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Des milliers de personnes manifestent à Paris en soutien aux Kurdes de Syrie

"On veut juste de la justice, notre liberté et nos droits légitimes en tant que peuple", dit une manifestante franco-kurde

Des manifestants brandissent un immense drapeau kurde du Rojava syrien lors d'une manifestation de solidarité avec les Kurdes du nord de la Syrie, place de la République, à Paris, le 24 janvier 2026. (Crédit : Blanca Cruz / AFP)
Des manifestants brandissent un immense drapeau kurde du Rojava syrien lors d'une manifestation de solidarité avec les Kurdes du nord de la Syrie, place de la République, à Paris, le 24 janvier 2026. (Crédit : Blanca Cruz / AFP)

Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris pour défendre le peuple kurde de Syrie et demander à la France de renforcer son soutien dans le nord-est du pays, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Selon la préfecture de police de Paris, 7 500 personnes ont pris part à la manifestation.

Une interpellation pour jets de projectiles et deux manifestants légèrement blessés ont également été signalés par une source policière à l’AFP.

Partis de la place de la République, les manifestants ont rejoint la place de la Bastille en milieu d’après-midi, scandant notamment « Les Kurdes vaincront » ou encore « Kobané ne tombera pas ».

De nombreuses pancartes portaient également l’inscription « Defend Rojava » (Défendre le Rojava en français), du nom de ce territoire semi-autonome kurde, théâtre de l’offensive de l’armée syrienne soutenue par le gouvernement turc.

Cette nouvelle manifestation intervient alors que la communauté kurde de Syrie, qui dispose de sa propre administration, est en proie à des tensions avec le pouvoir de Damas, déterminé à étendre son autorité sur l’ensemble du pays morcelé par la guerre.

Dans le cortège qui a défilé dans le calme, Demet Sahin, 28 ans, dit se sentir « tétanisée pour l’avenir des Kurdes » dans la région. « Aujourd’hui, il y a un consensus pour les aider, mais en réalité, il n’y a rien », dénonce à l’AFP cette avocate dont la famille est originaire du Kurdistan turc.

Jeudi, la France a pourtant martelé qu’elle n’abandonnait pas les Kurdes, qui ont joué un rôle clé dans la lutte contre le groupe terroriste sunnite État islamique (EI). Des déclarations qui peinent toutefois à convaincre les manifestants.

« On a un sentiment d’impuissance face au silence général, face à la trahison que l’on ressent aujourd’hui profondément », déplore Laurine, une autre manifestante franco-kurde de 20 ans qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.

« On veut juste de la justice, notre liberté et nos droits légitimes en tant que peuple », dit encore la jeune femme, le visage entouré d’un drapeau jaune, rouge et vert aux couleurs du Rojava.

Une manifestante brandit une pancarte où l’on peut lire « Défendons le Rojava », nom kurde des régions de Syrie à majorité kurde, lors d’une manifestation de solidarité avec les Kurdes du nord de la Syrie, place de la République, à Paris, le 24 janvier 2026. (Crédit : Blanca Cruz / AFP)

Mahir, qui a souhaité garder l’anonymat, demande lui aussi davantage de soutien de la part de la France : « On ne comprend pas pourquoi Emmanuel Macron prend aujourd’hui la défense des djihadistes. Ce sont des intérêts géopolitiques, on suppose, mais c’est une haute trahison pour nous. »

Plus tôt cette semaine, 24 personnes ont été interpellées en France et 21 policiers ont été blessés lors d’incidents survenus en marge de rassemblements similaires.

À Marseille, les autorités ont interdit une nouvelle manifestation prévue samedi, après plusieurs rassemblements similaires émaillés, selon elles, de « troubles à l’ordre public ».

La communauté kurde de France compterait entre 320 000 et 400 000 personnes, soit la deuxième communauté kurde d’Europe après l’Allemagne, selon une estimation de l’Institut kurde de Paris, la plus ancienne institution kurde d’Europe.

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