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Freiné par la mainmise du Hamas et la politique israélienne, le plan pour Gaza avance « à petits pas », selon des responsables

Les progrès restent lents et les effectifs internationaux arrivent en nombre limité ; les élections à venir incitent les dirigeants israéliens à la plus grande prudence, au grand dam de certains partenaires arabes

Des Palestiniens se rassemblent près du site d'une frappe de drone israélien dans le quartier de Sabra, à Gaza-City, le 12 juillet 2026. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)
Des Palestiniens se rassemblent près du site d'une frappe de drone israélien dans le quartier de Sabra, à Gaza-City, le 12 juillet 2026. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)

Plus de neuf mois après que le plan de paix pour Gaza du président américain Donald Trump a été salué comme marquant la fin de la guerre dans la bande de Gaza et le premier pas vers sa reconstruction, ce projet n’avance qu’à « petits pas », ont déclaré au Times of Israel cinq responsables impliqués dans la mise en œuvre ou bien informés sur le sujet.

Le Hamas refuse toujours de déposer les armes, ce qu’il est pourtant tenu de faire avant le début de la reconstruction. Dans ce contexte, le Conseil de paix soutenu par les États-Unis, les médiateurs et la communauté internationale s’attachent de plus en plus à trouver une solution de contournement qui permettrait de sécuriser les zones échappant au contrôle du groupe terroriste, dans lesquelles l’aide humanitaire, la mise en place de logements provisoires et, à terme, la reconstruction pourraient commencer.

Mais même cette solution de contournement ne devrait pas avancer rapidement. Les responsables se heurtent en effet à des difficultés liées à la fois à la mainmise du Hamas sur le pouvoir et aux réserves d’Israël à l’approche des élections d’octobre, ont rapporté deux responsables israéliens, deux diplomates arabes et un responsable américain.

La dissolution par le Hamas, dans le courant du mois, de son gouvernement d’urgence, au profit d’un nouveau comité technocratique soutenu par les États-Unis, a davantage été perçue comme un geste symbolique visant à faire pression sur Israël que comme le signe d’une réelle volonté de déposer les armes et de renoncer au pouvoir, ont fait savoir des responsables américains et israéliens.

Israël, quant à lui, n’a pas encore approuvé les mesures techniques relatives à certains volets du plan – comme le déploiement de forces étrangères de maintien de la paix, la sélection d’une nouvelle force de police palestinienne et les opérations humanitaires. Selon les responsables, la mise en œuvre de ces mesures s’avère de plus en plus difficile, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu ayant décidé d’adopter une ligne plus dure pendant la campagne électorale.

Le plan continue toutefois d’avancer, mais « à petits pas », a affirmé l’un des responsables israéliens, reconnaissant néanmoins que pour obtenir des progrès significatifs en matière de désarmement du Hamas, de déradicalisation et de reconstruction à grande échelle, il faudra encore attendre plusieurs années.

Le président américain Donald Trump aux côtés d’autres dirigeants mondiaux avant la première réunion du Conseil de Paix, à l’Institut américain pour la paix, à Washington, le 19 février 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP Photo)

Les pourparlers qui ont été menés avec le Hamas au Caire la semaine dernière ont permis de faire des progrès graduels, grâce à l’obtention d’un consensus sur la quasi-totalité des 15 points de la feuille de route pour le désarmement du Conseil de paix, a déclaré un haut diplomate arabe. Il a toutefois ajouté que des divergences majeures subsistaient quant aux mécanismes précis devant conduire le Hamas à déposer les armes.

Par ailleurs, le Conseil invoque l’article 17 du plan en 20 points de Trump pour Gaza, aux termes duquel, si le Hamas retarde ou rejette ce cadre, certaines mesures seront mises en œuvre dans les « zones exemptes de terrorisme remises par l’armée israélienne » à la Force internationale de stabilisation (ISF), laquelle a pour mission de sécuriser la bande de Gaza conformément au plan.

« Le Hamas n’a pas de droit de veto » sur ce plan s’il refuse de rendre ses armes, a indiqué le responsable américain. L’objectif actuel du Conseil, a-t-il ajouté, est d’évacuer les civils palestiniens du territoire contrôlé par le Hamas, la partie de l’enclave où vivent la plupart des Gazaouis.

Cette stratégie commencerait par une zone pilote humanitaire dans la région de la ville de Rafah, au sud, qui a été rasée, dans laquelle la toute nouvelle Force internationale de stabilisation (ISF) est censée commencer à se déployer le long des frontières.

