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En 2006, Trump a dit au chef de la police : « Tout le monde savait » pour Epstein – FBI

Selon le compte-rendu de l'entretien mené en 2019 par Michael Reiter, l'actuel président, qui a affirmé maintes fois ne rien savoir des crimes d'Epstein, avait dit : "Dieu merci, vous l'arrêtez"

Le financier déchu Jeffrey Epstein (à gauche) en compagnie de l'actuel président américain Donald Trump, dans un lieu non identifié, sur photo non datée, publiée le 30 janvier 2026 dans le cadre du dossier Epstein. (Crédit : Département américain de la Justice/AFP)
Le financier déchu Jeffrey Epstein (à gauche) en compagnie de l'actuel président américain Donald Trump, dans un lieu non identifié, sur photo non datée, publiée le 30 janvier 2026 dans le cadre du dossier Epstein. (Crédit : Département américain de la Justice/AFP)

Une nouvelle interview du FBI a soulevé de nouvelles questions concernant l’affirmation du président américain, Donald Trump, selon laquelle il ignorait les crimes commis par Jeffrey Epstein, un criminel sexuel condamné. Mardi, son secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a dû répondre à une avalanche de questions des législateurs concernant ses propres liens avec le financier déchu.

Ces événements ont souligné à quel point les retombées du scandale Epstein constituent un véritable casse-tête politique pour l’administration Trump, plusieurs semaines après la publication par le ministère américain de la Justice de millions de documents liés à Epstein, conformément à une loi bipartisane.

Ces documents ont également provoqué des remous à l’étranger, révélant de nouveaux détails sur les liens d’Epstein avec des personnalités du monde de la politique, de la finance, des affaires et de l’université.

En juillet 2006, alors que les premières accusations de crimes sexuels visant Epstein étaient rendues publiques, le chef de la police de Palm Beach, en Floride, avait reçu un appel de Trump, comme le révèle un compte-rendu d’entretien mené en 2019 par le FBI avec le chef de la police, qui figurait parmi les dossiers.

Le chef de la police, Michael Reiter, a rapporté que Trump lui avait dit : « Dieu merci, vous l’arrêtez, tout le monde savait qu’il faisait ça. »

Selon le compte-rendu, Trump a déclaré à Reiter que les New-Yorkais connaissaient Epstein et a ajouté que Ghislaine Maxwell, la complice d’Epstein, était « maléfique ».

Ghislaine Maxwell témoignant par vidéoconférence devant la commission de Surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis, le 9 février 2026. (Crédit : Capture d’écran vidéo/X)

Le président a également raconté qu’il s’était déjà retrouvé en compagnie d’Epstein en présence d’adolescentes et qu’il avait « pris ses jambes à son cou ».

Reiter, qui a pris sa retraite en 2009, a confirmé les détails de cet entretien au Miami Herald, le premier média à avoir révélé son existence.

Interrogé sur cette conversation, le ministère américain de la Justice a déclaré : « Nous n’avons connaissance d’aucune preuve corroborant le fait que le président ait contacté les forces de l’ordre il y a vingt ans. »

Selon Trump, il était ami avec Epstein depuis des années, mais ils se sont brouillés avant la première arrestation de ce dernier. Le président a répété à plusieurs reprises qu’il n’était pas au courant des crimes d’Epstein.

Mardi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré aux journalistes que Trump avait été « honnête et transparent » au sujet de la fin de sa relation avec Epstein.

« Il s’agissait peut-être d’un appel téléphonique en 2006 », a-t-elle déclaré.

« J’ignore la réponse à cette question. »

Lutnick interrogé lors d’une audience au Sénat

Mardi, lors d’une audition devant le Sénat, Lutnick a cherché à se distancier d’Epstein.

Les dossiers du ministère américain de la Justice comprenaient toutefois des courriels montrant que Lutnick avait visité l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes pour déjeuner en 2012, soit sept ans après avoir prétendu avoir rompu tout lien avec lui.

Ces révélations ont incité les républicains et les démocrates à exiger sa démission.

Lutnick a déclaré aux sénateurs que les deux hommes ne s’étaient rencontrés que trois fois en quatorze ans, et que ce déjeuner, auquel sa famille avait participé, avait simplement eu lieu parce qu’il se trouvait sur un bateau à proximité de l’île d’Epstein, dans les îles Vierges américaines.

Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, écoutant pendant un événement avec le président américain Donald Trump, dans le bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 2 février 2026 (Crédit : Alex Brandon/AP Photo)

« Mon épouse et moi-même savons que je n’ai absolument rien fait de mal à aucun égard », a déclaré Lutnick lors de son audition.

Cependant, ces courriels contredisent les déclarations précédentes de Lutnick, qui avait juré en 2005 de ne plus jamais revoir Epstein, son voisin à l’époque, après que ce dernier lui a montré une table de massage dans sa maison et lui a fait des remarques à connotation sexuelle.

Le représentant républicain Tom Massie a déclaré dimanche à CNN que Lutnick devrait « faciliter la vie du président, franchement, et simplement démissionner ».

Leavitt a déclaré mardi aux journalistes à la Maison Blanche que Trump « soutenait pleinement » Lutnick.

De gauche à droite, Sigrid McCawley, avocate des survivantes de Jeffrey Epstein, Danielle Bensky et Sharlene Rochard, toutes deux victimes d’Epstein, et Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat, annonçant un projet de loi visant à supprimer la prescription pour les trafiquants sexuels, au Capitole, à Washington, le 10 février 2026. (Crédit : J. Scott Applewhite/AP Photo)

Les démocrates du Congrès ont également présenté mardi un projet de loi visant à faciliter les poursuites judiciaires des victimes adultes de trafic sexuel contre leurs agresseurs, même plusieurs années après les faits.

Le chef de file démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer, et la représentante Teresa Leger Fernandez, l’ont annoncé aux côtés des victimes d’Epstein et de la famille de Virginia Giuffre.

Intitulée « Virginia’s Law », cette proposition de loi tire son nom de Virginia Giuffre, l’une des accusatrices les plus médiatisées d’Epstein, qui s’est suicidée l’an dernier.

Epstein a été retrouvé mort dans une cellule de prison à New York en 2019 alors qu’il attendait son procès. Bien que sa mort ait été officiellement qualifiée de suicide, elle a donné lieu à des années de théories du complot, dont certaines ont été amplifiées par Trump lui-même auprès de ses partisans pendant sa campagne présidentielle de 2024.

Maxwell, qui purge une peine de vingt ans de prison pour avoir aidé Epstein à abuser d’adolescentes, a comparu lundi devant la commission de Surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis, mais a refusé de répondre à toute question et a exigé une grâce de Trump.

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