En Israël, 4 espèces de reptiles sur 10 sont menacées d’extinction – enquête
Les menaces sont variées : constructions, agriculture, destruction des espaces ouverts, espèces invasives et férales, champs solaires, extraction de sable, véhicules tout-terrain ou encore activités militaires
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Selon la dernière version en date de la Liste rouge depuis 23 ans, la situation des reptiles en Israël continue de se dégrader.
La publication (en hébreu) révèle que, sur 92 espèces et sous-espèces, 5 % sont en grand danger d’extinction, 34 % sont menacées, 31 % sont susceptibles de devenir menacées, 8 % sont peu menacées et 33 % ne sont pas menacées. Les informations disponibles sur 7 % d’entre elles sont insuffisantes pour permettre une évaluation.
Parmi les espèces dont le classement a chuté de deux ou trois niveaux, on trouve le boa des sables, le Mesalina olivieri, la couleuvre à capuchon, le cobra noir du désert, l’Eirenis coronella, le gecko terrestre de Blanford et l’orvet des Balkans.
Les espèces menacées d’extinction comprennent cinq des six tortues ainsi que 21 des 45 lézards. Plusieurs espèces de tortues font toutefois partie de celles dont la situation s’est améliorée, très probablement grâce aux programmes de conservation.
Sur la liste apparaissent en outre plusieurs espèces invasives : un lézard, deux geckos et une tortue à oreilles rouges, animal de compagnie très prisé originaire du sud des États-Unis et du nord du Mexique. Les espèces invasives font concurrence aux espèces indigènes, sur lesquelles elles font peser une menace.
Les espèces en danger critique d’extinction présentent généralement des populations peu nombreuses, et occupent le plus souvent des habitats spécifiques, indique le rapport. Parmi ces espèces, le lézard Acanthodactylus schreiberi, qui vit dans les sables du centre d’Israël, où l’activité humaine est la plus intense, ainsi que la vipère du Liban, le lézard Phoenicolacerta kulzeri et la couleuvre à quatre raies, un serpent non venimeux que l’on trouve sur le mont Hermon, sur le plateau du Golan, à l’extrême nord d’Israël.
Selon ce rapport, même si le désert est moins touché que les régions plus proches du centre du pays, les espèces endémiques (ou « que l’on ne trouve que ») de la région d’Eilat pâtissent, ou pâtiront dans un avenir proche, du développement de la ville et des projets de construction d’une voie ferrée desservant cette station balnéaire de la mer Rouge. Sur le mont Hermon, les principales menaces proviennent des activités militaires et touristiques, ainsi que des fréquents incendies qui ravagent de vastes zones.
Selon la Liste rouge, la faune israélienne est désormais confrontée à de nombreuses menaces, incluant notamment les activités de construction, l’agriculture, la destruction des espaces ouverts, la présence d’espèces invasives et férales, la construction de champs de panneaux solaires, l’extraction de sable, les véhicules tout-terrain et les activités militaires.
Publiée par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, cette liste a été établie sur deux ans. Elle est le fruit d’un partenariat avec le Musée d’histoire naturelle Steinhardt de l’Université de Tel Aviv, sous la direction du professeur Shai Meiri, conservateur en charge des vertébrés terrestres au Musée Steinhardt et de Ben Sharmeister, doctorant, en collaboration avec le Dr Noam Lieder, responsable de l’écologie, et le Dr Tal Polak, responsable de la conservation de la faune à l’Autorité israélienne de la nature et des parcs.
« La détérioration de la nature en général et du monde animal n’est un secret pour personne », a déclaré Sharmeister. « D’année en année, les espaces naturels s’amenuisent, les températures augmentent et les risques s’accroissent. Cela est particulièrement vrai pour les reptiles… Nous savons très peu de choses sur la vie, les besoins, la biologie et l’état des différentes populations. C’est pourquoi cette publication est d’une importance capitale. J’espère que nous – professionnels, universitaires et grand public – pourrons nous rassembler pour préserver les conditions de vie des reptiles et même, espérons-le, parvenir à les améliorer. »
la Communauté du Times of Israël !