Cette force doit faire face à plusieurs difficultés. Initialement prévue pour compter quelque 20 000 soldats, elle est bien en deçà de cet objectif, malgré l’arrivée en Israël ces dernières semaines de petites délégations provenant de pays tels que le Maroc, l’Albanie, le Kazakhstan et le Kosovo, qui opèrent depuis une base située dans la ville méridionale de Kiryat Gat.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu visite le Centre de coordination civilo-militaire à Kiryat Gat le 29 octobre 2025, où il rencontre le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir (au centre), et le chef du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper (à gauche). (Crédit : Maayan Toaf/GPO)

Autre preuve des progrès limités enregistrés, le Centre de coordination militaro-civile (CMCC) de Kiryat Gat a été rebaptisé « Centre international de soutien à Gaza », alors que le volet de la Force internationale de stabilisation (ISF) prend de plus en plus d’importance, ont indiqué des responsables.

Même si certains représentants civils sont toujours présents, la structure se concentre de plus en plus sur la coordination militaire et sur la logistique, dans le cadre d’une « reconfiguration », a expliqué un responsable israélien.

Le Maroc, qui a officiellement signé la semaine dernière un accord prévoyant sa participation à l’ISF, devrait être le premier des pays contributeurs à déployer effectivement des contingents à Gaza. Le Conseil de paix et les dirigeants de l’ISF saluent son projet de déploiement d’officiers supérieurs, de gendarmes et de policiers, ainsi que ses plans de création d’un hôpital militaire de campagne.

Mais l’effectif total des troupes marocaines est estimé à 20 hommes, voire moins.

Le 12 juillet, le Conseil de Paix a annoncé l’arrivée en Israël d’une petite délégation de soldats venus du Kosovo.

L’Albanie et le Kazakhstan devaient également envoyer des troupes.

Et alors que l’Indonésie était prête, au début de l’année, à envoyer jusqu’à 8 000 soldats dans cette force, elle s’est retirée en mars, au cours de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, sous la pression de l’opinion publique nationale et en raison d’inquiétudes quant à l’avancement du projet.

Un responsable israélien a précisé que Jakarta, à l’instar d’autres pays, n’avait pas écarté la possibilité d’envoyer des forces plus tard, mais attendait de voir comment se dérouleraient les premiers déploiements alors que les parties « avancent lentement » vers la mise en œuvre.

Par ailleurs, d’après les diplomates arabes, aucun progrès significatif concernant la zone humanitaire ne devrait être réalisé avant la fin des élections israéliennes. En effet, le gouvernement israélien craint que le fait de faciliter des projets d’aide à Gaza ne soit perçu de manière négative, alors que le Hamas reste au pouvoir dans une partie de l’enclave palestinienne.

Parmi les mesures qu’Israël a tardé à faire avancer, ont ajouté les diplomates arabes, figure la signature d’un accord sur le statut des forces (SOFA) avec chaque pays contribuant à la Force internationale de stabilisation (ISF), visant à définir le cadre juridique applicable au personnel militaire étranger stationné à l’étranger. Les soldats de l’ISF ne peuvent pas se déployer tant que ces accords n’ont pas été signés.

Les responsables israéliens ont reconnu que les accords-cadres SOFA n’avaient toujours pas été signés. Ils ont admis que la période électorale avait compliqué les procédures d’approbation. L’un d’entre eux a néanmoins dit avoir bon espoir que ces accords soient approuvés par le Conseil des ministres israélien avant les élections.

Un panache de fumée s’élève lors d’une frappe israélienne sur une zone industrielle de Gaza-City, le 12 juillet 2026. (Crédit : Omar Al-Qattaa / AFP)

Israël maintient sa menace militaire

Alors que les médiateurs continuent de faire pression pour faire avancer le plan, la menace d’une intervention militaire de l’armée israélienne contre le Hamas reste intacte, ont indiqué des responsables israéliens. Plus de 1 000 personnes ont été tuées à Gaza depuis la signature du cessez-le-feu, d’après des responsables proches du Hamas. Par ailleurs, Israël a récemment intensifié sa campagne contre les membres du groupe terroriste palestinien.

Le major général Avi Bluth, chef du Commandement central israélien, a récemment déclaré qu’Israël contrôlait actuellement plus de 60 % de la bande de Gaza, bien au-delà de la partie de l’enclave que Jérusalem était autorisé à conserver temporairement dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu qui a été conclu avec le Hamas en octobre 2025.

