Dix nouvelles Stolpersteine scellées à Épinal en mémoire des victimes de la Shoah
Installées devant le dernier domicile des victimes du nazisme, les Stolpersteine, ces « pierres de mémoire » présentes dans toute l’Europe, rendent visibles les destins brisés par la Shoah et perpétuent le devoir de mémoire
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À Épinal, lundi 5 mai, dix nouvelles pierres de mémoire, appelées Stolpersteine, ont été scellées devant les anciens domiciles de victimes de la déportation nazie lors d’une cérémonie empreinte d’émotion.
Parmi les personnalités présentes figuraient le maire d’Épinal, Benoît Jourdain, ainsi qu’Alain Cerf, président de la branche lorraine de l’association Stolpersteine. Des enseignants, des élèves ainsi que de nombreux habitants sont également venus rendre hommage aux victimes.
La cérémonie a été ponctuée de prises de parole, de lectures et de temps de silence. Une bougie mémorielle ainsi que six autres bougies symbolisant les six millions de victimes de la Shoah ont été allumées, tandis que la Marseillaise était interprétée. Un kaddish a également été récité.
Ces dix nouveaux pavés commémoratifs viennent compléter une première série installée auparavant dans la cité spinalienne.
Les Stolpersteine, littéralement « pierres sur lesquelles on trébuche », sont disposées devant le dernier lieu de vie connu des victimes du nazisme. Chacune porte le nom d’une personne déportée ainsi que les circonstances de sa disparition.
À travers cette démarche, ce sont des destins longtemps invisibilisés qui réapparaissent dans l’espace public. Les nouvelles pierres honorent notamment Estera Silska, épouse Abramowicz ; Joseph Salmon Lévy ; Élie Blitz, Dolfi Borger, épouse Blitz, et Armand Blitz ; la famille Herbstmann ; ainsi que Maurice Perkal.
Prenant la parole, Alain Cerf a rappelé le sens universel de cette initiative : « Ce n’est en aucun cas une cérémonie juive. Il s’agit de rendre hommage et de restituer la mémoire des victimes invisibilisées des camps de mise à mort nazis. » Reprenant l’esprit du projet initié par l’artiste allemand Gunter Demnig, il a ajouté : « Je ne pose pas un pavé, je pose une histoire. »
Aujourd’hui, plus de 120 000 Stolpersteine ont été installées à travers l’Europe. Ces pierres de mémoire rappellent que derrière chaque nom se cache une vie, une famille et une histoire brutalement interrompue. Elles témoignent aussi de la volonté de transmettre cette mémoire aux générations futures, dans un contexte où les témoins directs de la Shoah disparaissent progressivement.
Pour les organisateurs, ces pavés constituent bien plus qu’un hommage : ils sont une manière de redonner une identité à celles et ceux dont les noms n’apparaissent souvent sur aucun monument officiel, tout en rappelant, selon les mots d’Alain Cerf, que « ces gens sont morts pour la France ».
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