En ces temps complexes, Piris Eliyahu trouve l’harmonie dans une nouvelle œuvre musicale
L'artiste dévoile sa nouvelle composition pour formation en trio, composée de son épouse, la pianiste Larissa Eliyahu, et du contrebassiste Daniel Avrin
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Le compositeur et novateur musical, Piris Eliyahu, s’apprête à dévoiler sa dernière création, « Advat » (Ondulations), une œuvre où l’Orient rencontre l’Occident dans un spectacle familial intimiste.
La nouvelle performance, dont la première aura lieu le 21 août à la Maison de la Confédération, à Jérusalem, sous la direction d’Effie Benaya, et mettra en vedette son épouse, la pianiste Larissa Eliyahu, ainsi que le contrebassiste Daniel Avrin.
S’inspirant du maqam, un système oriental de gammes musicales qui exprime la puissance ou la lutte entre les forces, Eliyahu le met en contraste avec une ballade réconfortante.
« En tant qu’artiste dans cette période compliquée, une composition est une sorte de bulletin scolaire qui rend compte de ce qui se passe en moi, autour de moi et dans la société dans laquelle je vis », explique Eliyahu, âgé de 65 ans, qui compose depuis l’âge de 15 ans.
« Je réagis à ce qui se passe dans la société et je l’intègre dans mon travail. »
Eliyahu est considéré comme l’un des plus grands musiciens israéliens travaillant à la croisée de l’Orient et de l’Occident. Sa musique reflète un langage en constante évolution qu’il qualifie de « post-Orient et post-Occident ».
"אדוות" – מופע על התפר בין מזרח למערב, בין סערה לשקט, ב 21.8 בבית הקונפדרציה בירושלים:https://www.confederationhouse.org/page_20422?bsp=65694
Posted by פרץ אליהו – Piris Eliyahu on Friday, August 8, 2025
C’est sa méthode de composition musicale, et c’est ainsi qu’il a enseigné à son fils, Mark Eliyahu, joueur de kamancheh, de saz et de violon, mieux connu du grand public comme compositeur de la musique du générique de la série télévisée primée « Tehran ».
« C’est le travail d’un musicien dans des moments comme ceux-ci », a déclaré Eliyahu.
« Nous pensions que les gens n’iraient pas voir de spectacles pendant la guerre. Mais ils viennent. C’est le seul endroit où les mots et les sentiments peuvent vraiment s’exprimer. Ils en ont besoin. »
Eliyahu a évoqué le plaisir de travailler en étroite collaboration avec les membres de sa famille.
Il a enseigné à Mark comment jouer des instruments de musique traditionnels des Balkans et a longtemps joué dans ses formations musicales.
« Nous sommes collègues et amis depuis de nombreuses années », a-t-il déclaré.
« J’ai essayé d’être un père sévère, mais j’ai finalement choisi d’être un ami. »
Eliyahu a grandi à Derbent, au Daghestan, une république russe située dans la région du Caucase du Nord. Il a rencontré Larissa à l’Académie de musique de Rostov, en Russie, alors qu’ils étaient adolescents. Le couple a toujours fait de la musique ensemble, jouant à quatre mains au piano, travaillant Haydn et Mozart chez eux.
« Nous jouons ensemble depuis que j’ai 17 ans », a déclaré Eliyahu.
C’est Larissa qui a été la professeure de musique bienveillante de leur fils, obligeant Mark à pratiquer le violon et s’asseyant à ses côtés pendant qu’il révisait ses gammes et ses notes. Eliyahu a commencé à lui enseigner comment jouer d’autres instruments plus anciens du Moyen-Orient après sa bar mitzvah.
Depuis que la famille s’est installée en Israël en 1989, Eliyahu s’est principalement consacré à la musique orientale, tandis que Larissa est restée fidèle à la tradition musicale occidentale.
C’est pendant la pandémie de coronavirus qu’Eliyahu a commencé à composer pour lui-même et Larissa, pour piano, tar et contrebasse, et qu’ils ont commencé à jouer en trio avec Daniel Avrin.
« Au lieu de regarder la télévision [pendant la pandémie], nous avons commencé à jouer », a déclaré Eliyahu.
Composer et jouer avec son épouse est « un immense plaisir », dit-il.
« Larissa est une personne très douce. Je me suis habitué à l’industrie musicale, aux musiciens et à l’intensité de tout cela. Ici, c’est beaucoup plus doux. Il faut réfléchir à chaque mot que l’on utilise, on ne veut pas être trop critique. »
Jouer ensemble signifie qu’ils répètent tous les jours.
« Nous sommes mariés et amis depuis notre adolescence, et cette relation porte aujourd’hui ses fruits. »
« C’est un processus intime que nous avons créé ensemble et que nous partageons avec le public. »
Le lien avec le contrebassiste Daniel est également plus profond : son père, le percussionniste Roni Avrin, joue dans le groupe de Mark.
« Tout le processus est sincère, doux et authentique », a déclaré Eliyahu.
« Ce n’est pas juste un spectacle. »
Le trio présentera « Advat » en première à la Maison de la Confédération, à Jérusalem, le 21 août, puis à l’East West House, à Tel Aviv, le 28 août, à la Ferme Herzl, à Hulda, le 7 septembre et au Nocturno Jerusalem le 26 novembre.
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