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Des résidents d’avant-poste remettent à la police un Britannique pour un “acte indécent” présumé

Une vidéo de l'incident survenu à Umm al-Kheir montre Finn Joughin tentant de bloquer physiquement le passage d'un enfant, avant d'être emmené par des hommes armés ; la police confirme qu'il est en garde à vue

Un militant britannique après avoir été interpellé à la suite d'affrontements avec des résidents d'implantation, dans le sud de la Cisjordanie, le 29 août 2026. (Crédit : Capture d'écran : X/That’s How It Works)
Un militant britannique après avoir été interpellé à la suite d'affrontements avec des résidents d'implantation, dans le sud de la Cisjordanie, le 29 août 2026. (Crédit : Capture d'écran : X/That’s How It Works)

Samedi, des résidents d’avant-poste armés ont arrêté un militant britannique en Cisjordanie et l’ont remis à la police après l’avoir accusé d’avoir agressé un mineur, alors que d’autres militants accusaient ces mêmes résidents d’avoir enlevé cet homme.

Le militant, identifié comme étant Finn Joughin, se trouvait dans le village d’Umm al-Kheir, au sud de la Cisjordanie, pour tenter de protéger les habitants face aux attaques répétées des résidents d’implantation qui ont établi des avant-postes illégaux sur les collines voisines. Cette action bénévole, connue sous le nom de « présence protectrice », est de plus en plus courante en Cisjordanie, où les violences commises par les résidents d’implantation se produisent presque quotidiennement dans une impunité quasi totale.

Sur les images de l’incident, on voit Joughin s’agripper à une clôture, à côté d’un panneau en arabe indiquant « Bienvenue à Khirbet Umm al-Kheir », et se coller contre un enfant, dans le but manifeste de l’empêcher de passer.

Selon Nadav Weiman, du groupe de gauche « Breaking the Silence », « des enfants de résidents de l’avant-poste ont volé un ballon à des enfants palestiniens [à Umm al-Khair], puis ont appelé des adultes armés [sur les lieux], et ceux-ci ont enlevé le militant ».

Une vidéo tournée par la suite montre des résidents d’avant-poste armés maîtrisant physiquement Joughin et l’emmenant de force, vraisemblablement vers l’avant-poste illégal où vivent les résidents impliqués dans l’incident.

Une autre séquence montre le militant allongé sur un matelas à l’intérieur d’un bâtiment, tandis qu’un homme parlant en hébreu le traite d’anarchiste et de pédophile. Cet homme a qualifié les enfants visibles dans la vidéo de résidents de Barkan, un avant-poste illégal situé dans la région d’Umm al-Kheir.

Selon la police israélienne, Joughin a été interpellé par le chef de l’équipe de sécurité de « l’une des implantations adjacentes à Maon », une implantation reconnue située au sud de Hébron, ce qui indique que les Israéliens impliqués dans l’incident étaient des résidents d’un avant-poste illégal de la région.

Il a été interpellé pour « soupçon d’acte indécent à l’encontre d’un mineur », a déclaré la police samedi soir en réponse à une demande de renseignements.

« Le suspect a été transféré pour être interrogé ; l’interrogatoire n’en est encore qu’à ses débuts », a précisé la police.

Avant que Joughin ne soit remis à la police, le député Gilad Kariv (Les Démocrates) a appelé Tsahal à retrouver et à secourir le militant, dont on était sans nouvelles et que l’on n’avait pas vu depuis plus d’une heure au moment de la publication du message.

« Une fois que vous l’aurez localisé, arrêtez les ravisseurs », a écrit Kariv sur le réseau social X.

« L’anarchie et la violence sévissent dans la zone placée sous votre responsabilité directe. Ces images constituent une preuve supplémentaire de l’effondrement total de l’État de droit dans les territoires », a-t-il ajouté.

L’armée israélienne, qui n’était pas impliquée dans l’incident, n’a pas fait de commentaire.

La police a indiqué que le militant britannique avait été arrêté à l’issue d’un interrogatoire.

Joughin a été interpellé par le chef d’une brigade de sécurité « d’une des implantations situées près de Maon, soupçonné d’avoir commis un acte indécent à l’encontre d’un mineur », a précisé la police, soulignant que cela allait « à l’encontre des allégations infondées faisant état d’un enlèvement ».

Selon des images filmées par des Israéliens, l’implantation dont le chef de la sécurité a interpellé le militant est Barkai, une extension illégale de l’implantation reconnue de Maon, située dans la région de Hébron.

L’interrogatoire du ressortissant britannique « a notamment consisté à recueillir des témoignages laissant présumer un cas d’agression sur mineur », a déclaré la police en réponse à une demande de renseignements.

« Le suspect a été arrêté à l’issue de son interrogatoire et l’enquête sur cette affaire se poursuit. »

Un militant identifié comme étant Finn Joughin utilisant son corps pour tenter d’empêcher des enfants israéliens de franchir la barrière et de pénétrer dans la localité d’Umm al-Kheir, dans le sud de la Cisjordanie, le 30 août 2026. (Crédit : capture d’écran d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux)

Cet incident s’est produit alors que des résidents d’implantation menaient samedi des attaques violentes à travers la Cisjordanie, blessant plusieurs Palestiniens ainsi qu’une équipe de journalistes étrangers, et allant même jusqu’à s’emparer d’une maison palestinienne dans le village de Qusra alors que la famille se trouvait à l’intérieur.

Les attaques de samedi ont suscité une condamnation inhabituelle de la part du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a dénoncé la « violence criminelle », tout en minimisant l’incident en le qualifiant d’acte commis par une « poignée d’émeutiers », et en soulignant qu’il ne reflétait pas l’opinion générale des résidents d’implantation.

La violence des résidents d’implantation a connu une recrudescence ces derniers mois, avec des attaques et des actes de harcèlement quotidiens. Les poursuites judiciaires sont rares, et les détracteurs accusent l’armée israélienne et le gouvernement Netanyahu de tolérer, voire d’encourager, cette violence.

L’officier le plus haut gradé de Tsahal en Cisjordanie aurait averti lundi, lors d’une réunion à huis clos consacrée à l’évaluation de la sécurité, que la montée des violences commises par les résidents d’implantation risquait de déclencher une escalade plus large dans la région.

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