Foi, famille et amis : Dans le nord d’Israël, une communauté se serre les coudes
"Dieu a mis l’amour d’Israël dans nos cœurs, et nous sommes venus pour servir. Nous ne pensons pas au danger", explique une octogénaire suisse chrétienne
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Lorsque Nelly et Eliav Cusin, des octogénaires suisses chrétiens, ont décidé de s’installer à la frontière israélo-libanaise au moment où le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah pilonnait le nord d’Israël, tout le monde les a traités de fous.
C’était environ six mois après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, lorsque les affrontements entre le Hezbollah et Israël dans le nord forçaient des dizaines de milliers de personnes à fuir de part et d’autre de la frontière.
Motivé par leur profonde foi et leur désir d’aider, le couple suisse avait quitté Jérusalem, où ils avaient créé une association pour écouter les survivants de la Shoah, pour Shear Yashuv, un moshav (communauté agricole coopérative) près de la ville frontalière de Kiryat Shmona.
« À notre arrivée, tout le monde disait que nous étions fous. Peut-être que nous le sommes. L’épicerie n’ouvrait alors que deux heures par jour », raconte Cusin, un homme de 84 ans qui marche avec l’aide d’une canne.
« Entre les mains de Dieu »
« Nous avons déménagé ici pour montrer que nous sommes solidaires. Les gens nous demandaient ‘vous avez au moins une pièce sécurisée chez vous ?’ Mais non ! », précise tout sourire sa femme, 83 ans.
« Dieu a mis l’amour d’Israël dans nos cœurs, et nous sommes venus pour servir. Nous ne pensons pas au danger », explique-t-elle.
Lorsque les sirènes retentissent, ils ont à peine 15 secondes pour rejoindre un abri. Mais ne pouvant se déplacer aussi vite, ils restent sur place en priant.
« Nous avons dit aux enfants : si nous sommes touchés, c’est parce que notre mission sera terminée. Cela ne sera pas à cause du Hezbollah : il n’a aucun pouvoir si Dieu ne le permet pas », commente Cusin en haussant les épaules.
Le couple a subi aussi la dernière guerre qui a éclaté le 2 mars, à la suite des bombardements américano-israéliens sur l’Iran. Le Hezbollah a tiré plus de 2 500 roquettes, drones ou obus de mortier vers Israël, jusqu’au cessez-le-feu de dix jours entré en vigueur vendredi.
« Cet endroit a besoin de gens comme Nelly et Eliav, ils sont arrivés au pire moment, mais j’étais tellement contente qu’ils soient là ! », dit leur voisine et logeuse, Inbar, profitant de l’accalmie pour jardiner.
C’est aussi la foi qui a retenu Israel Ilouz dans le nord, où il dirige une congrégation juive messianique (rassemblant Juifs et non Juifs) à Kiryat Shmona, dont les 25 000 habitants avaient été évacués après le 7-Octobre.
Avec une poignée de bénévoles, il prépare des repas pour les soldats protégeant la frontière. Plus de 150 000 repas ont déjà été distribués.
« Beaucoup de gens n’arrivent pas à faire face », constate Ilouz en ramassant un éclat d’obus de la taille d’une main, récemment tombé en face de ses locaux.
« Imaginez ce que ça fait à une personne. C’est effrayant. Mais je suis un homme de foi, ma vie n’est pas entre les mains de l’Iran ou du Hezbollah, elle est entre les mains de Dieu. »
Ofir Ben-Ari, 31 ans, originaire de la ville côtière de Nahariya n’ose pas encore parler de paix.
« C’est un cessez-le-feu, mais on espère que la pression américaine débouchera sur quelque chose de durable », confie-t-il à l’AFP, alors que des pourparlers sont attendus jeudi à Washington entre Israël et le Liban.
« On espère que le Hezbollah sera démantelé et que la paix s’installera – peut-être qu’un jour, on ira même à Beyrouth ! », ajoute-t-il.
Une communauté forte
Sur un balcon du kibboutz Kfar Giladi, à l’extrémité nord d’Israël, Hedva Kasher montre du doigt un village en ruines côté libanais où l’armée israélienne a détruit des infrastructures et des maisons.
« Mon grand-père avait des amis à Odeisseh et il y emmenait mon père quand il était petit. Il n’y avait pas de frontière à l’époque », dit-elle, le regard perdu dans le lointain.
« Je pense que nous pouvons revenir à la normale », assure son mari, Rani Kasher.
Contrairement à Kiryat Shmona, où seulement la moitié de la population d’avant guerre est revenue, personne ne quitte son kibboutz.
« Il y a ici une communauté très soudée, quiconque a besoin d’aide en reçoit », note-t-il « c’est parce que nous formons une communauté forte que nous pouvons traverser cette épreuve beaucoup plus facilement ».
la Communauté du Times of Israël !








