Démission du directeur-adjoint du Shin Bet après de graves désaccords avec Zini
Le principal différend entre le nouveau chef et son adjoint est la décision de celui-ci d'informer la Haute Cour que Zini avait rencontré un fonctionnaire d'une agence soupçonné d'avoir révélé des informations classifiées
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Le directeur adjoint du Shin Bet a présenté sa démission de l’agence de sécurité après 30 ans de service et moins de trois mois après l’entrée en fonction du nouveau directeur David Zini, a annoncé le Shin Bet mardi alors que des informations font état de désaccords entre les deux hommes.
D’après l’agence, le directeur adjoint, identifié uniquement par son initiale en hébreu Shin, avait convenu avec Zini, lorsque ce dernier a pris ses fonctions en octobre, de rester au poste de directeur adjoint « jusqu’à ce que l’agence se stabilise ».
Shin avait assuré la fonction de directeur par intérim depuis juin, après la fin du mandat de Ronen Bar, et jusqu’à l’arrivé de Zini.
« Le directeur du Shin Bet a exprimé sa grande gratitude envers Shin pour ses services remarquables dans différents rôles, sur le terrain et au siège, ainsi que pour sa volonté d’assumer la fonction de vice-président », a déclaré l’agence.
Cette démission serait due à de graves et fréquentes divergences d’opinion entre Zini et Shin, selon la presse.
Selon le site d’information Ynet, la décision de Shin, plus tôt cette année, d’informer la Haute Cour de justice que Zini avait rencontré un responsable du Shin Bet soupçonné d’avoir divulgué des informations classifiées était l’un des principaux points de discorde entre les deux hommes.
Ce responsable, identifié uniquement sous l’initiale Aleph, est en effet accusé d’avoir transmis des informations classifiées au ministre des Affaires de la diaspora, Amichai Chikli (Likud), ainsi qu’à deux journalistes, dans le cadre d’une enquête du Shin Bet sur l’enracinement de l’idéologie extrémiste kahaniste au sein de la police.
Ces informations ne précisent pas clairement à quel titre Shin aurait informé la Haute Cour des rencontres de Zini.
Shin, selon Ynet, a rejoint le Shin Bet en 1995, commençant par occuper des fonctions de renseignement dans les régions de Jérusalem et de Cisjordanie avant d’assumer différentes fonctions de gestion et de terrain. Il a notamment été chef de cabinet de Yoram Cohen, alors directeur du Shin Bet, de 2012 à 2014.
Depuis début 2025, il participe à la mise en œuvre des diverses leçons tirées des enquêtes menées par le Shin Bet sur les défaillances de l’agence qui ont permis au Hamas et à ses alliés de perpétrer le pogrom du 7 octobre 2023, a rapporté Ynet.
La nomination de Zini à la tête du Shin Bet a été marquée par la controverse. Plusieurs groupes s’y sont opposés, déposant des recours auprès de la Haute Cour, notamment trois anciens chefs du Shin Bet qui ont affirmé que Zini n’était pas apte à occuper ce poste.
Selon les anciens chefs de l’agence, la nomination de Zini était entachée d’un conflit d’intérêts en raison des enquêtes menées dans le cadre des affaires Qatargate et Bild sur les proches collaborateurs du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ainsi que d’inquiétudes concernant la conduite de Zini.
Zini, ancien général, se décrit lui-même comme ayant des opinions « messianiques ». Il a demandé à la cour de rejeter ces recours, accusant ses prédécesseurs de chercher à « contrôler les opinions » et à saper la démocratie israélienne.
Zini a été nommé pour la première fois par Netanyahu à la tête du Shin Bet en mai, à la suite du limogeage controversé de Ronen Bar.
C’est par un vote du cabinet, le 21 mars, que Bar avait été démis de ses fonctions, car Netanyahu avait dit avoir perdu confiance dans la capacité du chef du Shin Bet à faire son travail à la suite de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
Les critiques ont cependant accusé Netanyahu de chercher à placer un fidèle à ce poste essentiel.
Des groupes de veille ont déposé un recours contre le renvoi de Bar auprès de la Haute Cour, alléguant que c’est en raison de son opposition au Premier ministre sur plusieurs questions clés, et non pour des raisons professionnelles, que l’ancien directeur avait été limogé. Ils ont également accusé Netanyahu de conflit d’intérêts dans le processus de remplacement. Le Shin Bet enquêtait en effet sur ses proches collaborateurs dans l’affaire Qatargate, ainsi que sur des cas de fuites de documents.
La Cour a suspendu le renvoi de Bar le temps d’examiner l’affaire. Mais le lendemain, Netanyahu a annoncé qu’il chercherait à faire nommer Zini à la tête de l’agence de sécurité intérieure.
Bar a démissionné en juin au milieu de la controverse. C’est alors qu’il a été remplacé à titre provisoire par Shin.
En octobre, le Comité consultatif des nominations de haut niveau a approuvé la candidature de Zini, qui a pris ses fonctions après que le cabinet eut approuvé à l’unanimité sa nomination.
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