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En visite pour la Gay Pride, Jenner veut faire « changer les mentalités » sur Israël

L'ambassade américaine a décidé de boycotter la Gay Pride de Tel Aviv, une décision conforme au changement d'approche de l'administration Trump

Caitlyn Jenner tenant une conférence de presse à Tel Aviv, avant la prochaine marche annuelle de la Gay Pride, le 11 juin 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Caitlyn Jenner tenant une conférence de presse à Tel Aviv, avant la prochaine marche annuelle de la Gay Pride, le 11 juin 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Caitlyn Jenner, en visite en Israël à l’occasion de la Gay Pride de Tel Aviv, a déclaré mercredi lors d’une conférence de presse qu’elle mettait tout en œuvre pour changer la perception que les gens ont de l’État hébreu.

« J’étais déjà venue en Israël il y a quelques années et j’y avais passé un séjour merveilleux. J’y ai rencontré les gens les plus gentils et les plus accueillants que j’ai jamais rencontrés dans ma vie », a déclaré Jenner.

« Et je me suis dit que j’aimerais beaucoup revenir un jour. »

L’influenceuse transgenre, médaillée d’or olympique et commentatrice politique de droite, est arrivée mercredi matin en Israël avant de participer en tant qu’invitée d’honneur à la LGBTQ+ Pride Parade de Tel Aviv, le plus grand événement de ce type au Moyen-Orient.

C’est la première fois que Jenner participe à la Gay Pride de Tel Aviv, qui aura lieu vendredi et qui attire généralement des dizaines de milliers de participants venus de tout Israël et de l’étranger. Elle fait suite à la marche plus modeste et plus discrète de la Gay Pride de Jérusalem, qui s’est tenue la semaine dernière.

« Je dis aux gens que le deuxième plus grand événement de la fierté au monde se déroule à Tel Aviv. Et toutes les réponses sont exactement les mêmes », a-t-elle expliqué, décrivant la surprise des gens lorsqu’ils apprenaient ce fait.

« Les Israéliens sont très ouverts d’esprit, ils sont sympathiques, ils sont formidables pour la communauté LGBT et personne ne le sait », a-t-elle ajouté.

« Nous pouvons changer l’opinion des gens, leur perception d’Israël. C’est pourquoi je suis ici pour apporter ma petite pierre à l’édifice. »

L’ambassade des États-Unis en Israël a, de son côté, fait savoir qu’elle boycotterait la Gay Pride de Tel Aviv cette année et qu’elle n’organiserait aucun événement dans le cadre du mois des fiertés, contrairement aux années précédentes.

Haaretz a obtenu une lettre envoyée par l’ambassade américaine au ministère israélien des Affaires étrangères informant Jérusalem que cette décision était conforme au changement d’approche de l’administration Trump.

Un ruban jaune en signe de solidarité avec les otages toujours retenus captifs dans la bande de Gaza affiché sur un écran géant lors de la Gay Pride de Tel Aviv, le 6 juin 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La lettre faisait référence à la « communauté LGB », omettant le TQ+ conformément à la politique de Washington à l’égard de la communauté transgenre. Cette politique est conforme à une directive du département d’État adressée aux ambassades du monde entier, a indiqué Haaretz.

Ce sera la première Gay Pride à Tel Aviv depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle des milliers de terroristes dirigés par le groupe terroriste palestinien du Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes et enlevant 251 otages, déclenchant ainsi la guerre à Gaza.

L’an dernier, au lieu d’un défilé, les événements de la Pride de Tel Aviv s’étaient terminés par un rassemblement plus sobre qui avait mis en avant le sort des otages et la contribution des soldats issus de la communauté LGBTQ+ pendant la guerre.

L’Association pour l’égalité des LGBTQ+ en Israël s’est dite « déçue que l’équipe de l’ambassade américaine en Israël soit contrainte de rester à l’écart au lieu de défiler avec nous, comme elle l’a fait pendant des années, avec fierté et sans crainte ».

Des membres de la communauté LGBTQ+ et leurs sympathisants participant à la Gay Pride de Tel Aviv, le 6 juin 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Ce qui commence par le harcèlement des personnes transgenres dégénère rapidement en exclusion de toute une communauté », a-t-elle averti dans un message publié sur sa page Facebook.

Reut Naggar, membre du conseil municipal de Tel Aviv et responsable du portefeuille des questions liées à la communauté LGBTQ+, a déclaré dans les colonnes de Haaretz que l’ambassade américaine avait soutenu la Gay Pride de Tel Aviv de différentes manières les années précédentes.

Il n’y avait aucun représentant de l’ambassade américaine à la Gay Pride de Jérusalem la semaine dernière, a noté le journal. Plusieurs envoyés étrangers, dont les ambassadeurs d’Allemagne, de France, d’Irlande et de l’Union européenne (UE), étaient toutefois présents.

Le nouvel ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, fervent chrétien évangélique, est lui-même opposé à l’égalité des droits pour les personnes LGBTQ+. En 2015, il avait déclaré que demander aux chrétiens d’accepter le mariage homosexuel revenait à « demander à un Juif de commencer à servir des crevettes enrobées de bacon dans son restaurant ». Il n’est pas revenu sur cette position depuis.

Des personnes participant à la 25ᵉ édition de la Gay Pride de Tel Aviv, le 8 juin 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

En janvier, des organisations LGBTQ+ israéliennes avaient critiqué Trump après qu’il eut signé un décret déclarant que les États-Unis ne reconnaîtraient désormais que les catégories « homme » et « femme ».

S’insurgeant contre cette décision, les organisations LGBTQ+ israéliennes avaient averti que cette mesure pourrait entraîner des mesures similaires à l’encontre de la communauté transgenre israélienne. Même si Israël ne reconnaît que les identités sexuelles masculine et féminine, il autorise les personnes transgenres à modifier le sexe indiqué sur leur carte d’identité après leur transition.

Le mois suivant, Trump avait signé un décret interdisant aux athlètes transgenres de participer à des compétitions sportives scolaires réservées aux femmes, et l’armée américaine avait décidé d’interdire aux personnes transgenres de servir dans ses rangs, sauf dérogation accordée au cas par cas.

Les questions transgenres ont agité la scène politique américaine ces dernières années, les États contrôlés par les démocrates et les républicains ayant pris des directions opposées sur des sujets allant des traitements médicaux aux livres autorisés dans les bibliothèques publiques ou scolaires.

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