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En cette 4e semaine de la guerre, la chasse à l’uranium enrichi iranien est au premier plan

Avec les Gardiens de la Révolution à la tête de l'Iran, les États-Unis et Israël savent qu'il faut plus que jamais détruire les stocks d'uranium quasi militaire de l'Iran

Diverses machines à centrifuger alignées dans un hall de l'installation d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran, sur une photo diffusée le 17 avril 2021. (Crédit : Capture d'écran/Islamic Republic Iran Broadcasting-IRIB/AP)
Diverses machines à centrifuger alignées dans un hall de l'installation d'enrichissement d'uranium de Natanz, en Iran, sur une photo diffusée le 17 avril 2021. (Crédit : Capture d'écran/Islamic Republic Iran Broadcasting-IRIB/AP)

Au bout de trois semaines de guerre, Israël et les États-Unis ont effectivement procédé à un changement de régime en Iran : le guide suprême a été remplacé par le Corps des gardiens de la révolution islamique et par conséquent, les décisions de l’Iran sont moins théologiques et plus militaires, existentielles et stratégiques.

Le manque de transparence concernant l’état de santé du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei — qui pourrait avoir été blessé dès le premier jour de la guerre — ne fait que renforcer l’impression que les décisions sont désormais prises par un duo peu conciliant, le président du parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le commandant du CGRI, Ahmad Vahidi.

Cette ligne belliciste se reflète dans les attaques continues de l’Iran contre les pays du Golfe et l’impuissance de membres du gouvernement relativement moins extrémistes, dont certaines souhaitent une fin du conflit par la voie diplomatique.

Samedi, le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, et a proposé que les BRICS (le bloc économique comprenant le Brésil, la Chine, l’Inde, la Russie, les Émirats arabes unis et l’Afrique du Sud) négocient avec les États-Unis et Israël pour mettre fin aux combats.

Il est fort probable que cette demande n’ait pas été faite en coordination avec le CGRI et ne corresponde pas à sa ligne de conduite. À ce stade, ce dernier estime qu’en dépit des lourdes pertes, il peut encore résister aux deux puissances qui l’attaquent.

Ahmad Vahidi s’exprimant lors d’une conférence de presse, à Téhéran, le 4 mars 2024. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Cet appel à l’Inde est un geste désespéré du président iranien, qui s’est déjà fait tancer par le CGRI pour avoir déclaré, il y a de cela deux semaines, que l’Iran allait cesser d’attaquer ses voisins – ce qui avait donné lieu, quelques minutes plus tard, à des tirs de missiles sur les Émirats arabes unis.

Samedi, pour la première fois depuis le début de cette guerre, des avions américains ont bombardé la plus importante installation iranienne d’enrichissement, à Natanz. Les bombardements auraient été menés grâce à des bombes destructrices de bunkers, certaines parties desdites installations, très profondément enfouies sous terre, ayant jusqu’alors été épargnées.

Aucune des parties concernées — l’Iran, les États-Unis ou Israël — n’a commenté les dégâts occasionnés par ces bombardements, mais l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a publié un communiqué indiquant qu’après inspection du site, aucune fuite radioactive n’avait été détectée.

On pense que l’une des salles souterraines de Natanz contient une partie des 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, proche de la qualité militaire. Il est tout à fait possible qu’il se soit agi là d’une frappe préventive visant à détruire les accès aux installations — à l’instar de la frappe américaine de juin 2025, qui avait condamné les accès aux installations souterraines d’Ispahan. La majeure partie des stocks iraniens serait conservée dans le complexe de Natanz.

Cette image satellite de Planet Labs PBC montre le site d’enrichissement nucléaire de Natanz, en Iran, le 28 janvier 2026. (Planet Labs PBC via AP)

Un haut responsable militaire israélien a laissé entendre cette semaine que, s’agissant de la localisation exacte des stocks, ni Israël ni les États-Unis ne souhaitaient avancer à tâtons. Cela dit, il se peut que ce responsable se soit montré extrêmement prudent et qu’il soit très difficile de se faire une idée précise de la véracité des renseignements sur cette question.

Ce n’est pas pour rien que la question de l’uranium enrichi à 60 % occupe un rôle de plus en plus central dans ce conflit qui entre dans sa quatrième semaine.

Quelques heures après avoir écarté un cessez-le-feu imminent, le président américain Donald Trump a déclaré vendredi envisager « de réduire nos magnifiques opérations militaires… en ce qui concerne le régime terroriste iranien. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a lui aussi envoyé des signaux contradictoires lors de sa conférence de presse de jeudi dernier, en affirmant à la fois que la campagne durerait aussi longtemps que nécessaire et qu’elle se terminerait « bien plus vite que ce que l’on pense ». Pour sa part, le chef d’État-major de Tsahal, Eyal Zamir, a déclaré samedi que l’armée se préparait à deux semaines de combats de plus.

Toutes les parties s’accordent à dire que le fait de mettre fin à la guerre sans se débarrasser de l’uranium enrichi iranien reviendrait à laisser subsister des braises fumantes, et que la permanence du régime en place — quelle que soit la personne à sa tête — hâterait la course à l’arme nucléaire.

Les bâtiments de l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz, à 320 km au sud de Téhéran, la capitale, le 30 mars 2005. (Photo AP/Vahid Salemi, Dossier)

Cet objectif deviendra prioritaire pour l’Iran — peut-être même plus que la reconstruction du programme de missiles balistiques, dont on a eu la preuve des performances avec le lancement de samedi en direction de la base militaire stratégique américano-britannique de Diego Garcia, à 4 000 km de là.

Depuis le conflit de juin dernier et les confrontations directes avec Israël, en 2024, l’Iran a compris que l’immunité que seule confère l’arme nucléaire était la véritable sécurité contre de futures attaques.

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