En mai, Netanyahu a annoncé avoir ordonné à l’armée israélienne de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza. Au début du cessez-le-feu, l’armée contrôlait près de 53 % de cette enclave palestinienne ravagée par la guerre, tandis que le Hamas contrôlait les 47 % restants, sur lesquels vivent la quasi-totalité des deux millions d’habitants de Gaza.

L’un des responsables israéliens a présenté l’appel de Netanyahu à étendre le contrôle israélien à 70 % du territoire comme une menace visant à maintenir l’influence militaire d’Israël sur le Hamas, si celui-ci refusait de rendre les armes.

Selon le responsable américain, bien que le Conseil de paix n’autorise pas officiellement l’action militaire israélienne ni ne menace le Hamas au nom d’Israël, il a clairement fait savoir au groupe terroriste que son refus de se conformer à la feuille de route sur le désarmement pourrait entraîner une hausse de la pression militaire israélienne.

« Plus [le Hamas refusera de se conformer au plan], plus les opérations israéliennes s’intensifieront », a souligné ce responsable.

Des « policiers » du Hamas montant la garde alors que des personnes assistent à l’ouverture du huitième congrès du Fatah, à l’université al-Azhar de Gaza-City, le 14 mai 2026. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Le Hamas cherche à intégrer le comité technocratique

Dans le cadre des discussions qui se sont tenues la semaine dernière, le Hamas a insisté pour que ses milliers de fonctionnaires, notamment les membres de sa police civile, puissent soit être intégrés à l’organe technocratique, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), soit bénéficier d’une forme de compensation, a fait savoir ce haut diplomate arabe.

Israël ne fait pas de distinction entre la branche armée du Hamas et les forces de police et de sécurité intérieure du groupe terroriste, qu’il a prises pour cible à plusieurs reprises tout au long des combats à Gaza.

Si le responsable israélien s’est opposé à l’intégration de la police du Hamas aux forces de police du NCAG, il n’a pas exclu la possibilité que des fonctionnaires civils non affectés à la sécurité, jusqu’alors rémunérés par le gouvernement administré par le Hamas, puissent à terme occuper des postes subalternes au sein du comité.

Le deuxième diplomate arabe a fait valoir que la force de police proposée était essentielle pour créer une alternative tant au régime du Hamas qu’au contrôle militaire israélien – mais qu’Israël avait compliqué le processus.

« L’idée est d’introduire une autre force armée [à Gaza], à savoir la police. Mais les Israéliens ralentissent le processus, parce qu’ils refusent d’aller de l’avant », a dénoncé le diplomate.

De nombreux responsables impliqués dans le plan se sont dits frustrés par ce qu’ils perçoivent comme un manque de coopération de la part d’Israël, a poursuivi le diplomate. Pour lui, le gouvernement israélien freine délibérément la mise en œuvre du plan, par crainte d’un tollé national en pleine campagne électorale.

Le responsable américain a néanmoins décrit un « assez bon alignement » avec Israël quant à l’orientation générale du plan. Il a également reconnu que l’approbation par Israël de nombreux éléments du plan est pratiquement indispensable, qu’il s’agisse de l’acheminement de matériel et de sous-traitants, du déploiement de l’ISF ou de la mise en place de la nouvelle force de police.

Les questions budgétaires et de financement restent également un facteur de difficulté, ont ajouté des responsables.

De hauts responsables du Conseil de paix et le commandant de l’ISF, Jasper Jeffers, ont rencontré la semaine dernière, au Capitole, des membres des commissions des affaires étrangères et des finances de la Chambre des représentants et du Sénat américains, dans le but d’obtenir 200 millions de dollars pour l’organisme de maintien de la paix, a fait savoir un assistant parlementaire au Times of Israel.

Les responsables ont fait le point sur l’avancement de cette initiative. Ils ont également tenté d’apporter davantage de transparence sur la situation actuelle, face aux inquiétudes suscitées par l’absence de progrès, a précisé cet assistant.

La semaine dernière également, de hauts responsables de l’Autorité palestinienne et du Conseil de paix se sont entretenus en marge d’une réunion des donateurs à Bruxelles afin d’aborder la question de la coordination des efforts de relance et de reconstruction de Gaza, saluant une initiative récemment lancée par l’Union européenne, qui devrait apporter environ 1 milliard de dollars pour soutenir ces efforts.

Les responsables israéliens ont pour leur part rappelé que Jérusalem restait attachée à la vision du Conseil du paix, malgré des progrès plus lents que prévu initialement.

« Notre mission commune est de veiller à ce que la trajectoire poursuive son ascension à l’avenir, aussi modérée soit-elle », a affirmé l’un d’entre eux.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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