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Des rabbins sionistes religieux opposés à la conscription d’étudiants dans des unités mixtes

Des responsables de yeshivot, libéraux comme conservateurs, s’inquiètent de la mixité à la suite d’une décision de la Haute Cour ordonnant à l’armée de lancer un programme pilote

Un groupe de soldates participant à un exercice d'entraînement dans le cadre du cours de formation des commandants de chars, sur une photo sans date. (Crédit : Armée israélienne)
Un groupe de soldates participant à un exercice d'entraînement dans le cadre du cours de formation des commandants de chars, sur une photo sans date. (Crédit : Armée israélienne)

Des rabbins sionistes religieux issus de diverses institutions de la communauté ont exprimé leur inquiétude face au projet d’autoriser les femmes à servir aux côtés des hommes dans le Corps blindé de Tsahal, certains allant jusqu’à promettre d’instruire leurs étudiants de ne pas servir dans les chars tant que cette possibilité subsistera.

Cette évolution intervient après une décision rendue plus tôt ce mois-ci par la Haute Cour de justice selon laquelle Tsahal doit lancer d’ici novembre un programme pilote visant à intégrer des femmes dans le Corps blindé, après des retards répétés de la part de l’armée.

Jusqu’à présent, Tsahal prévoyait des équipages de chars non mixtes. Si le nombre de recrues le permet, les sections et les compagnies devraient elles aussi rester séparées. Une compagnie du Corps blindé compte généralement 11 chars.

Ce choix repose en grande partie sur des considérations de pudeur, les membres d’équipage étant parfois contraints d’utiliser des toilettes et d’accomplir d’autres besoins physiologiques dans l’espace confiné du char. Toutefois, hommes et femmes devraient probablement être amenés à servir ensemble au niveau des bataillons et des brigades.

« Il est impossible pour une personne respectant les commandements de la Torah de servir dans un environnement mixte », a déclaré le rabbin Zalman Melamed, directeur de la yeshiva Beit El, située dans l’implantation du même nom en Cisjordanie, selon le site d’information Ynet. « Dans les ‘hautes yeshivot’ sionistes [religieuses], nous avons décidé de ne pas rejoindre le Corps blindé tant qu’il n’y aura pas de décision claire contre [le service mixte]. »

Les « hautes yeshivot » sont des institutions d’étude de la Torah où les hommes peuvent reporter indéfiniment leur service militaire, même si la grande majorité finit par être appelée, parfois à un âge plus avancé et pour une durée plus courte.

Melamed faisait partie des responsables de plusieurs yeshivot, programmes prémilitaires et lycées qui se sont réunis la semaine dernière pour discuter de la question, au domicile du défunt rabbin Chaim Druckman, l’une des principales figures spirituelles de la communauté avant son décès en 2022.

Les rabbins présents représentaient à la fois les courants libéraux et les courants plus conservateurs de la communauté sioniste religieuse.

La salle d’étude de la yeshiva Har Etzion à Alon Shvut, au sud de Jérusalem en Cisjordanie, le 7 décembre 2025. (Crédit : Rossella Tercatin/Times of Israel)

« Nous ne servirons pas dans une unité de terrain où il y a une mixité avec des femmes », a affirmé le rabbin Yaakov Medan, codirecteur de la yeshiva Har Etzion, située dans l’implantation d’Alon Shvut. « Je ne suis pas opposé au service des femmes, mais nous ne servirons pas dans un cadre où une telle mixité est pratiquée. »

De nombreux membres de la communauté sioniste religieuse servent actuellement dans le Corps blindé, ainsi que dans le Corps d’artillerie et dans diverses brigades d’infanterie, dans le cadre du programme des yeshivot hesder.

Les yeshivot hesder permettent aux étudiants de combiner plusieurs années d’étude de la Torah avec un service militaire raccourci, actuellement fixé à 17 mois, contre 30 mois pour les hommes.

Les soldates peuvent déjà servir dans des chars au sein du Corps de défense des frontières de Tsahal, notamment dans une compagnie entièrement féminine du bataillon d’infanterie légère mixte Caracal, qui opère le long de la frontière égyptienne, mais pas dans des opérations en profondeur derrière les lignes ennemies.

