Des forces de sécurité israéliennes auraient aidé un réseau de contrebande à Gaza – média
Un suspect qui opérait depuis Ramallah est accusé d'avoir collaboré avec un Gazaoui qui entretenait des liens avec la police ; l'opération de contrebande aurait été menée parallèlement à de simples livraisons de marchandises autorisées
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Selon un acte d’accusation qui a été déposé le mois dernier, une importante opération de contrebande visant à faire entrer des marchandises interdites dans la bande de Gaza pendant la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas aurait, en partie, été menée en collaboration avec les services de sécurité israéliens.
Ces informations ont été révélées à la suite d’une plainte déposée le mois dernier contre un Gazaoui accusé d’avoir dirigé un réseau de contrebande tout en collaborant avec les autorités israéliennes pour faire entrer des marchandises dans l’enclave, a rapporté lundi le journal Haaretz.
Des poursuites ont été engagées devant le tribunal militaire d’Ofer contre Rajab Salim, 35 ans, résident de Ramallah, qui travaillait avec un individu de Gaza surnommé « Abu Basel ».
Originaire de Gaza, Salim dispose d’un permis de séjour en Israël et il se trouvait en Cisjordanie le 7 octobre 2023, jour du pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre. Il y est resté depuis lors et il aurait mis en place un réseau de contrebande avec Abu Basel, tout en collaborant avec les services de sécurité israéliens pour acheminer des marchandises vers Gaza, notamment de l’aide humanitaire.
La partie contrebande de l’opération aurait rapporté des dizaines de millions de shekels.
Selon l’acte d’accusation, Abu Basel entretenait de nombreux liens avec la police israélienne, qu’il a mis à profit pour faire libérer des suspects arrêtés pour contrebande.
Une source proche du dossier a confirmé ces informations à Haaretz.
L’affaire a été révélée pour la première fois la semaine dernière par le site d’information judiciaire La Posta.
Selon l’acte d’accusation, les marchandises introduites clandestinement à Gaza auraient été saisies par le Hamas.
L’avocat de Salim a déclaré que son client niait toute implication dans des activités de contrebande, que tous ses agissements avaient été coordonnés avec les services de sécurité, et que « les services de sécurité étaient impliqués dans certaines de ces activités de contrebande, de sorte qu’il y avait un mélange de noir et de blanc – avec une grande zone grise », ce qui avait conduit Salim à croire qu’il agissait avec leur accord.
L’opération s’est déroulée de 2024 à 2025, période durant laquelle seize camions de contrebande ont pénétré dans l’enclave par le poste-frontière de Kerem Shalom, situé entre Israël et Gaza. Parmi les marchandises introduites en contrebande figuraient des téléphones portables, des ordinateurs, du tabac, des panneaux solaires, des batteries, des générateurs, des vélos électriques et des machines à laver. Dans le cadre de cette opération, Abu Salem aurait également fait entrer des engins de chantier lourds à Gaza.
En décembre 2025, les autorités israéliennes ont perquisitionné un site à Beit Haarava, où des passeurs chargeaient des marchandises dans des camions à destination de Gaza. Cependant, Salim aurait contacté Abu Basel, qui a mis à profit ses relations avec les services de sécurité israéliens pour obtenir la libération des passeurs.
Fin avril 2026, un officier de grade de commandant au sein de l’armée israélienne a été mis en examen pour avoir fait passer des marchandises de contrebande à Gaza et avoir fait entrer un civil israélien dans l’enclave. Haaretz n’a pas précisé si les deux affaires étaient liées, mais de nombreux détails semblaient se recouper.
Dans une autre affaire survenue le mois dernier, un lieutenant de Tsahal a été mis en examen pour avoir fait passer des marchandises de contrebande dans la bande de Gaza en échange de plusieurs millions de shekels.
En février, le parquet a engagé des poursuites contre quinze suspects, dont des réservistes de Tsahal, accusés d’avoir participé à un vaste réseau de contrebande acheminant des marchandises vers la bande de Gaza.
Ce réseau de contrebande présumé serait lié à Bezalel Zini, le frère de David Zini, le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.
Bezalel Zini aurait aidé les membres du réseau à faire passer des cigarettes en contrebande en tirant parti de son service de réserve au sein de l’armée israélienne à Gaza.
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