France : le co-fondateur d’Urgence Palestine menacé d’expulsion – avocate
La préfecture de Nanterre lui reproche notamment "des actions et propos polémiques répétés" lors d'interventions publiques
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Le militant politique palestinien Ramy Shaath est visé par une procédure d’expulsion, sa présence en France étant considérée comme une « menace grave pour l’ordre public », a affirmé vendredi son avocate à l’AFP.
Le militant avait été détenu 900 jours en Egypte, entre 2019 et 2022, accusé d’avoir fomenté des « troubles contre l’Etat », avant d’être libéré et remis à la France, notamment après que le président Emmanuel Macron a plaidé son cas auprès des autorités égyptiennes.
« La préfecture de Nanterre nous a notifié qu’elle a[vait] l’intention d’engager une procédure d’expulsion », a affirmé Me Damia Taharraoui, précisant que M. Shaath devait être entendu devant une commission départementale d’expulsion le 21 mai.
Son avis n’est « pas contraignant » pour la préfecture, a-t-elle ajouté : « ils peuvent dans la foulée prendre un arrêté d’expulsion qui peut être exécuté à n’importe quel moment ».
La préfecture reproche notamment au militant ses liens avec « plusieurs figures de la cause palestinienne en France » et collectifs pro-palestiniens parmi lesquels Urgence Palestine, qu’il a cofondé après l’attaque du groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, selon la notification que l’AFP a pu consulter.
Elle lui reproche d’être « hostile à tout cessez-le-feu, souhaitant que la guerre entre le Hamas et l’armée israélienne se poursuive, avec l’espoir que l’Iran y participe », évoquant « des actions et propos polémiques répétés » lors d’interventions publiques.
Sont notamment cités des propos tenus lors d’une manifestation à Paris le 4 novembre 2023 où il dénonçait « entre autres l’occupation criminelle d’Israël à Gaza, les viols et les tortures des prisonniers palestiniens, mais aussi les ‘terroristes’ israéliens qui bombardent les maisons et les hôpitaux (…) ».
Une enquête ouverte pour apologie à la suite des propos tenus lors de cette manifestation avait été classée suite en octobre 2024.
De son côté, le fils de l’ex-ministre et négociateur palestinien Nabil Shaath assure avoir « participé à plusieurs reprises à des manifestations exigeant un cessez-le-feu immédiat, la fin du génocide [accusation largement répandue auprès des détracteurs d’Israël sans jamais avoir été prouvée], des sanctions, des embargos sur les armes et une action internationale » contre Israël.
« Mes prises de position n’ont jamais changé depuis l’époque où la France a œuvré pour me faire sortir des geôles égyptiennes où j’étais prisonnier politique (…), mais aujourd’hui, il semble qu’on veuille me faire taire », a-t-il dit à l’AFP.
Sollicités, la préfecture de Nanterre et le ministère de l’Intérieur n’ont pas réagi dans l’immédiat.
Agé de 54 ans, Ramy Shaath est une figure de la révolution égyptienne de 2011 et a coordonné en Egypte, dont il avait la nationalité avant d’en être privé, le mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), prônant le boycott d’Israël.
Marié à une Française, et père d’un enfant français, il vit en France, mais affirme qu’à partir de 2023, il n’a pas réussi à faire renouveler son titre de séjour, malgré de multiples tentatives.
Selon son avocate, « on ne peut le renvoyer ni en Egypte, parce qu’il n’en a plus la nationalité, ni en Palestine, parce que le pays est en guerre ».
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