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France : le co-fondateur d’Urgence Palestine menacé d’expulsion – avocate

La préfecture de Nanterre lui reproche notamment "des actions et propos polémiques répétés" lors d'interventions publiques

Le militant égypto-palestinien Ramy Shaath à son arrivée à l'aéroport de Roissy, le 8 janvier 2022, après avoir été détenu en Égypte pendant plus de deux ans. (Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP)
Le militant égypto-palestinien Ramy Shaath à son arrivée à l'aéroport de Roissy, le 8 janvier 2022, après avoir été détenu en Égypte pendant plus de deux ans. (Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP)

Le militant politique palestinien Ramy Shaath est visé par une procédure d’expulsion, sa présence en France étant considérée comme une « menace grave pour l’ordre public », a affirmé vendredi son avocate à l’AFP.

Le militant avait été détenu 900 jours en Egypte, entre 2019 et 2022, accusé d’avoir fomenté des « troubles contre l’Etat », avant d’être libéré et remis à la France, notamment après que le président Emmanuel Macron a plaidé son cas auprès des autorités égyptiennes.

« La préfecture de Nanterre nous a notifié qu’elle a[vait] l’intention d’engager une procédure d’expulsion », a affirmé Me Damia Taharraoui, précisant que M. Shaath devait être entendu devant une commission départementale d’expulsion le 21 mai.

Son avis n’est « pas contraignant » pour la préfecture, a-t-elle ajouté : « ils peuvent dans la foulée prendre un arrêté d’expulsion qui peut être exécuté à n’importe quel moment ».

La préfecture reproche notamment au militant ses liens avec « plusieurs figures de la cause palestinienne en France » et collectifs pro-palestiniens parmi lesquels Urgence Palestine, qu’il a cofondé après l’attaque du groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, selon la notification que l’AFP a pu consulter.

Elle lui reproche d’être « hostile à tout cessez-le-feu, souhaitant que la guerre entre le Hamas et l’armée israélienne se poursuive, avec l’espoir que l’Iran y participe », évoquant « des actions et propos polémiques répétés » lors d’interventions publiques.

Sont notamment cités des propos tenus lors d’une manifestation à Paris le 4 novembre 2023 où il dénonçait « entre autres l’occupation criminelle d’Israël à Gaza, les viols et les tortures des prisonniers palestiniens, mais aussi les ‘terroristes’ israéliens qui bombardent les maisons et les hôpitaux (…) ».

Une enquête ouverte pour apologie à la suite des propos tenus lors de cette manifestation avait été classée suite en octobre 2024.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, au centre, est assis avec le Premier ministre de l’époque, Ahmed Qureia, à gauche, et le vice-premier ministre de l’époque, Nabil Shaath, lors d’une conférence de presse à Gaza City, le 25 avril 2005. (Crédit : Adel Hana/AP)

De son côté, le fils de l’ex-ministre et négociateur palestinien Nabil Shaath assure avoir « participé à plusieurs reprises à des manifestations exigeant un cessez-le-feu immédiat, la fin du génocide [accusation largement répandue auprès des détracteurs d’Israël sans jamais avoir été prouvée], des sanctions, des embargos sur les armes et une action internationale » contre Israël.

« Mes prises de position n’ont jamais changé depuis l’époque où la France a œuvré pour me faire sortir des geôles égyptiennes où j’étais prisonnier politique (…), mais aujourd’hui, il semble qu’on veuille me faire taire », a-t-il dit à l’AFP.

Sollicités, la préfecture de Nanterre et le ministère de l’Intérieur n’ont pas réagi dans l’immédiat.

Agé de 54 ans, Ramy Shaath est une figure de la révolution égyptienne de 2011 et a coordonné en Egypte, dont il avait la nationalité avant d’en être privé, le mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), prônant le boycott d’Israël.

Marié à une Française, et père d’un enfant français, il vit en France, mais affirme qu’à partir de 2023, il n’a pas réussi à faire renouveler son titre de séjour, malgré de multiples tentatives.

Selon son avocate, « on ne peut le renvoyer ni en Egypte, parce qu’il n’en a plus la nationalité, ni en Palestine, parce que le pays est en guerre ».

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