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Des pourparlers directs entre Israël et le Liban sont prévus mardi à Washington

Donald Trump et Benjamin Netanyahu auraient eu un échange téléphonique "tendu" au sujet du Liban, ce dernier craignant que Washington ne déclare un cessez-le-feu unilatéral avec le Hezbollah s’il n’acceptait pas de négocier avec Beyrouth

Un partisan du Hezbollah brandissant un drapeau à l'effigie du défunt chef du groupe terroriste chiite libanais, Hassan Nasrallah, lors d'une manifestation contre le Premier ministre libanais Nawaf Salam, devant le palais du gouvernement à Beyrouth, au Liban, le 10 avril 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP Photo)
Un partisan du Hezbollah brandissant un drapeau à l'effigie du défunt chef du groupe terroriste chiite libanais, Hassan Nasrallah, lors d'une manifestation contre le Premier ministre libanais Nawaf Salam, devant le palais du gouvernement à Beyrouth, au Liban, le 10 avril 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP Photo)

La première rencontre en personne dans le cadre des négociations attendues entre Israël et le Liban aura lieu mardi à Washington, a déclaré vendredi au Times of Israel un responsable américain au fait du dossier, alors que l’administration Trump aurait exercé des pressions sur Jérusalem pour qu’elle entame des pourparlers de paix et réduise ses frappes contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Ces pourparlers, qui se tiendront au Département d’État américain, interviennent alors que la Maison Blanche s’est dite alarmée par l’ampleur de la vague massive de frappes israéliennes au Liban qui a suivi l’annonce du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, mercredi.

En amont de la réunion de la semaine prochaine – qui a été confirmée par la suite par les deux pays – Washington et Beyrouth exercent des pressions sur Israël pour qu’il accepte un cessez-le-feu au Liban, afin de démontrer la volonté de Jérusalem de conclure un accord, selon un article publié vendredi, bien qu’Israël ait insisté pour que les pourparlers se déroulent sous les bombardements.

L’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh, l’ambassadeur d’Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, respectivement à la tête des délégations libanaise, israélienne et américaine, seront présents.

Une réunion téléphonique préparatoire entre les trois responsables a eu lieu vendredi, marquant le tout premier appel entre les ambassadeurs israélien et libanais.

Un communiqué de la présidence libanaise concernant cet appel a indiqué qu’il s’inscrivait dans le cadre des efforts diplomatiques visant à obtenir un cessez-le-feu et à lancer des négociations, ajoutant que les deux parties avaient convenu de tenir la première réunion mardi au Département d’État américain sous la médiation de Washington.

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, s’entretenant avec des journalistes, à Washington, le 22 mai 2025. (Crédit : Rod Lamkey, Jr./AP)

Parallèlement, Leiter a déclaré avoir informé son homologue libanaise qu’Israël n’était pas prêt à cesser les combats contre le Hezbollah, qui a continué à tirer des roquettes sur des localités du nord d’Israël tôt samedi matin, provoquant l’activation des sirènes de défense civile sans faire de blessé.

« Lors de la conversation qui s’est tenue plus tôt dans la journée à Washington entre les ambassadeurs israélien et libanais, en présence de l’ambassadeur américain au Liban et sous les auspices du Département d’État américain, Israël a accepté d’entamer des négociations de paix officielles mardi prochain », a déclaré Leiter dans un communiqué.

« Israël a refusé de discuter d’un cessez-le-feu avec le Hezbollah, qui continue d’attaquer Israël et qui constitue le principal obstacle à la paix entre les deux pays », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a fait aucun commentaire direct sur cette réunion, bien qu’il ait déclaré la veille qu’Israël entamerait des négociations avec le Liban « dès que possible », dans le but de désarmer le Hezbollah et de parvenir à un accord de paix complet entre les deux pays.

Montage photos (de gauche à droite) : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors d’une conférence de presse, à Jérusalem, le 19 mars 2026 ; le Premier ministre libanais Nawaf Salam, au Palais du Gouvernement, à Beyrouth, au Liban, le 22 mai 2025. (Crédits : Shalev Shalom/POOL ; Hassan Ammar/AP)

Selon la chaîne N12, les États-Unis continuent de faire pression sur Israël pour qu’il accepte un cessez-le-feu avant le début des négociations. Ils estiment que celui-ci serait présenté comme une réussite du gouvernement libanais et non comme une victoire de l’Iran, qui a exigé en vain que l’accord de cessez-le-feu conclu avec les États-Unis s’étende au Liban.

