Des extrémistes juifs établissent un avant-poste à Jérusalem-Est et attaquent des Palestiniens
4 blessés et 4 arrestations après l'incursion de jeunes radicaux dans un hameau palestinien ; Tsahal arrête puis relâche 2 Israéliens soupçonnés d'avoir tabassé une famille palestinienne
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Des dizaines de jeunes extrémistes juifs ont attaqué des villageois palestiniens dans une banlieue du sud-est de Jérusalem en début de semaine, dans un hameau situé dans les limites municipales de la ville, selon des habitants et des militants.
Les assaillants seraient arrivés à Nuaman depuis un nouvel avant-poste érigé fin mars. Des tentes ont été installées à proximité du village dont les quelque 150 habitants sont considérés comme des résidents de Cisjordanie, bien qu’ils paient des impôts à la municipalité de Jérusalem.
Des habitants palestiniens ont déclaré que, dimanche, de jeunes extrémistes les avaient agressés à coups de pierres et de gaz lacrymogène, en présence de plusieurs militants juifs de gauche présents sur les lieux.
Un militant, qui a souhaité garder l’anonymat, a déclaré au Times of Israel qu’environ une demi-heure avant l’attaque, lui et d’autres activistes s’étaient approchés de l’avant-poste et qu’ils avaient brièvement discuté avec les jeunes résidents d’implantations qui y résidaient. Les deux groupes s’étaient séparés sans heurts.
Peu après cette rencontre, cependant, les jeunes hommes ont lancé une attaque contre le village palestinien, blessant légèrement quatre personnes.
Sharif Darawi, un habitant du village, a déclaré au Times of Israel que des résidents d’implantations l’avaient suivi dans la zone boisée entourant Nuaman et qu’ils l’avaient attaqué à coups de pierres et de gaz lacrymogène.
עדויות על תקיפת מתנחלים – הפעם באופן חריג במזרח ירושלים. קילומטר מנועמאן, כפר ששייך לשטח המוניציפלי של ירושלים בסמוך להר חומה, הוקם לפני כחודש מאחז. לפי תושבים ופעילים, זה בגדול אוהל עם דגל בראש גבעה שמאוכלס בנערים בני 14-15. לפי התושבים, לא מדובר בתושבי הר חומה –> pic.twitter.com/0VKXfpmcT1
— Nurit Yohanan (@nurityohanan) April 5, 2026
Les Palestiniens ont riposté en lançant des pierres sur les assaillants, a rapporté le quotidien Haaretz, et des affrontements ont éclaté entre les deux groupes.
Selon les témoignages de résidents et de militants, la police est arrivée sur les lieux environ une demi-heure plus tard. Les agents ont arrêté deux Palestiniens et deux Juifs, a indiqué la police au Times of Israel.
Interrogée sur ces événements, la police a déclaré qu’ils résultaient d’un « conflit foncier en cours dans la région entre Arabes et Juifs ».
Selon Haaretz, les jeunes hommes ont tagué des graffitis dans toute la zone – représentant notamment l’étoile de David – ainsi que des messages contenant le mot « vengeance » et ce qui semble être le nom du nouvel avant-poste : « Homat Yehuda », qui signifie « Mur de Juda » en hébreu.
Certains de ces jeunes venaient du quartier juif de Har Homa, situé à proximité de Jérusalem, tandis que d’autres provenaient d’avant-postes de Cisjordanie, a rapporté le quotidien israélien.
Parallèlement, lundi soir en Cisjordanie, des groupes de résidents d’implantations ont été filmés en train de se rassembler à des carrefours près de Bethléem, harcelant les conducteurs qui se rendaient dans cette ville palestinienne ou qui en sortaient.
Mardi matin, l’armée a déclaré avoir interpellé deux suspects israéliens dans le cadre de ce qu’elle a qualifié « d’incident de friction », après que des individus masqués ont été filmés en train de passer à tabac une famille palestinienne dans la région de Ramallah, en Cisjordanie, la veille.
Selon Tsahal, les suspects ont été arrêtés, interrogés, puis relâchés, leurs dossiers ayant été transmis à la police.
L’armée n’a pas fourni d’explication quant à la raison pour laquelle les suspects n’ont pas été remis à la police, comme c’est généralement le cas dans de telles situations.
Les autorités enquêtent également sur un acte de vandalisme survenu jeudi, au cours duquel des citoyens israéliens sont soupçonnés d’avoir incendié une armoire de communication de l’armée à Bat Ayin.
Entourée de petits avant-postes, l’implantation de Bat Ayin, en Cisjordanie, est connue pour être un lieu de rassemblement fréquent des extrémistes avant qu’ils ne lancent des attaques contre les Palestiniens.
Selon Tsahal, cet acte de vandalisme visait à entraver la capacité des autorités à surveiller une route menant à un village palestinien voisin.
בצה״ל מעדכנים : בשבוע שעבר (ה') זוהו אזרחים ישראלים אשר שרפו תשתית ביטחונית ביישוב בת עין שבחטיבת עציון.
השריפה הוציאה מכלל שימוש את התשתית, דבר שפגע ביכולת של צה״ל לסכל טרור ולהגן על היישובים הישראלים בגזרה.על פי ההערכה השריפה בוצעה כדי למנוע יכולת של כוחות הביטחון לזהות
>> pic.twitter.com/rFFvBaWCI9— Haim Goldich | חיים גולדיטש (@HGoldich) April 6, 2026
L’incendie a rendu le matériel de communication inutilisable et les dégâts sont estimés à environ 200 000 shekels.
Les tensions en Israël et en Cisjordanie sont montées en flèche depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes ont fait irruption en Israël par la frontière de Gaza dans le cadre du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, tuant plus de 1 200 personnes et prenant 251 otages.
Fin janvier, Tsahal a révélé que le nombre d’attaques perpétrées par des extrémistes juifs contre des Palestiniens et des forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie avait augmenté de 27 % tout au long de l’année 2025.
Le nombre de « crimes nationalistes » commis par des extrémistes et classés comme des actes de terrorisme par les services de sécurité israéliens a également augmenté de plus de 50 %, selon les données de l’armée et de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.
Les poursuites judiciaires suite à la vague d’attaques quasi quotidiennes menées par des résidents d’implantations en Cisjordanie sont rares, et les condamnations le sont encore plus. Des détracteurs accusent le gouvernement, considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, de fermer les yeux sur ces attaques. Les forces de police sont placées sous l’autorité du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Le mois dernier, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a condamné la recrudescence des attaques perpétrées par des résidents d’implantations en Cisjordanie, qu’il a qualifiées de « moralement et éthiquement inacceptables » et d’obstacle stratégique majeur.
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