« Exactement comme avant le 7-Octobre » : Activités terroristes signalées à la frontière de Gaza
Kushner et Mladenov attendus en Israël pour pousser Netanyahu à suspendre les frappes et à tenir ses engagements humanitaires afin de faire avancer le désarmement du Hamas – source
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Des soldates d’observation postées à la frontière de Gaza auraient de nouveau tiré la sonnette d’alarme jeudi après avoir repéré des activités terroristes armées dans la bande de Gaza, une situation qui ravive, selon elles, le souvenir encore frais des nombreux avertissements restés sans suite avant l’offensive du 7 octobre 2023.
Avant l’invasion et le pogrom menés par le groupe terroriste palestinien du Hamas, les soldates d’observation avaient lancé de nombreuses alertes concernant les entraînements dirigés par les terroristes en vue d’une attaque. Leurs avertissements avaient été tragiquement ignorés. Plusieurs d’entre elles avaient estimé que le sexisme avait contribué à ce que leurs mises en garde soient balayées d’un revers de la main.
Cinq soldates d’observation (tatzpitaniyot) de l’unité 414 de Tsahal ont été tuées et sept autres prises en otage lors de la prise de la base militaire de Nahal Oz, près de la frontière avec Gaza. Noa Marciano a été tuée en captivité. Ori Megidish a été secourue vivante. Les cinq autres ont finalement été libérées lors des cessez-le-feu qui ont suivi.
Jeudi, la chaîne N12 a cité plusieurs soldates sous couvert d’anonymat, qui ont fait part d’un sentiment de déjà-vu. Elles ont indiqué avoir observé des terroristes armés s’activer et poser des explosifs le long de la « ligne jaune » de Gaza, qui sépare les secteurs sous contrôle israélien de ceux contrôlés par le Hamas.
« On voit bien qu’ils savent qu’on ne tirera pas sur eux. Les Gazaouis ne sont pas idiots. Au final, ils nous testent constamment pour voir si nous réagissons ou non. C’est exactement comme avant le 7-Octobre », aurait déclaré l’une des soldates.
Une autre a confié à la chaîne se sentir « impuissante » face aux activités terroristes dont elle est témoin de l’autre côté de la frontière. Une troisième a déclaré qu’elle et ses camarades « se sentaient un peu inutiles ».
« Si je sais que, de toute façon, ils ne feront rien de ce que je repère [comme activité terroriste], à quoi bon rester assise huit heures par jour à surveiller la zone de très, très près ? »
Une soldate d’observation citée par la chaîne s’est ensuite plainte que les soldats des unités combattantes déployés à Gaza soient utilisés comme « boucliers humains ».
« En fin de compte, les soldats sont postés à quelques centaines de mètres à peine de ces terroristes », a déclaré l’une des soldates d’observation à propos des troupes déployées à Gaza. « On ne peut pas simplement les abandonner. »
Alors que les efforts se poursuivent pour faire avancer le plan soutenu par les États-Unis visant au désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, Israël avait discrètement suspendu ses frappes aériennes sur le territoire pendant une semaine, avant de les reprendre mercredi.
Les frappes se sont ensuite intensifiées jeudi : Israël aurait éliminé un commandant de compagnie du Hamas lors d’une frappe à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, ainsi qu’un haut responsable de la police du groupe terroriste lors d’une frappe sur Gaza-City.
Kushner attendu en Israël pour tenter de débloquer l’accord sur le désarmement du Hamas
Dans ce contexte, une source proche du dossier a indiqué jeudi au Times of Israel que Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président américain Donald Trump, devait se rendre en Israël la semaine prochaine pour rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et tenter de le convaincre de permettre au plan du Conseil de Paix visant au désarmement du Hamas à Gaza d’aller de l’avant.
Kushner sera accompagné de l’envoyé du Conseil de Paix pour Gaza, Nikolay Mladenov, a précisé la source, ajoutant que la date exacte de la visite n’avait pas encore été arrêtée.
Le Hamas a semble-t-il accepté il y a deux semaines le plan de désarmement du Conseil de Paix, mais les efforts visant à le faire avancer se heurtent depuis à l’opposition affichée de Netanyahu.
Kushner et Mladenov entendent presser Israël de suspendre à nouveau ses frappes à Gaza et d’honorer une série d’engagements humanitaires pris dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025 avec le Hamas, selon cette source.
Une fois ces engagements honorés, le Conseil de Paix estime qu’il sera en mesure de se tourner vers le Hamas pour lui demander de commencer à remettre ses armes, a ajouté la source.
Un diplomate arabe a toutefois estimé que de telles avancées ne seraient possibles que si Netanyahu revenait publiquement sur son opposition à l’accord, une perspective jugée peu probable à l’approche des élections d’octobre.
Kushner et Mladenov sont tous deux exaspérés par l’opposition affichée de Netanyahu au plan de désarmement du Conseil de Paix, a assuré le diplomate.
Kushner ne s’est plus rendu en Israël depuis l’année dernière, lorsqu’il avait négocié l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages conclu en octobre 2025 entre Israël et le Hamas.
