Des rabbins du Michigan appellent à protéger les délégués juifs lors de la convention démocrate
La procureure générale juive s'est retirée de l'événement en raison des craintes croissantes d'antisémitisme
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JTA — Des rabbins du Michigan et d’autres personnalités juives ont remis lundi une requête au chef du Parti démocrate de l’État, l’exhortant à « garantir la sécurité » de tous les délégués juifs lors de la prochaine convention du parti. Ils soulignent ainsi leurs inquiétudes face à la montée de l’antisémitisme au sein de la coalition démocrate de l’État.
Cette pétition, qui a recueilli environ 200 signatures, fait suite à l’annonce de la procureure générale du Michigan, Dana Nessel, juive, qui a déclaré qu’elle ne participerait pas à la convention du 29 août par crainte d’être victime de harcèlement.
« Nous estimons que vous devez affirmer clairement et publiquement que toute personne qui harcèlera, interpellera bruyamment ou poursuivra de quelque manière que ce soit des Juifs lors de votre congrès sera arrêtée et poursuivie avec toute la rigueur de la loi », peut-on lire dans la requête remise à Curtis Hertel Jr., le chef du parti de l’État.
Citant les propos de Nessel, la lettre poursuit : « Si les Juifs – y compris la plus haute responsable juive de l’État du Michigan – sont intimidés au point de ne pas se rendre à votre congrès, cela ne s’arrêtera pas là. »
Parmi les responsables religieux ayant signé la lettre au moment de la publication de cet article, on compte cinq rabbins qui dirigent activement des congrégations dans l’État, représentant les courants réformiste, conservateur et humaniste. On y trouve notamment Amy Bigman, de la congrégation Shaarey Zedek à East Lansing, Aaron Starr, de la congrégation Shaarey Zedek à Southfield, en banlieue de Détroit, Nadav Caine, de la congrégation Beth Israel à Ann Arbor, Natalie Shribman, du Temple Kol Ami à West Bloomfield, et Jeffrey Falick, de la Congrégation pour le judaïsme humaniste de la métropole de Détroit, à Farmington Hills.
La grande majorité des signataires venaient de l’extérieur de l’État, notamment Rafael Medoff, directeur du David S. Wyman Institute for Holocaust Studies, qui a organisé et remis la requête à Hertel ; le rabbin Etan Tokayer, président du Rabbinical Council of America, un réseau rabbinique orthodoxe ; l’historien juif et commentateur sioniste Gil Troy ; ainsi que plusieurs autres rabbins et universitaires juifs de tout le pays.
La lettre ne mentionnait pas Abdul El-Sayed, le tout nouveau candidat du Parti démocrate au Sénat américain dans le Michigan. Mais les Juifs démocrates de l’État sont préoccupés par la rhétorique d’El-Sayed, tant sur Israël que sur les questions locales liées à la sécurité des Juifs, notamment ce qu’ils considèrent comme sa réponse équivoque à l’attaque du Temple Israel en mars, à West Bloomfield. Aucun rabbin affilié au Temple Israel n’avait signé la demande adressée à Hertel au moment de la publication de cet article.
El-Sayed, ancien responsable sanitaire du comté, a semblé reconnaître ces inquiétudes lors de son discours de victoire la semaine dernière.
« Mon engagement en faveur de la sécurité des Juifs est le même que celui que j’ai envers la sécurité de mes propres filles », a-t-il assuré.
Un certain nombre de dirigeants juifs démocrates ne sont toutefois pas encore convaincus et estiment que la menace d’antisémitisme au sein du parti s’est largement accentuée avec son ascension.
« Il faut également mettre un terme à l’acceptation ou à la tolérance de l’antisémitisme au sein des cercles démocrates, ce qui exige des mesures concrètes de la part d’El-Sayed, et pas seulement des paroles », a écrit vendredi Halie Soifer, présidente du Jewish Democratic Council of America (JDCA) et originaire du Michigan, dans un communiqué de l’organisation.
Soifer a appelé El-Sayed à « se ranger aux côtés de Nessel et des autres démocrates juifs pour les défendre », soulignant que le JDCA concentrerait sa campagne sur le soutien « aux démocrates qui partagent nos valeurs ».
Elle a ajouté : « Le vote juif est un élément essentiel d’une coalition démocrate victorieuse, y compris au Michigan, et ce n’est pas quelque chose qui peut être considéré comme acquis. »
Selon une enquête démographique menée en 2020 par l’université Brandeis, plus de 100 000 Juifs vivent dans cet État indécis et les deux tiers d’entre eux se déclarent démocrates.
Le Michigan Jewish Democratic Caucus a également récemment déclaré que la campagne d’El-Sayed « doit s’engager à […] rejeter toute rhétorique diabolisant l’identité civique juive ».
Le porte-parole de la campagne d’El-Sayed n’a pas encore répondu à la demande de commentaires de la Jewish Telegraphic Agency concernant Nessel et l’antisémitisme.
Nessel a été prise pour cible par des militants anti-Israël de l’État, qui se sont mobilisés contre ses efforts, finalement infructueux, visant à poursuivre en justice les manifestants ayant établi un campement à l’université du Michigan.
La dernière convention démocrate de l’État, en avril, a été entachée par ce que de nombreux participants juifs ont qualifié d’atmosphère toxique, marquée notamment par la nomination d’un avocat connu pour avoir, sur les réseaux sociaux, fait l’éloge du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et de la complotiste d’extrême-droite Candace Owens sur les réseaux sociaux, sur la liste des candidats au conseil d’administration de l’université du Michigan. Les participants ont également hué la députée pro-Israël Haley Stevens, principale rivale d’El-Sayed lors des primaires. Une troisième candidate, la sénatrice d’État Mallory McMorrow, a affirmé que certains participants avaient adressé des remarques antisémites à son mari juif.
Dans son récent communiqué, Soifer a déclaré que les partisans d’El-Sayed avaient « créé un climat hostile » lors de ce congrès. Le candidat a, quant à lui, affirmé avoir demandé à ses partisans, en avril, de ne huer personne.
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