En quête de voix juives, la Liste arabe unie lance une campagne en hébreu à Tel Aviv
"La Liste arabe unie est le point de ralliement des Juifs de gauche, libéraux et démocrates, qui veulent un parti opposé à la guerre et aux crimes de guerre", a déclaré Ahmad Tibi
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Le parti « Liste arabe unie » a lancé lundi soir à Tel Aviv sa campagne en hébreu en vue des élections législatives du 27 octobre. Son chef, Yousef Jabareen, a répondu à une question du Times of Israel que le parti visait à attirer entre 10 000 et 15 000 électeurs juifs.
Sami Abou Shahadeh, chef de la faction nationaliste Balad au sein de la Liste arabe unie et ayant retiré sa candidature la semaine dernière, a déclaré que cette dernière espérait en attirer bien plus que cela, et a plaisanté en disant que Jabareen, professeur de droit, « se comportait en universitaire prudent ». Jabareen a souri et répondu que son estimation était correcte « avant ce soir ».
Une source au sein de la Liste arabe unie a indiqué que le parti visait plus haut, soit l’équivalent d’un siège en voix juives, soit un peu plus de 36 000 voix selon les résultats des dernières élections.
Un journaliste de Haaretz a également demandé aux dirigeants du parti si la Liste arabe unie s’engagerait à servir de filet de sécurité à un gouvernement minoritaire destiné à remplacer le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon les sondages, ce serait la seule option envisageable pour les opposants sionistes de Netanyahu. Jabareen n’a pas dit oui en réponse.
« Nous voulons être un filet de sécurité pour la communauté arabe et pour la communauté juive démocratique », a déclaré Jabareen.
« Après les élections, nous saurons prendre une décision de manière responsable. »
Mais même « si aucun gouvernement n’est formé », la Liste arabe unie voterait à la Knesset en faveur d’une loi visant à interdire aux personnes mises en examen pour des « infractions pénales graves » de former un gouvernement, a déclaré Jabareen. Une telle loi, à laquelle les partis d’opposition sionistes ont exprimé leur soutien, s’appliquerait probablement à Netanyahu, qui est actuellement jugé pour corruption.
Le député de longue date Ahmad Tibi, chef de file de la faction Taal de la Liste arabe unie, voterait également, immédiatement après les élections, pour destituer le président de la Knesset, Amir Ohana, un allié de Netanyahu, et pour mettre en place une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, comme l’ont exigé les partis d’opposition, mais ce que Netanyahu a rejeté.
Le lancement de la campagne de la Liste arabe unie s’est déroulé dans une galerie d’art du sud de Tel Aviv, en présence de dizaines de militants et de journalistes. Un montage des manifestations organisées par le parti était projeté sur un mur, tandis que la musique du groupe de rap politique arabe DAM, originaire de Lod, était diffusée en fond sonore.
À la fin de l’événement, la plupart des participants sont sortis par une porte dérobée, après que les agitateurs de droite Mordechaï David et Viktor Shriki se sont postés à l’entrée et ont proféré des injures.
Les intervenants ont présenté la Liste arabe unie comme la seule option viable pour les électeurs juifs opposés à la poursuite des guerres menées par Israël et à son contrôle de la Cisjordanie.
« La Liste arabe unie est le point de ralliement des Juifs de gauche, libéraux et démocrates, qui veulent un parti opposé à la guerre et aux crimes de guerre », a déclaré Tibi.
Faisant allusion de manière voilée au parti de gauche HaDemocratim du précédent chef d’état-major de l’armée israélienne, Yaïr Golan, Tibi a ajouté que la Liste arabe unie était le seul parti « qui n’exclut pas un dirigeant arabe de ses rangs et qui s’allie à Ben Gvir ».
Le mois dernier, HaDemocratim a voté en faveur de la motion déposée par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, devant la commission centrale électorale (CCE), visant à disqualifier Abou Shahadeh pour avoir prétendument soutenu la lutte armée contre Israël.
Le chef de Balad s’est retiré jeudi, après qu’Isaac Amit, président de la Cour suprême, lui a indiqué qu’une majorité des juges était favorable à la ratification de la décision de la CCE visant à le disqualifier.
Lors du lancement de la campagne, Abou Shahadeh a comparé la scène à la Cour suprême à celle du film « Le Parrain », lorsque le parrain Don Corleone déclare qu’il va faire à un autre homme « une offre qu’il ne pourra pas refuser ».
Abou Shahadeh a ajouté qu’il « n’attendait rien » de Golan, mais qu’il était déçu par les membres du Meretz, la faction de gauche qui s’est alliée au parti Avoda pour former HaDemocratim, avec lesquels il avait « manifesté pendant des dizaines d’années contre l’occupation ».
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