Des extrémistes juifs revendiquent des attaques contre des Palestiniens sur leur chaîne WhatsApp
Un graffiti disant "Salutations d'Anshei Shlomeinu" a été découvert dans un village de Cisjordanie ciblé par des extrémistes ; une organisation estime que ces attaques contre des civils palestiniens sont l'oeuvre de "vrais soldats"
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Jeudi, la chaîne WhatsApp publique d’extrémistes juifs a publié un message revendiquant les nombreuses attaques menées contre des civils palestiniens et leurs biens en Cisjordanie lors du mois hébraïque de Tichri, qui s’est terminé le 22 octobre dernier.
La chaîne, appelée Anshei Shlomeinu – « Notre peuple » -, a publié une liste de villages palestiniens attaqués par des extrémistes juifs et du nombre d’attaques, assorti d’un aperçu du nombre de véhicules brûlés, de maisons incendiées et « d’Arabes » blessés.
« Bon mois ! Un aperçu de la lutte contre l’ennemi arabe en Terre Sainte lors du mois de Tichri », peut-on lire en début de publication.
Selon l’organisation, 33 véhicules appartenant à des Palestiniens ont été incendiés dans cette période, auxquels s’ajoutent 12 maisons incendiées et 25 Palestiniens blessés lors d’attaques de résidents d’implantation extrémistes.
La publication annonce par ailleurs que « des milliers d’oliviers ont été déracinés », les pneus de dizaines de véhicules crevés, que des centaines de pare-brise brisés et des dizaines de champs et de vergers incendiés.
Selon cette publication, auraient fait partie des victimes les villages de Surif, au sud du Gush Etzion, attaqué six fois, al-Mughayyir, au nord de Ramallah, cinq fois, et Turmus Ayya, près de l’implantation de Shilo, cinq fois.
Le message était accompagné d’un montage vidéo du mois dernier montrant des extrémistes juifs en train d’attaquer des Palestiniens et de brûler ou vandaliser des possessions palestiniennes, comme en témoigne l’incident brutal de Turmus Ayya, la semaine passée, au cours duquel un extrémiste masqué a été filmé en train de violemment frapper à la tête une femme de 52 ans venue récolter les olives.
En marge de deux de ces incidents, survenus ces cinq dernières semaines, des incendies criminels et des actes de vandalisme ont été perpétrés à l’encontre de possessions palestiniennes, accompagnés de graffitis semblant revendiquer les attaques au nom du groupe Anshei Shlomeinu.
Vendredi dernier, plusieurs véhicules ont été incendiés dans le village de Deir Dibwan, près de Ramallah, et les mots « Salutations d’Anshei Shlomeinu » et « Vengeance » ont été peints à la bombe sur l’un des murs du village, suivis d’une étoile de David.
Et le 19 septembre, dans le village de Ramun, à sept kilomètres de Deir Dibwan, un véhicule a été incendié et les mots « Salutations d’Anshei Shlomeinu » ont été peints à la bombe sur un mur voisin.
La plupart des messages de la chaîne Anshei Shlomeinu ne revendiquent pas ouvertement ces attaques, se contentant de dire que « les Arabes signalent » des attaques commises par des Juifs en Cisjordanie et de relayer des vidéo de ces incidents.
A propos de l’attaque de vendredi, à Deir Dibwan, le groupe a rediffusé des images de caméras de surveillance publiques, reprises d’une chaîne WhatsApp en langue arabe, dans laquelle on peut voir quatre personnes incendier une voiture avec la légende suivante : « Images des véritables soldats de Dieu au travail, ce soir, dans le village de Deir Dibwan. »
Engagée dans la lutte contre les violences des résidents d’implantation, l’organisation Yesh Din est la première à avoir appelé l’attention sur les synthèses mensuelles d’Anshei Shlomeinu : elle dénonce par ailleurs l’incapacité de la police à lutter contre ce qui est devenu un phénomène endémique, celui des attaques extrémistes juives contre des civils palestiniens vivant dans les zones rurales de Cisjordanie.
« Avec la police de Ben Gvir, non seulement les incidents violents et blessures infligées aux Palestiniens par les colons sont-ils plus nombreux et plus graves que jamais, mais de surcroit leurs auteurs n’ont plus peur de revendiquer publiquement ces crimes », a déclaré l’organisation.
« Les colons violents savent qu’ils ne seront pas jugés et leur sentiment d’impunité expose les Palestiniens sans défense à de nouvelles violences terroristes. »
Le porte-parole de la police de Judée-Samarie, compétent pour la Cisjordanie, n’a pas répondu à la demande de commentaire.
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