils tentaient de se remettre des conséquences économiques de plus de deux ans de guerre contre le Hamas à Gaza, une guerre qui avait été déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, selon une enquête qui a été diffusée lundi par l’Institut israélien de la démocratie (IDI).

Aujourd’hui, la population active du pays, pilier de l’économie israélienne, est confrontée à un nouveau choc, alors que des restrictions ont été imposées dans le contexte d’une nouvelle guerre contre le régime iranien.

Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, des restrictions nationales ont entraîné la fermeture de la plupart des entreprises, des écoles et l’interruption des activités éducatives. Les lieux de travail ont rouvert à la fin de la semaine dernière afin d’alléger le coût de la fermeture de l’ensemble de l’économie, mais le système éducatif reste lui fermé.

Beaucoup de parents se sont retrouvés, et restent toujours, dans l’impossibilité de travailler, ne pouvant laisser leurs jeunes enfants seuls à la maison pendant que l’Iran continue de tirer des salves de missiles sur Israël et que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par la République islamique d’Iran, lance des roquettes sur des communautés du nord d’Israël.

« La décision d’ouvrir l’économie alors que le système éducatif est fermé a créé une situation intolérable dans laquelle les parents sont contraints de choisir entre leur gagne-pain et la garde de leurs enfants », a déclaré lundi le président de la Fédération nationale du travail, Yoav Simchi.

Au début de la semaine, le ministère des Finances a présenté un premier cadre d’indemnisation pour les employés, en accordant une attention particulière aux parents qui travaillent et qui ont choisi – ou qui ont dû prendre – un congé sans solde en raison de la guerre avec l’Iran. Selon ce nouveau dispositif, pendant la période de congé sans solde, les employés pourraient bénéficier d’allocations chômage de la part du gouvernement, sous réserve de conditions d’éligibilité assouplies qui n’ont pas encore été publiées.

Scène où un missile balistique tiré depuis l’Iran a frappé Tel Aviv dans la nuit du 1ᵉʳ mars 2026, causant d’importants dégâts. En médaillon : Mary Ann De Vera, 32 ans, ressortissante philippine tuée lors de l’attaque. (Crédit : Nava Freiberg / Times of Israel ; autorisation)

Ces allocations chômage ne couvriront toutefois pas la totalité du salaire ou des avantages sociaux perdus, car elles ont été plafonnées à 70 % du salaire normal.

« Les ménages israéliens ne peuvent pas payer leurs factures et subvenir aux besoins de leur famille avec 70 % de leur salaire », a dénoncé Simchi. « Au lieu de venir en aide aux travailleurs qui sont en première ligne sur le front économique depuis deux ans et demi, le gouvernement les place sous le régime de l’assurance-chômage et leur inflige une perte équivalente à 30 % de leur salaire, et ce à la veille de Pessah. »

« Le projet de loi ignore les travailleurs dont l’activité professionnelle ou commerciale a diminué et il laisse des centaines de milliers d’employés, en particulier les travailleurs indépendants, sans protection, sans salaire et sans filet de sécurité », a-t-il ajouté.

Alors qu’elle entre dans sa deuxième semaine, la guerre avec l’Iran devrait encore aggraver la situation financière des salariés en général, et celle des travailleurs indépendants et des petites entreprises en particulier, qui peinent à se remettre des dommages économiques causés par la guerre contre le Hamas à Gaza, selon Daphna Aviram-Nitzan, directrice du Centre pour la gouvernance et l’économie de l’IDI.

Le sondage de l’IDI réalisé à la mi-janvier de cette année a révélé que près d’un tiers (27 %) des travailleurs (salariés et indépendants) en Israël ont vu leur salaire ou les revenus personnels issus de leur activité diminuer et leurs heures de travail réduites par rapport à la période précédant la guerre contre le Hamas. L’enquête menée par l’IDI a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1 193 salariés et travailleurs indépendants.

« Les dommages économiques causés par les événements du 7-Octobre restent particulièrement graves pour les ménages à faibles revenus », indique le rapport de l’IDI coécrit par Aviram-Nitzan.

La classe d’une école élémentaire vide après le début du confinement national visant à lutter contre l’épidémie de coronavirus à Tel Aviv, en Israël, le 17 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Environ 38 % des travailleurs dont le salaire était inférieur au salaire minimum avant la guerre ont signalé une réduction de leurs heures de travail, contre seulement 13 % de ceux qui gagnaient 28 000 shekels, soit 2,5 fois le salaire moyen.

Parmi les travailleurs indépendants, plus de la moitié (53 %) ont répondu qu’ils n’avaient pas encore retrouvé le niveau de revenu qu’ils percevaient avant la guerre à Gaza il y a plus de deux ans. Selon l’enquête, la proportion de travailleurs indépendants ayant déclaré que les revenus issus de leur activité étaient inférieurs à ceux d’avant la guerre était plus de deux fois supérieure à celle des salariés ayant déclaré une baisse de leur salaire.

De même, la baisse moyenne (41 %) des revenus issus de l’activité professionnelle déclarée par les travailleurs indépendants était plus forte que la baisse moyenne de 33 % des salaires subie par les salariés.

Aviram-Nitzan, de l’IDI, a émis des réserves quant au cadre de congé actuellement proposé, compte tenu de son impact financier disproportionné sur la population des travailleurs indépendants en Israël, qui représente environ 13 % de la main-d’œuvre du pays.

« Contrairement au mécanisme de chômage partiel qui permet aux salariés et à leurs employeurs d’accéder à des prestations rapides et flexibles, il n’existe aucun système formalisé pour soutenir les travailleurs indépendants touchés par la guerre, seulement des mécanismes improvisés et ponctuels », a-t-il déclaré. « Le ministre des Finances devrait mettre en place un mécanisme prédéterminé qui offrirait aux travailleurs indépendants un filet de sécurité sociale en temps de crise, comme c’est le cas dans d’autres pays de l’OCDE. »

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