Rechercher

Des Israéliens bloqués au Népal, un pays paralysé par des manifestations meurtrières

Quelque 200 Israéliens se sont réfugiés à la maison Habad Loubavitch de Katmandou alors que le Népal connaît ses émeutes les plus violentes depuis des décennies

Des manifestants se rassemblent devant le Singha Durbar, siège des différents ministères et bureaux du gouvernement népalais, après qu'il a été incendié lors d'une manifestation contre l'interdiction des réseaux sociaux et la corruption à Katmandou, au Népal, le mardi 9 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Prakash Timalsina)
Des manifestants se rassemblent devant le Singha Durbar, siège des différents ministères et bureaux du gouvernement népalais, après qu'il a été incendié lors d'une manifestation contre l'interdiction des réseaux sociaux et la corruption à Katmandou, au Népal, le mardi 9 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Prakash Timalsina)

Des centaines d’Israéliens seraient bloqués au Népal, alors que des manifestations meurtrières secouent ce pays himalayen.

Environ 200 Israéliens ont trouvé refuge à la maison Habad Loubavitch de Katmandou et d’autres continuent d’arriver pour demander de l’aide, a rapporté le rabbin Chezky Lifshitz, codirecteur du mouvement Habad Loubavitch de Katmandou.

« Nous avons entendu des coups de feu toute la journée. Il y a eu beaucoup de violence », a déclaré Lifshitz au Times of Israel mardi soir lors d’un entretien téléphonique. « Notre centre est installé dans un endroit fermé, ce qui explique pourquoi beaucoup de gens y sont venus, dans l’espoir de trouver un peu de paix. Les routes sont bloquées. Les gens s’arrêtent pour demander où ils peuvent aller. Beaucoup de personnes que nous connaissons ont été blessées dans les combats. Nous essayons d’aider autant que nous le pouvons. »

Des touristes venus d’Israël et du monde entier sont désormais bloqués au Népal, dont le principal aéroport a fermé, en raison de la situation dégradée du pays. Le Népal est depuis longtemps une destination prisée des routards israéliens.

Le Népal traverse actuellement l’une de ses pires crises politiques depuis des décennies. Des manifestants ont envahi les rues.

Les manifestations ont en outre encore pris de l’ampleur après que la police a recouru lundi à une force meurtrière, tuant au moins 19 personnes et en blessant des centaines d’autres.

Des touristes israéliens à la maison du mouvement Habad Loubavitch de Katmandou pendant les manifestations, septembre 2025 (Crédit : mouvement Habad Loubavitch du Népal)

Mardi, des émeutiers ont incendié des bâtiments officiels, notamment celui du Parlement fédéral à Katmandou, alors que le Premier ministre KP Sharma Oli annonçait sa démission.

C’est une décision du gouvernement qui a mis le feu aux poudres et déclenché les manifestations. Cette mesure visait à interdire les applications de réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, WhatsApp, YouTube et X, dans le but, selon l’exécutif, de lutter contre les fausses informations et les discours haineux. Mais les manifestations ont rapidement évolué, exprimant une révolte plus large contre la corruption au sein de l’élite politique. Même la décision prise lundi soir de revenir sur la décision d’interdiction initiale n’a pas suffi à apaiser la colère dans les rues.

Gilad, qui parcourt le Népal sac au dos avec sa fille, a indiqué au site d’information Ynet que les touristes israéliens avaient baptisé les manifestations « Kaplan 2 », en référence au lieu où se déroulent de nombreux rassemblements antigouvernementaux à Tel-Aviv, ajoutant qu’ils s’efforçaient de se tenir à l’écart des affrontements.

Des manifestants prennent des selfies et font la fête au Singha Durbar, siège des différents ministères et bureaux du gouvernement népalais, après qu’il a été incendié lors d’une manifestation contre l’interdiction des réseaux sociaux et la corruption à Katmandou, au Népal, le mardi 9 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Niranjan Shrestha)

« Beaucoup d’Israéliens sont en pleine randonnée. Ici, l’incertitude règne, mais on ressent également un lien incroyable entre les Israéliens. L’ambiance générale est bonne », a-t-il expliqué. « Je dois partir pour l’Inde dimanche. J’ignore encore si l’aéroport sera à nouveau opérationnel. »

Ces dernières décennies, le Népal a été le théâtre de nombreux bouleversements politiques, avec de fréquents épisodes d’instabilité du pouvoir depuis qu’il a aboli la monarchie en 2008 et entrepris sa transition vers un statut de république fédérale. Mais Lifshitz, qui a fondé la maison Habad Loubavitch à Katmandou en 2000, a affirmé n’avoir jamais rien vu de tel.

« Je me souviens de la guerre civile en 2006, qui avait duré deux ans et conduit à la destitution du roi. Mais les quinze dernières années ont été relativement calmes », a-t-il souligné. « Je n’avais encore jamais vu des gens mettre le feu au bâtiment du Parlement, ou s’en prendre aux domiciles des ministres. C’est un problème grave. »

Les rabbins Chezky et Chani Lifshitz, fondateurs du mouvement Habad Loubavitch du Népal (Crédit : Autorisation)

La maison Habad Loubavitch a lancé un appel aux dons afin de couvrir les frais liés aux repas chauds, à l’hébergement et à toute autre forme d’aide d’urgence qu’elle fournit en ce moment.

Lifshitz se dit optimiste quant à une fin possiblement proche des manifestations, mais il n’est pas tout à fait impartial : pour la fête de Rosh Hashanah, dans moins de deux semaines, le mouvement Habad Loubavitch du Népal se prépare en effet à accueillir plus de 1 000 touristes israéliens et juifs dans ses différents centres, à travers le pays.

Depuis qu’ils ont ouvert leur centre Habad Loubavitch au Népal il y a 25 ans, Lifshitz, sa femme Chani et leurs six enfants ont accueilli d’innombrables voyageurs à l’occasion des fêtes juives, dont plus de 2 000 personnes lors de ce qu’ils décrivent comme plus grand seder de Pessah au monde.

« Nous vivons des histoires incroyables tous les jours », a confié Lifshitz, dont l’expérience népalaise a inspiré la série israélienne « Kathmandu », disponible sur Netflix en Israël. « Nous fournissons souvent du matériel et des provisions aux personnes qui partent en randonnée dans les montagnes. Nous devons parfois aussi envoyer des hélicoptères pour les ramener. Les gens nous demandent sans arrêt de l’aide. »

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.