Esther Rantzen, présentatrice juive britannique et militante, meurt à 86 ans
Connue pour l’émission de la BBC "That’s Life!", elle était devenue une ardente défenseuse de la légalisation du suicide assisté après son diagnostic de cancer
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Esther Rantzen, présentatrice de télévision juive britannique et militante devenue l’une des principales voix de la récente campagne en faveur de la légalisation de l’aide a mourir au Royaume-Uni, est décédée à l’âge de 86 ans.
Dans un communiqué, ses trois enfants ont annoncé que leur « mère adorée » était décédée mercredi.
« Nous nous souviendrons toujours de sa joie inépuisable, de sa capacité à apaiser toutes les peines, de son merveilleux talent pour les mots et de ses précieux conseils en toutes circonstances », ont déclaré ses enfants Miriam, Rebecca et Joshua Wilcox.
Au fil des années, Rantzen est devenue l’une des personnalités les plus respectées des médias britanniques, une notoriété qu’elle a mise au service de la création d’associations venant en aide aux enfants et aux personnes âgées.
Esther Rantzen est née le 22 juin 1940 dans une famille juive à Berkhamsted, au nord-ouest de Londres.
Après des études d’anglais à l’université d’Oxford, elle a commencé sa carrière à la télévision comme employée au service de planification des programmes de la BBC, avant de décrocher un poste très convoité de chargée de recherche pour des émissions télévisées.
En 1977, Rantzen a épousé Desmond Wilcox, producteur influent et ancien supérieur hiérarchique à la BBC. Il est décédé en 2000.
Elle était surtout connue pour avoir présenté pendant 21 ans, de 1973 à 1994, l’émission de la BBC consacrée à la défense des consommateurs That’s Life!.
Au fil du temps, le programme a élargi son champ bien au-delà de ces questions pour enquêter sur des sujets parfois graves, notamment sur le recrutement de pédophiles dans un pensionnat, ou pour dénoncer le manque de donneurs d’organes au Royaume-Uni.
L’émission savait aussi adopter un ton plus léger, mêlant satire et farce à des sujets plus percutants.
En 1988, Rantzen a présenté un épisode de That’s Life! au cours duquel Sir Nicholas Winton a retrouvé des dizaines de personnes qu’il avait aidées, lorsqu’elles étaient enfants, à fuir la Tchécoslovaquie occupée par les nazis grâce au Kindertransport.
C’est également dans le cadre de That’s Life! qu’elle a créé Childline en 1986, une ligne d’écoute destinée aux enfants en danger ou en détresse, accessible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Elle a ensuite lancé The Silver Line en 2012 afin de lutter contre la solitude des personnes âgées.
« La compassion et la compréhension qui l’animaient continueront de vivre à travers ses associations Childline et The Silver Line, ainsi qu’à travers ceux d’entre nous qui ont eu la chance de l’aimer et d’être aimés par elle », ont déclaré ses enfants.
Rantzen a été élevée au rang de dame en 2015 par la reine Élisabeth II pour son action en faveur des enfants et des personnes âgées à travers Childline et The Silver Line.
À la fin de sa vie, Rantzen est devenue une ardente défenseuse de l’aide à mourir, après avoir reçu en 2023 un diagnostic de cancer du poumon de stade quatre. Elle avait ouvertement évoqué son projet de « filer à Zurich », où le suicide assisté est légal, et dénoncé la législation « confuse et cruelle » en vigueur en Angleterre et au Pays de Galles, qui risquait d’exposer à des poursuites les proches qui l’aideraient dans cette démarche.
Au début du mois, avant un vote au Parlement au cours duquel la dernière tentative de légalisation de l’aide à mourir a été rejetée, Rantzen avait déclaré qu’il était désormais trop tard pour elle de voyager, étant devenue « trop fragile physiquement pour faire le voyage ».
Les hommages ont afflué, saluant notamment son engagement militant et son action caritative.
« Au cours de ses dizaines d’années de militantisme, notamment en fondant Childline et The Silver Line, elle a changé d’innombrables vies et donné une voix à ceux qui restaient souvent inaudibles », a déclaré le Premier ministre britannique Andy Burnham.
« Et j’admirerai toujours le courage et la franchise dont elle a fait preuve en parlant de sa maladie, nous amenant tous à réfléchir aux difficiles questions auxquelles nous sommes confrontés en fin de vie. »
« Nous sommes reconnaissants qu’elle repose enfin aux côtés de son mari bien-aimé, Desmond Wilcox, mais elle nous manquera infiniment », ont déclaré ses enfants. « Elle était notre rayon de soleil. »
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