Des artistes contestent l’annulation par le ministre de la Culture de dizaines de prix et de dotations financières
Le Forum des Institutions Culturelles se demande si Miki Zohar a retiré ces fonds pour financer la remise de ses propres prix du cinéma ; Le ministre estime que ces prix sont biaisés
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Une vingtaine d’organisations représentatives d’artistes, danseurs, musiciens, écrivains et autres professions du domaine de la création ont signé une lettre pour exprimer leur opposition à l’annulation par le ministre de la Culture, Miki Zohar, de plusieurs prix artistiques en 2026.
« Ces prix ne vont pas qu’aux créateurs — ils renforcent l’ensemble de l’écosystème culturel », lit-on dans la lettre publiée dimanche, qui demande à Zohar de revoir sa décision au motif que ces prix jouent un rôle moteur pour la culture israélienne et ceux qui la font, sans compter la promotion de la culture israélienne à l’international.
Zohar n’a pas fait d’annonces concernant ces suppressions, découvertes par des organisations dans l’attente de leurs fonds.
Ainsi, les organisateurs du prix Dvora Omer, du nom de l’auteure de livres pour enfants, lequel offre une bourse de 100 000 NIS pour la littérature jeunesse, ont été les premiers à s’en rendre compte, sans information préalable du ministère, explique Iris Ronli Riklis, directrice générale du Forum des institutions culturelles, organisation de tutelle qui représente près de 150 organisations artistiques et culturelles signataire de ce courrier.
« Ils ont compris que leur dotation avait été annulée : cela a été le déclencheur », poursuit Ronli Riklis. « Nous avons demandé ce qui se passait, car le conseiller du ministère de la Culture et des Sports n’en avait absolument pas discuté avec nous. »
La semaine passée, il est apparu que les subventions, dont des dotations financières, pour près de 5 millions de NIS, avaient été annulées dans tous les secteurs – 60 prix en littérature, 40 en arts visuels, 20 bourses de musique et quatre de danse.
Certains signataires laissent entendre que ces annulations pourraient avoir été décidées par Zohar pour faire bénéficier de ces fonds un prix qu’il a lui-même créé.
En première intention, les signataires du courrier se sont dit que les coupes étaient dues au financement de la guerre, explique Ronli Riklis. Mais dans un second temps, le Forum s’est demandé si les fonds destinés à ces prix n’avaient pas été détournés pour financer la cérémonie de remise des prix du cinéma organisée en décembre dernier par Zohar, en signe de protestation contre les prix remis lors de la cérémonie des Ophir de cette année.
Organisés par l’Académie israélienne du film, les Ophir décident chaque année de la candidature israélienne aux Oscars.
En septembre dernier, suite à la victoire aux Ophir, dans la catégorie Meilleur Film, de « The Sea », l’histoire d’un garçon palestinien de 12 ans, Zohar avait annoncé que son ministère ne financerait plus les Ophir en 2026.
« Il a retiré les fonds de tous ces prix parce qu’il n’a pas confiance dans l’industrie du cinéma », ajoute Ronli Riklis.
Nombre d’observateurs voient en Zohar une personne très encline à censurer l’industrie cinématographique israélienne, dont il cherche constamment à réduire les financements et autres formes de soutien, surtout dans le cas de films qui semblent critiques envers le gouvernement et les mesures qu’il prend.
Le ministère de la Culture a répondu que l’annulation de ces prix avait été décidée début 2025, sans lien avec le financement de la cérémonie de remise des prix du cinéma.
Zohar a lui-même expliqué que cette décision avait été prise parce que les prix étaient biaisés et servaient la gauche.
« Pendant des années, on a distribué des prix à des artistes et créateurs dans tout un tas de domaines grâce à l’argent des impôts des Israéliens, en ignorant clairement les artistes dont les opinions sont celles de la majorité de la population », a-t-il écrit sur X.
« En conséquence, j’ai donné l’ordre de ne plus financer de prix jusqu’à la création d’un comité professionnel chargé de les octroyer à des artistes et créateurs représentatifs de toute la société », a écrit Zohar.
« La culture appartient à tous en Israël, et non à une seule sensibilité politique, et il est de mon devoir, en tant que ministre de la Culture, de renforcer et développer la culture pour tous les citoyens. »
Ronli Riklis conteste que les prix actuels favorisent certains pans de la société et rappelle que l’attribution de ces prix se fait via des conseils consultatifs qui choisissent des jurys.
Chaque jury examine ensuite les candidats en fonction d’un certain nombre de critères soigneusement choisis et pondérés, de manière à avoir des lauréats issus des mondes religieux et laïc, de diverses origines géographiques, cela dans le but de représenter au mieux la population israélienne.
Ces prix, qui comprennent des subventions financières modestes, aident les créateurs indépendants, souligne-t-elle.
« Ces gens travaillent seuls, le ministère ne les aide pas ; il n’y a que ces prix qui les aident », conclut Ronli Riklis. « C’est pourquoi il y a une soixantaine de prix en littérature. Cela aide à subvenir à leurs besoins les gens qui s’installent à leur bureau pour y écrire des poèmes ou des livres. »
la Communauté du Times of Israël !







