« Fragments de mémoire », un ouvrage co-signé par le grand rabbin de France sur ses visites à Auschwitz
Haïm Korsia et l’écrivaine Adeline Baldacchino ont publié un ouvrage qui mêle textes, photos et peintures pour la mémoire de la Shoah
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À l’occasion du 80ᵉ anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, les éditions Flammarion ont publié, en janvier dernier, Fragments de mémoire – Voyages à Auschwitz-Birkenau, un ouvrage co-signé par le grand rabbin Haïm Korsia et l’écrivaine Adeline Baldacchino, également magistrate à la Cour des Comptes et membre du Conseil d’administration de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Depuis plus de vingt ans, le rabbin Haïm Korsia organise des voyages mémoriels vers le site du camp d’extermination nazi, accompagné de survivants, de lycéens, de responsables religieux – imams, prêtres, pasteurs – ainsi que de figures de la société civile et du monde politique.
Ces visites sont conçues comme une immersion dans l’indicible, ponctuée d’un moment de recueillement.
Leur album, soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, s’articule ainsi autour d’une préface croisée ; de 150 photos capturées lors de ces voyages mémoriels, accompagnées de légendes empruntées aux paroles de survivants, d’écrivains, de poètes ou de simples témoins ; et enfin d’une série de dix portraits de rescapés peints par l’artiste de l’UNESCO Alain Husson-Dumoutier.
Il s’ordonne en quatre temps : le temps du voyage, le temps de la sidération, le temps du témoignage, le temps du recueillement.
L’œuvre se veut ainsi pensée comme un chemin de mémoire, « tels ces petits cailloux que la tradition juive invite à déposer sur des tombes qui n’existent pas hors notre âme », peut-on lire en préface du livre.
En écho au philosophe Vladimir Jankélévitch, les auteurs répètent et reprennent sa phrase, afin d’exprimer l’irréversibilité de l’existence et la nécessité du souvenir : « Celui qui a été ne peut plus désormais ne pas avoir été. »
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