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Eli Sharabi met en garde sur les « terribles » propos des élus sur les gardiens de la loi

L'ex-otage affirme que les élus porteront la responsabilité si quelqu'un "se fait justice" ; n'ayant pas complètement réintégré la communauté de Beeri, il a déménagé à Hod HaSharon

L'ancien otage Eli Sharabi, photographié à Herzliya le 20 octobre 2025. (Crédit : Fadel Senna/AFP)
L'ancien otage Eli Sharabi, photographié à Herzliya le 20 octobre 2025. (Crédit : Fadel Senna/AFP)

L’ancien otage Eli Sharabi a mis en garde contre les discours violents de certains élus à l’encontre de personnalités juridiques de premier plan, et a déclaré que les politiciens seraient responsables si un membre de la population venait à « se faire justice lui-même ».

« Je pense que nos dirigeants ont recours à un discours violent », a déclaré Sharabi dans une interview diffusée samedi sur la chaîne N12, précisant qu’il faisait référence aux élus.

« Je pense qu’ils oublient un instant que les gens les regardent et les écoutent, et que leurs propos peuvent être très problématiques, notamment envers la procureure générale et le président de la Cour suprême. »

« Ce sont des choses qui n’ont jamais été dites auparavant, ce sont des choses terribles », a-t-il ajouté, faisant référence aux récentes attaques verbales à l’encontre des magistrats, souvent considérés comme les gardiens de la démocratie.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a promis « d’écraser » le président de la Cour suprême, Isaac Amit, qu’il a qualifié de « mégalomane violent ». La procureure générale, Gali Baharav-Miara, est fréquemment prise pour cible par certains membres du gouvernement du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui tente, sans succès, de la limoger depuis des mois.

Sharabi, qui a témoigné de ses expériences à travers le monde, a déclaré qu’il avertissait les dirigeants étrangers qu’ils seraient responsables en cas d’attaques contre des Juifs dans leur pays, et qu’il adressait le même avertissement aux députés israéliens.

Montage photos (de gauche à droite) : Le président de la Cour suprême Isaac Amit ; la procureure générale, Gali Baharav-Miara. (Crédits :Yonatan Sindel/Flash90 ; Oren Ben Hakoon/Flash90)

« Je dis la même chose à nos élus », a-t-il souligné.

« Si quelqu’un se fait justice à cause de ses propos, alors il a une très grande responsabilité et doit faire preuve de prudence. »

L’ancien otage faisait spécifiquement référence au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

« Il doit faire attention à ses propos. Il y a des gens qui ont voté pour lui, qui croient en lui et qui sont influencés par ses paroles. Il est donc très important d’être prudent », a souligné Sharabi.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, assistant à une réunion de la commission de la Sécurité nationale, à la Knesset, le 31 décembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Plusieurs anciens otages ont indiqué que les propos de Ben Gvir, qui se félicitait d’avoir contribué à dégrader considérablement les conditions de détention des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, avaient incité le groupe terroriste palestinien du Hamas à aggraver le traitement réservé aux otages israéliens à Gaza.

Sharabi, qui ne pesait que 44 kilos lorsqu’il a été relâché des geôles du Hamas, a décrit en février dernier les mauvais traitements et la privation de nourriture qui se sont aggravés à Gaza à la suite des déclarations de certains responsables politiques.

Il n’est pas encore rentré chez lui

L’ancien otage a expliqué qu’il n’était pas encore complètement réintégré dans la communauté du kibboutz Beeri depuis son retour de Gaza, en février, après 491 jours de captivité.

Les terroristes du Hamas, dirigés par l’organisation, ont assassiné son épouse, Lianne, et leurs filles, Noiya, 16 ans, et Yahel, 13 ans, lors de leur assaut barbare et sanglant du 7-Octobre. Ce n’est qu’après sa libération qu’il a appris que sa famille avait été tuée dans leur maison du kibboutz Beeri.

Son frère, Yossi, a également été enlevé et tué à Gaza.

« Depuis ma libération, je ne suis pas vraiment retourné participer à la vie de la communauté, je me sens incapable de le faire », a déclaré Sharabi.

Sharabi a indiqué qu’il venait de déménager à Hod HaSharon, dans le centre d’Israël.

Eli Sharabi a été pris en otage le 7 octobre 2023 par des terroristes du Hamas, tandis que sa femme Lianne et leurs deux filles, Noiya et Yahel, ont été tuées. (Crédit : Autorisation)

« J’ai récemment commencé à assister à des funérailles et à m’intéresser un peu à Beeri, mais je ne suis même pas encore rentré chez moi », a-t-il ajouté.

« Ma maison fait partie de celles qui peuvent être préservées, qui n’ont pas brûlé. Je n’ai vraiment pas d’avis sur la question de savoir si elle doit être préservée. »

Le mois dernier, Beeri a annoncé que toutes les maisons endommagées dans les deux quartiers les plus touchés du kibboutz, situés près de la frontière avec Gaza, seraient démolies, à l’exception d’une seule maison qui restera en mémoire de la destruction et du bain de sang causés par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Quelques jours après ce vote, le bureau du ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, a indiqué qu’il envisageait de classer certaines maisons du kibboutz comme sites du patrimoine national.

Un terroriste du Hamas dans un sac mortuaire, dans le kibboutz Beeri, le 11 octobre 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Le 7 octobre 2023, 101 civils et 31 membres des forces de sécurité ont été tués à Beeri, une communauté d’environ 1 000 habitants, et 30 autres habitants ainsi que deux civils ont été pris en otage par les terroristes du Hamas. Plusieurs dizaines de maisons de la communauté ont été endommagées, voire détruites, au cours des combats.

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