Deux leaders arabes condamnés pour des slogans lors d’une manifestation anti-guerre à Gaza
Adalah, un groupe de défense juridique des citoyens arabes d’Israël, a affirmé que la procédure constituait une "poursuite sans précédent de propos protégés", criminalisant des "protestations politiques légitimes" de la part d'une minorité
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Le tribunal de première instance de Haïfa a condamné, jeudi, deux leaders de la communauté arabe israélienne pour incitation « indirecte » au terrorisme et pour identification à un groupe terroriste en raison des slogans qu’ils avaient scandés lors d’une manifestation contre la guerre à Gaza.
Ahmad Khalifa et Mohammad Taher Jabareen avaient tous les deux été arrêtés aux côtés d’autres manifestants lors du mouvement de protestation, qui s’était déroulé à Umm al-Fahm, au cours du premier mois des combats.
Les deux hommes avaient été mis en examen pour plusieurs délits de propos en lien avec le terrorisme. Ils avaient été accusés d’incitation directe au terrorisme – mais ils n’ont pas été condamnés pour cette charge.
Adalah, un groupe de défense juridique des citoyens arabes d’Israël, a affirmé que la procédure judiciaire constituait une « poursuite sans précédent de propos protégés » avec pour objectif de criminaliser des « protestations politiques légitimes » de la part d’une minorité.
L’organisation, qui a représenté les deux hommes, a soutenu qu’aucun des slogans scandés par ses clients n’avait contenu d’appels à la violence ni de références à des groupes terroristes.
Les accusations ont reposé sur « des slogans politiques traditionnels et bien établis qui ont été scandés pendant la manifestation et non sur un acte concret », a précisé le groupe.
Parmi les slogans mis en cause, « par l’esprit et par le sang, nous te rachetons, ô Gaza ».
Le tribunal a estimé que l’ensemble des slogans qui avaient été scandés peu après le pogrom qui avait été commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, avait constitué une incitation indirecte au terrorisme.
La peine maximale pour cette infraction est de cinq ans de prison alors que la peine maximale pour affiliation à une organisation terroriste est de trois ans d’emprisonnement.
Adalah, contestant cette décision, a souligné que la manifestation s’était déroulée dans un contexte spécifique, à la suite d’une frappe dévastatrice qui avait visé l’hôpital Al-Ahli Arab, au début de la guerre.
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