Le programme pilote mixte provisoire au sein du Corps blindé, dont les unités sont entraînées à pénétrer profondément en territoire ennemi, devait initialement démarrer en 2024.

Jusqu’ici, Tsahal avait jugé ce programme irréalisable. Son lancement a été reporté à deux reprises pendant la guerre multi-fronts menée par Israël, et Tsahal avait précédemment indiqué qu’il devrait débuter en novembre.

Des soldates manœuvrant un char dans le désert du Néguev, sur une photographie non datée. (Crédit : Armée israélienne)

« Nous faisons partie intégrante de Tsahal, mais nous ne pourrons en aucun cas accepter que nos étudiants et étudiantes servent dans un cadre mixte qui les place dans des situations impossibles, comme celles actuellement proposées au sein du Corps blindé », a déclaré le rabbin Meir Nehorai, enseignant dans un séminaire d’études de la Torah pour femmes Migdal Oz et président de l’organisation orthodoxe libérale Beit Hillel.

Parmi les autres participants à la réunion figuraient le rabbin Yigal Levinstein, codirecteur de la prestigieuse académie prémilitaire Eli, le rabbin Yitzhak Sabato, directeur de la yeshiva Mitzpe Yericho, toutes deux situées en Cisjordanie, et le rabbin Yehuda Gilad, directeur de la yeshiva Maale Gilboa, ancien député du parti sioniste religieux de gauche Meimad, aujourd’hui disparu, au début des années 2000.

« Sur le terrain, en temps de guerre, tout se mélange », a déclaré Levinstein. « Au combat, si une équipe est touchée, les effectifs sont immédiatement réaffectés, et des soldats de combat montent dans le char, y compris des femmes. Que faire dans une telle situation ? »

Le groupe rabbinique modéré Tzohar a également fait part de son opposition aux chars mixtes, appelant l’armée à engager un dialogue avec les responsables des yeshivot hesder et des académies prémilitaires.

« Je comprends parfaitement le désir et le droit des femmes de servir dans l’armée », a déclaré le rabbin Yuval Cherlow, fondateur de Tzohar et directeur de son Centre d’éthique juive, dans un communiqué publié sur X. « Elles et nous, ainsi que Tsahal et nous, ne sommes pas de part et d’autre d’un fossé, nous sommes du même côté. Mais avec des équipages mixtes dans les unités de combat, nous ne pouvons tout simplement pas vivre. »

« Cela va à l’encontre de tout notre mode de vie et de notre vision du monde », a-t-il ajouté. « Que faire alors ? Nous devons trouver une solution qui nous permette à tous de nous battre de la meilleure façon possible, sans recourir à la coercition. Et c’est possible. »

Les femmes occupent déjà divers postes de combat au sein de Tsahal, souvent aux côtés de leurs homologues masculins.

Des soldates du Corps d’artillerie de l’armée israélienne, à la frontière de la bande de Gaza, le 8 décembre 2025. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Les détracteurs de la mixité dans l’armée la dénoncent souvent comme une expérience risquée susceptible d’avoir des répercussions sur la sécurité nationale, tandis que ses partisans y voient une évolution attendue de longue date, alignant Israël sur d’autres pays occidentaux.

L’armée a déjà souligné qu’elle autorisait un plus grand nombre de femmes à servir dans des rôles de combat pour des raisons pratiques, et non dans le cadre d’un programme social progressiste.

Selon des données de Tsahal datant de 2025, près de 8 500 soldates servaient dans des fonctions de combat, soit une augmentation d’environ 240 % par rapport à 2015. En 2025, les femmes représentaient 21,2 % des troupes de combat.

Des soldates ont participé directement aux combats pour repousser le groupe terroriste palestinien du Hamas lorsqu’il a envahi le sud du pays pour y perpétrer un pogrom le 7 octobre 2023. Une compagnie de chars entièrement féminine a notamment combattu pendant des heures, tuant des dizaines de terroristes le long de la frontière et dans les localités attaquées par le groupe terroriste.

Les actions des soldates de combat lors de l’attaque du 7-Octobre et de la guerre qui s’en est suivie semblent avoir considérablement renforcé les arguments en faveur d’une intégration accrue des femmes dans les rôles de combat, ainsi que le taux de participation élevé parmi les femmes appelées sous les drapeaux.

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