Downing Street a fait « pression » pour accélérer la nomination de Mandelson – ex-haut fonctionnaire
"Keir Starmer a reconnu avoir 'fait une erreur de jugement' lors du choix de son ambassadeur à Washington", a pour sa part écrit Donald Trump qui semble lui venir en aide malgré de sérieux désaccords
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Limogé par le Premier ministre britannique Keir Starmer dans le dernier rebondissement de l’affaire Peter Mandelson, un haut fonctionnaire du Foreign Office a décrit mardi « la pression » de Downing Street au moment de la nomination de l’ex-ministre comme ambassadeur aux États-Unis.
Olly Robbins, diplomate en chef du Foreign Office depuis début 2025, a été démis de ses fonctions jeudi, après des révélations publiées par The Guardian.
Selon le journal, le ministère des Affaires étrangères a accordé une habilitation de sécurité à Mandelson en janvier 2025, malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents.
Mandelson a été limogé en septembre dernier, après la révélation de nouveaux éléments concernant ses liens avec le financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, mort en détention en 2019.
Lundi, Starmer s’est expliqué devant la Chambre des communes, où il a reconnu avoir commis une « erreur de jugement » en nommant cette figure controversée du Labour comme ambassadeur à Washington.
Le Premier ministre, confronté à des appels à la démission de la part de l’opposition, a toutefois nié avoir dupé le Parlement, assurant que des « responsables au ministère des Affaires étrangères » lui avaient caché l’avis défavorable du service de vérification.
Mardi, devant une commission parlementaire, Robbins a évoqué « la pression constante » exercée par Downing Street sur le Foreign Office pour que ce dernier donne rapidement son feu vert à la nomination de Mandelson.
L’objectif était clair : que Mandelson prenne son poste à Washington « le plus vite possible », a-t-il dit, afin que cela puisse coïncider avec l’investiture de Donald Trump le 20 janvier 2025. L’ancien commissaire européen a finalement pris ses fonctions à Washington, un poste hautement stratégique, trois semaines plus tard.
Starmer « avait annoncé que Mandelson était son candidat » et « l’agrément des [États-Unis] avait été obtenu avant ma prise de fonction », a rappelé Robbins.
Il a indiqué avoir été « informé » par le service chargé de contrôler les antécédents de Mandelson que celui-ci était perçu comme « un cas limite » et que « la recommandation penchait plutôt dans le sens du refus de son habilitation ».
« On m’a également dit que ces risques n’étaient pas liés à la relation de Mandelson avec Jeffrey Epstein », a-t-il déclaré, sans donner plus de détails. Les médias britanniques évoquent des risques liés aux liens de Mandelson avec la Chine via son cabinet de conseil.
Le président américain Donald Trump a estimé mardi sur son réseau Truth Social que Peter Mandelson avait été un « mauvais choix ».
« Le Premier ministre britannique Keir Starmer a reconnu avoir ‘fait une erreur de jugement’ lors du choix de son ambassadeur à Washington. Je suis d’accord, c’était vraiment un mauvais choix », a-t-il déclaré.
« Mais il reste encore beaucoup de temps pour redresser la barre », a-t-il ajouté, semblant se montrer encourageant à l’égard du Premier ministre travailliste, qu’il n’a pourtant pas manqué de critiquer ces dernières semaines.
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