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Enfant de la balle et star des « Sopranos », Jerry Adler meurt à l’âge de 96 ans

Adler a passé une grande partie de sa carrière dans les coulisses de Broadway avant de passer sur le petit écran et au cinéma, dans les années 80, pour décrocher le rôle du conseiller de Tony Soprano, Hesh Rabkin

L'acteur Jerry Adler arrive aux funérailles de James Gandolfini, star des « Sopranos », en la cathédrale Saint-Jean le Divin de New York, le 27 juin 2013. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)
L'acteur Jerry Adler arrive aux funérailles de James Gandolfini, star des « Sopranos », en la cathédrale Saint-Jean le Divin de New York, le 27 juin 2013. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)

NEW YORK – Après des dizaines d’années passées dans les coulisses de productions emblématiques de Broadway avant de se tourner vers le métier d’acteur à l’âge de 60 ans, Jerry Adler est décédé à l’âge de 96 ans.

Selon une brève annonce de la famille, confirmée par la Riverside Memorial Chapel à New York, l’acteur est décédé samedi.

Parmi les grands rôles d’Adler, citons « Les Sopranos », dans lequel il a incarné le conseiller de Tony Soprano, Hesh Rabkin, durant les six saisons de la série, ou encore « The Good Wife », dans lequel il jouait le rôle de l’associé, Howard Lyman.

Mais avant de connaitre la gloire sur les plateaux de cinéma ou de télévision, Adler avait déjà 53 pièces de Broadway à son actif – toutes en coulisses, que ce soit en qualité de régisseur, producteur ou réalisateur.

Il était issu d’une famille profondément enracinée dans le théâtre juif et yiddish, comme il en avait fait la confidence au Jewish Ledger en 2014. Son père, Philip Adler, était directeur général des célèbres productions du Group Theatre et de Broadway, et sa cousine Stella Adler, professeure d’art dramatique – une légende dans son domaine.

« Je suis un véritable suppôt du népotisme », s’amusait à dire Adler à TheaterMania en 2015. « J’ai obtenu mon premier emploi quand j’étais à l’Université de Syracuse et mon père, le directeur général de Gentlemen Prefer Blondes, m’a appelé parce qu’il lui manquait un assistant régisseur. J’ai séché les cours. »

Après une longue carrière au théâtre, dont la première mise en scène de « My Fair Lady » et des collaborations avec des artistes comme Marlene Dietrich, Julie Andrews ou encore Richard Burton, Adler avait quitté Broadway en proie au marasme, dans les années 1980. Il était parti s’installer en Californie, où il travaillait sur des productions télévisées comme le feuilleton « Santa Barbara ».

Les acteurs Tony Sirico, Arthur J. Nascarella, Vincent Curatola et Jerry Adler assistent à une interview avec Mario Lopez et Tanika Ray d’Extra lors de la 59e cérémonie annuelle des Primetime Emmy Awards au Shrine Auditorium, le 16 septembre 2007, à Los Angeles, en Californie. (Mark Mainz/Getty Images pour EXTRA via AFP)

« J’entrais alors dans le crépuscule d’une carrière médiocre », avait-il déclaré au New York Times en 1992.

Mais la retraite qu’il envisageait s’était évanouie lorsque Donna Isaacson, la directrice de casting de « The Public Eye » et amie de longue date de l’une des filles d’Adler, avait eu une intuition au moment de pourvoir un rôle difficile, comme l’avait expliqué le New York Times à l’époque.

Adler avait bien connu le monde des auditions, mais de l’autre côté – et il s’était montré curieux de savoir ce que ressentaient les acteurs, acceptant de faire un bout d’essai. Le réalisateur, Howard Franklin, qui avait déjà auditionné des dizaines d’acteurs pour le rôle d’un chroniqueur de journal dans le film mettant en vedette Joe Pesci, avait eu des « frissons » lorsque Adler avait passé son audition.

C’est ainsi qu’avait commencé une carrière d’acteur qui l’avait amené à travailler constamment devant la caméra pendant plus de 30 ans. Ce premier rôle dans « Northern Exposure », écrit par David Chase, l’avait tout droit mené au projet qui, par la suite, avait été imaginé par ce dernier, « Les Sopranos ».

« Au moment de tourner le pilote des ‘Sopranos’, David m’a appelé pour me demander de faire un caméo de Hesh. C’était supposé être une apparition fugace », avait-il expliqué à Forward en 2015. « Mais quand ils ont repris la série, ils ont aimé le personnage et je venais tourner toutes les quatre semaines. »

Parmi les films qu’il avait tournés, il y avait eu « Manhattan Murder Mystery » de Woody Allen – mais Adler aura été, sans aucun doute, mieux connu pour son travail à la télévision, que ce soit dans « Rescue Me », « Mad About You », « Transparent » ou des apparitions dans des séries allant de « The West Wing » à « Broad City ».

Il était même revenu à Broadway, mais cette fois sur scène, dans « Taller Than a Dwarf » d’Elaine May, en 2000. Et en 2015, il était apparu dans le premier film écrit et interprété par Larry David, « Fish in the Dark ».

Terrence Winter, Steve Buscemi, Al Sapienza, Matthew Weiner, Dominic Chianese, Alex Gibney, Jerry Adler, Drea de Matteo, Steve Schirripa, Kathrine Narducci, Jamie Lynn Sigler, Edie Falco, Michele DeCesare, David Chase, Tim Daly et Robert Iler assistent à la réunion du 25e anniversaire des Sopranos, lors du Festival de Tribeca 2024 au Beacon Theatre, le 13 juin 2024, à New York. (Jason Mendez/Getty Images pour le Festival de Tribeca/AFP)

« Je le fais parce que j’aime vraiment ça. Je pense que la retraite est une route qui ne mène nulle part », avait expliqué Adler à Forward, au sujet de la pièce. « Je ne saurais pas quoi faire si j’étais à la retraite. Je suppose que si plus personne n’appelle, c’est à ce moment-là que je serai à la retraite. En attendant, je trouve tout ça génial. »

L’année dernière, Adler avait publié ses mémoires, « Too Funny for Words : Backstage Tales from Broadway, Television and the Movies ».

« Je suis toujours prêt », avait-il déclaré à CT Insider qui l’interrogeait sur sa réaction en cas de nouvelles propositions de rôles.

Ces dernières années, Joan Laxman, son épouse, et lui-même avaient quitté le Connecticut pour revenir s’installer à New York, sa ville natale.

Pour Adler, qui se trouvait autrefois « trop maladroit » pour jouer, le fait de se voir à l’écran était étrange, du moins au début. Lors de plusieurs interviews avec divers médias, il avait dit et redit qu’il était étrange d’être reconnu par le public après avoir passé tant d’années à travailler en coulisses. Mais il voyait au moins un avantage à être conservé sur film, comme il s’en confiait au New York Times en 1992.

« Ainsi, je suis immortel », avait-il ironisé.

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