Interrogé sur une éventuelle visite de Kushner, un responsable du Conseil de Paix a déclaré au Times of Israel : « Nous entretenons un dialogue et une coordination constants avec nos partenaires israéliens et poursuivrons nos discussions à tous les niveaux afin d’accélérer les progrès dans la mise en œuvre du plan de paix global du président. »
« Nos échanges portent sur les nombreux points d’accord et sujets de préoccupation communs sur lesquels nous travaillons ensemble. L’essentiel est que nous nous accordions sur l’objectif à atteindre et que nous trouvions les moyens d’avancer plus rapidement », a ajouté le responsable.
Tsahal semble assouplir les restrictions sur les frappes à Gaza
Mercredi, Israël a mené sa première frappe à Gaza depuis le 3 août. Tsahal a indiqué avoir éliminé un commandant du Hamas dans le nord de la bande de Gaza.
Le même jour, des soldats de la brigade des parachutistes ont abattu un Palestinien qui s’était approché d’eux « d’une manière constituant une menace immédiate », selon Tsahal.
Les soldats ont ouvert le feu « afin de neutraliser la menace », a précisé l’armée.
Par ailleurs, les médias palestiniens ont fait état d’une frappe aérienne israélienne visant une moto à l’ouest de Khan Younès. La Défense civile de Gaza, contrôlée par le Hamas, a affirmé que la frappe avait fait un mort, et l’hôpital Nasser de la ville a confirmé avoir reçu le corps d’une victime à la suite de l’attaque.
Les médias palestiniens ont identifié l’homme tué comme étant Hudhaifa Kawarea.
Tsahal a confirmé par la suite avoir mené la frappe à Khan Younès, affirmant que Kawarea était un commandant de compagnie du Hamas qui préparait des attaques contre les troupes israéliennes dans la bande de Gaza.
Plus tard jeudi, les médias palestiniens ont rapporté que Tsahal avait frappé un véhicule dans le quartier de Cheikh Ajlin, à Gaza-City.
La Défense civile de Gaza a indiqué qu’une personne avait été tuée et plusieurs autres blessées. L’hôpital Al-Shifa de Gaza-City a indiqué avoir reçu le corps de Jamal Abu Kamil, chef de la police du gouvernorat de Gaza-City.
Le ministère de l’Intérieur du Hamas a également affirmé qu’Abu Kamil « avait été assassiné lors d’une frappe aérienne israélienne visant son véhicule dans la rue Al-Rashid, au sud-ouest de Gaza-City ».
⭕️ متابعة | أفادت مصادر فلسطينية ، باستشهاد جمال أبو كميل مدير شرطة محافظة غزة، اثر استهداف من طائرات الاستطلاع الإسرائيلية على مركبة قرب الميناء الجديد في حي الشيخ عجلين جنوب غربي مدينة غزة . pic.twitter.com/8YNwOpoUt1
— ilkhanews | عربي (@ilkhanewsarabic) August 13, 2026
Tsahal a par la suite confirmé la frappe aérienne, affirmant qu’Abu Kamil avait également pris part à l’invasion d’Israël et aux massacres meurtriers du Hamas du 7-Octobre.
Alors que le Conseil de Paix a exhorté Israël à ne frapper que face à des menaces imminentes depuis que le Hamas a accepté sa proposition de désarmement, Tsahal a par la suite confirmé la frappe aérienne, affirmant qu’Abu Kamil avait également pris part à l’invasion d’Israël lors de l’offensive du Hamas du 7-Octobre.
L’UE salue la prolongation par Israël du mandat de sa mission à la frontière de Rafah
Par ailleurs, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne (UE) a salué jeudi ce qu’elle a présenté comme la prolongation par Israël du mandat de la mission d’assistance frontalière de l’UE au point de passage de Rafah, entre Gaza et l’Égypte. Israël avait fermé ce point de passage pendant la guerre avant de le rouvrir partiellement en janvier.
Le mandat de l’EUBAM a été prolongé jusqu’à la fin juin 2027, selon Kaja Kallas.
Un programme de l’UE destiné à former les forces de police palestiniennes et à fournir des conseils en vue de la reconstruction du système judiciaire de Gaza a également été prolongé, a-t-elle précisé.
Initialement créée en 2005 pour contribuer à la surveillance de ce point de passage stratégique, la mission civile de l’EUBAM avait été mise en sommeil pendant près de vingt ans après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en 2007.
Des observateurs de l’UE ont repris leurs fonctions au point de passage de Rafah en février, et l’Union a annoncé la semaine dernière que plus de 10 000 personnes avaient depuis franchi la frontière entre Gaza et l’Égypte.
Kallas a qualifié ces prolongations « d’étape importante après des mois de négociations diplomatiques ».
« Ces missions ont un objectif clair : contribuer à rendre les points de passage plus sûrs et plus efficaces, soutenir la police palestinienne et contribuer à la stabilité dans la région », a-t-elle écrit.
Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas répondu à une demande de commentaires de l’AFP.
La mission d’observation de l’EUBAM vise à assurer une présence neutre, en qualité de tierce partie, au point de passage de Rafah. Elle comprend notamment des policiers italiens, espagnols et français.
Le feu vert d’Israël ouvre la voie à la prolongation officielle des mandats par les États membres de l’UE, qui avaient convenu en juin de les reconduire jusqu’en septembre de cette année.
Israël devait renouveler fin juin l’autorisation de déploiement de la mission, mais ne l’avait pas fait, sur fond de tensions croissantes avec l’UE au sujet de la guerre à Gaza.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.
la Communauté du Times of Israël !