Israël n’a pas encore pris de décision à ce sujet, mais certains hauts responsables de Jérusalem se prononcent en faveur d’un cessez-le-feu, car cela reviendrait simplement à revenir aux termes de l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, en vertu duquel l’armée israélienne était autorisée à mener des attaques contre les menaces jugées imminentes du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

De telles frappes ont eu lieu très régulièrement dans le sud du Liban au cours de la dernière année et demie.

De son côté, le Hezbollah a exhorté le gouvernement libanais à rester ferme, son chef, Naïm Qassem, lui demandant de cesser d’accorder des « concessions gratuites » à Israël.

Des manifestants brandissant des drapeaux du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et de l’Iran lors d’une manifestation contre le Premier ministre libanais Nawaf Salam, devant le palais du gouvernement, à Beyrouth, au Liban, le 10 avril 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP)

« Nous n’accepterons pas un retour à la situation antérieure, et nous appelons les responsables à cesser d’offrir des concessions gratuites », a déclaré Qassem dans un message écrit diffusé sur la chaîne de télévision Al-Manar, propriété du groupe terroriste chiite.

Il a également dénoncé la « criminalité sanglante de mercredi », en référence aux frappes majeures menées par Israël.

Des dizaines de partisans du groupe terroriste chiite libanais soutenu par la République islamique d’Iran ont manifesté vendredi devant le bureau du Premier ministre libanais, dans le centre de Beyrouth, qualifiant cette initiative en faveur de négociations de capitulation face à Israël.

« Notre sang a été versé sur cette terre, et notre État conspire contre nous », a déclaré le manifestant Hassan Shuaib.

« Notre État veut nous tuer ; notre État veut nous dépouiller de nos armes. »

Netanyahu et Trump ont eu un échange téléphonique « tendu » jeudi

La déclaration du Premier ministre jeudi annonçant des pourparlers directs avec le Liban est intervenue après un échange téléphonique « tendu » avec le président américain Donald Trump.

Selon un reportage de CNN, le Premier ministre a réalisé à la fin de la conversation qu’il devait exprimer publiquement sa volonté d’entamer des pourparlers de paix avec le Liban, sous peine de voir Trump annoncer unilatéralement un cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

C’était au moins le troisième appel téléphonique entre les deux hommes cette semaine ; mardi, Netanyahu avait profité d’un appel pour convaincre Trump de ne pas inclure le Liban dans le cessez-le-feu avec l’Iran.

Mais Trump a rappelé Netanyahu mercredi pour lui faire part de son inquiétude, après qu’Israël a lancé la plus grande vague de frappes au Liban depuis le début de la guerre, faisant plus de 300 morts, selon le ministère libanais de la Santé.

Ces chiffres sont invérifiables et ne font pas la distinction entre civils et terroristes.

Trump a ensuite déclaré qu’il avait exhorté Netanyahu à mener une campagne plus « discrète » contre le Hezbollah.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se saluant lors d’une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Jeudi, toujours visiblement mécontent, Trump a de nouveau téléphoné à Netanyahu pour discuter du Liban.

Peu après, Netanyahu a annoncé qu’Israël entamerait des pourparlers directs avec le Liban concernant un cessez-le-feu avec le Hezbollah et un accord de paix avec Beyrouth, tout en soulignant que les frappes contre le groupe terroriste soutenu par Téhéran se poursuivraient en parallèle.

Depuis lors, Israël s’est abstenu de frapper Beyrouth pendant plus de 24 heures, bien qu’il ait émis jeudi un avis d’évacuation pour la banlieue sud de la capitale.

La chaîne publique Kan a rapporté vendredi qu’après s’être entretenu avec Trump, Netanyahu avait ordonné que toute frappe visant Beyrouth soit autorisée par lui.

Vendredi, l’armée de l’air israélienne a poursuivi ses frappes contre d’autres cibles du Hezbollah, mais avec une intensité légèrement moindre que les jours précédents. Selon Tsahal, l’armée de l’air a frappé 120 sites du groupe terroriste chiite dans le sud du Liban afin « d’éliminer les menaces » pesant sur les troupes au sol au cours de la journée précédente.

Les médias libanais ont fait état de frappes majeures de Tsahal à Nabatiyeh, dans le sud du Liban, dont l’une a touché un bâtiment gouvernemental, tuant huit membres de l’agence de sécurité de l’État.

