En Angleterre, premières arrestations pour avoir scandé des slogans appelant à « l’intifada »
"Des actes de violence ont eu lieu, le contexte a changé, les mots ont un sens et des conséquences", ont déclaré les chefs de la police de Londres et de Manchester
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La police britannique a procédé mercredi à de premières arrestations après avoir annoncé qu’elle interpellerait les personnes scandant des slogans appelant à « mondialiser l’Intifada », un changement motivé par l’attaque de Bondi Beach en Australie.
La police métropolitaine de Londres a indiqué que deux personnes « qui criaient des slogans appelant à l’Intifada ont été arrêtées pour atteinte à l’ordre public aggravée par des motifs racistes » lors d’une manifestation pro-palestinienne dans la capitale britannique.
Les policiers ont également arrêté une troisième personne pour avoir fait obstruction aux arrestations, a ajouté la police.
Ces interpellations sont intervenues quelques heures après que la police métropolitaine de Londres et la police de la ville de Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre, eurent annoncé qu’elles seraient « plus fermes » dans le maintien de l’ordre lors de telles manifestations afin de lutter contre l’antisémitisme et l’incitation à la violence par le biais de slogans.
Mark Rowley, chef de la police de Londres, et son homologue mancunien Stephen Watson avaient annoncé que ceux qui scanderont « Mondialisons l’intifada » – en référence aux soulèvements palestiniens meurtriers en 1987-1993 puis au début des années 2000 -, ou brandiront des pancartes avec ce slogan seront arrêtées.
« Des actes de violence ont eu lieu, le contexte a changé, les mots ont un sens et des conséquences », ont-ils déclaré.
Début octobre, une synagogue de Manchester (nord de l’Angleterre) a été visée par une attaque, dans laquelle deux fidèles juifs sont morts, le jour de la fête de Yom Kippour.
La police britannique a renforcé les patrouilles et mesures de sécurité autour des synagogues, des écoles ou des lieux communautaires juifs depuis l’attentat sur la plage de Bondi à Sydney, qui a fait 15 morts dimanche pendant la fête juive de Hanouka.
La décision de la police britannique intervient après des déclarations du grand rabbin, Ephraim Mirvis, qui a jugé ce type de slogans « illégaux » et a appelé à clarifier les règles.
Ben Jamal, directeur de l’organisation Palestine Solidarity Campaign, qui a organisé des dizaines de rassemblements contre la guerre à Gaza, a regretté que l’attaque de Bondi serve à justifier la « répression politique des manifestations en faveur des droits des Palestiniens ».
Le chef de la police de Londres avait récemment fait part de sa « frustration » à propos de la législation sur les discours de haine, regrettant de ne pas pouvoir interpeller des manifestants chantant « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre » (« From the river to the sea, Palestine will be free »), une formule interprétée par certains comme une volonté d’éradiquer l’Etat d’Israël.
Ces slogans ne remplissent pas les critères de poursuite, avait dit le parquet anglais. L’un de ses responsables, Lionel Idan, a assuré que ses services coopéraient avec le gouvernement pour « identifier les domaines dans lesquels la loi peut être renforcée pour améliorer notre capacité à poursuivre ces actes de haine, dissuader les auteurs et rendre justice aux victimes ».
Mercredi, la communauté juive de Sydney a rendu hommage au rabbin Eli Schlanger, né au Royaume-Uni, première victime de l’attentat à être enterrée.
Naveed Akram, l’un des deux auteurs présumés de l’attentat de Sydney, a été inculpé pour terrorisme et quinze meurtres, trois jours après le pire massacre en Australie depuis des décennies.
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