L’armée a indiqué avoir pris pour cible des bâtiments utilisés par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah « à des fins militaires » et avoir pris connaissance d’informations faisant état de victimes parmi les forces de sécurité libanaises.

« L’incident fait l’objet d’une enquête », a ajouté Tsahal.

Le Hezbollah a riposté vendredi, blessant grièvement un réserviste de Tsahal et légèrement un autre soldat lors d’une attaque de drone dans le sud du Liban. L’armée a déclaré qu’un drone chargé d’explosifs avait frappé à proximité des troupes et que des éclats d’obus avaient blessé les deux soldats.

Ils ont été transportés à l’hôpital et leurs familles ont été informées, a ajouté Tsahal.

Selon l’armée israélienne, le groupe terroriste a également tiré plus de 50 roquettes sur Israël vendredi. La plupart de ces tirs ont été interceptés ou sont retombés dans des zones inhabitées, mais quelques-uns ont touché des zones peuplées sans être interceptés.

Selon les secouristes, plusieurs impacts de roquettes ont causé des dégâts à Misgav Am, Nahariya, Deir al-Assad et Safed, mais aucun blessé n’a été signalé.

Des civils et des forces de sécurité sur les lieux où une roquette tirée par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah a frappé un parking, à Safed, le 10 avril 2026. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Tsahal affirme avoir éliminé 180 terroristes du Hezbollah lors des frappes de mercredi

Par ailleurs, l’armée a fourni de nouveaux détails sur les frappes à grande échelle menées mercredi à travers le Liban, affirmant avoir éliminé au moins 180 terroristes du Hezbollah.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de 357 morts. Il n’a pas fait de distinction entre civils et terroristes.

Selon l’armée, les frappes ont touché une centaine de sites du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la plaine de la Békaa et à Beyrouth. Tsahal a déclaré que ces frappes avaient été menées sur la base de « renseignements précis et de grande qualité » qui ont permis de « mener des frappes simultanées dans plusieurs zones en l’espace d’une minute seulement ».

Des membres de la défense civile libanaise et des soldats de l’armée participant aux recherches de victimes dans les décombres d’un bâtiment détruit lors d’une frappe aérienne israélienne la veille, dans le centre de Beyrouth, au Liban, le 9 avril 2026. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Ces frappes ont porté « un coup significatif et profond » au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, a affirmé l’armée.

« À la suite d’une première évaluation des renseignements par le Directorat du Renseignement Militaire, il est possible de déterminer que Tsahal a éliminé plus de 180 terroristes du groupe terroriste du Hezbollah », a indiqué l’armée, ajoutant qu’elle continuait à vérifier d’autres décès, ce qui signifie que le bilan pourrait être plus élevé.

Tsahal a déclaré que les cibles comprenaient plus de 45 « quartiers généraux centraux » et 40 autres bâtiments utilisés par le groupe terroriste pour mener des attaques contre Israël, ainsi que d’autres infrastructures appartenant à la direction du Hezbollah.

Rien qu’à Beyrouth, Tsahal a déclaré avoir frappé 35 sites du Hezbollah, dont un quartier général d’urgence de la division du renseignement du groupe terroriste, un quartier général de la force d’élite Radwan et un quartier général de l’unité de missiles du Hezbollah.

Des secouristes évacuant un blessé d’un bâtiment détruit touché par une frappe aérienne israélienne, dans le centre de Beyrouth, au Liban, le 8 avril 2026. (Crédit : Emilio Morenatti/AP)

Dans le sud du Liban, l’armée a déclaré que les frappes avaient touché plusieurs dépôts d’armes. Dans la plaine de la Békaa, Tsahal a également frappé plusieurs quartiers généraux de la force Radwan et de la division du renseignement du Hezbollah.

L’armée a déclaré que la plupart des sites du Hezbollah étaient situés « au cœur d’une population civile, dans le cadre de l’exploitation cynique par le groupe terroriste du Hezbollah des civils libanais comme boucliers humains ».

Tsahal a indiqué avoir pris des mesures pour « minimiser les dommages causés aux civils » lors de ces frappes. Selon les autorités sanitaires libanaises, des femmes et des enfants figuraient parmi les victimes des frappes de mercredi.

Au total, l’armée a éliminé plus de 1 400 terroristes du Hezbollah au Liban depuis le début de l’escalade des hostilités, le 2 mars, a-t-elle affirmé vendredi.

Le ministère libanais de la Santé affirme que les attaques israéliennes ont fait plus de 1 800 morts, sans faire la distinction entre terroristes et civils.

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