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Gaza : un camion de vivres se retourne sur la foule, 20 morts selon le Hamas

Les terroristes accusent Israël de forcer les convois à emprunter des routes dangereuses ; des Israéliens bloquent un convoi provenant de Jordanie ; Tsahal ordonne des évacuations à Gaza-City et à Khan Younès

Des Gazaouis transportant le corps d'une personne tuée alors qu'elle tentait d'atteindre des camions humanitaires vers l'hôpital Shifa, à Gaza, le 6 août 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)
Des Gazaouis transportant le corps d'une personne tuée alors qu'elle tentait d'atteindre des camions humanitaires vers l'hôpital Shifa, à Gaza, le 6 août 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

L’Agence de défense civile de Gaza, contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, a fait état de vingt morts dans l’accident d’un camion de vivres qui s’est renversé sur la foule dans la nuit de mardi à mercredi.

On ignorait dans un premier temps si le camion transportait des marchandises destinées à des commerçants ou à une organisation humanitaire.

Ces décès seraient les derniers en date liés à l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza, une question centrale dans le contexte de la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Les organisations humanitaires continuent de tirer la sonnette d’alarme face à une famine généralisée à Gaza et à la multiplication des décès dus à la malnutrition.

Selon des articles publiés dans le journal qatari Al-Araby Al-Jadeed, le camion d’aide humanitaire aurait été contraint d’emprunter une route dangereuse après qu’une foule s’est rassemblée autour du véhicule, ce qui aurait provoqué l’accident.

L’Agence de défense civile du Hamas s’est également exprimée sur cet accident.

« Le camion s’est renversé alors que des centaines de civils attendaient de l’aide alimentaire dans la zone de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’Agence de défense civile, Mahmoud Bassal, un un « terroriste actif » au sein du Hamas, selon Israël.

Illustration : Des Gazaouis récupérant de la nourriture et de l’aide humanitaire à l’arrière d’un camion qui circule dans le corridor de Morag, près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 4 août 2025. (Crédit : Mariam Dagga/AP)

« Le camion avait été contraint par l’armée israélienne d’emprunter des routes dangereuses, qui avaient auparavant été bombardées » et étaient en mauvais état, a-t-il expliqué.

« Malgré l’autorisation récente et limitée de quelques camions d’aide, l’occupant [Israël] entrave délibérément le passage sûr et la distribution de cette aide. Il oblige les conducteurs à emprunter des itinéraires encombrés de civils affamés qui attendent depuis des semaines les produits de première nécessité », a accusé le Hamas dans un communiqué publié mercredi matin.

Ce « comportement délibéré et criminel se solde souvent par des foules désespérées qui se ruent sur les camions et s’emparent de leur contenu par la force », a expliqué le groupe terroriste, faisant état de vingt civils tués et de dizaines de blessés.

Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.

Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

L’aide en provenance de Jordanie bloquée

Par ailleurs, la Jordanie a déclaré qu’un convoi humanitaire à destination de Gaza avait été bloqué par des Israéliens, pour la deuxième fois en quelques jours. Elle a accusé Israël de ne pas agir avec fermeté pour empêcher ces agressions.

Le convoi, composé de trente camions d’aide humanitaire, a été retardé, en violation des accords signés, a déclaré à Reuters le porte-parole du gouvernement, Mohammad al-Momani.

« Cela nécessite une intervention sérieuse de la part d’Israël et aucune indulgence envers ceux qui font obstruction à ces convois », a poursuivi Momani.

Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, qui dit montrer l’incident en question donne à voir des dizaines de manifestants assis sur la route pour empêcher les camions de passer.

Plus tôt dans la semaine, Momani avait déclaré que plusieurs camions d’aide humanitaire avaient été contraints de faire demi-tour vers la Jordanie après avoir été importunés par des militants en Israël.

Les militants de droite plaident pour qu’aucune aide n’entre à Gaza tant que les terroristes n’auront pas relâché tous les otages enlevés lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas avaient également tué plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils.

La veille du renversement du camion, Israël a annoncé qu’il autoriserait, pour la première fois depuis près d’un an, l’entrée partielle des marchandises privées dans la bande de Gaza, dans le but d’augmenter le flux de denrées alimentaires et de produits d’hygiène de première nécessité, qui étaient jusqu’alors uniquement acheminés par les organisations humanitaires.

Des images de Gazaouis amaigris, apparues ces dernières semaines (dont certaines ont été utilisées à des fins diffamatoires), notamment d’enfants affamés, ont alarmé le monde entier et intensifié la pression internationale sur Israël pour qu’il autorise l’acheminement de l’aide humanitaire dans l’enclave en proie à plus de vingt-deux mois de guerre.

Selon les Nations unies, plus de 1 300 personnes auraient trouvé la mort en tentant d’obtenir de la nourriture dans l’enclave depuis le début des opérations de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) en mai, dont une grande partie aurait été abattue par les troupes israéliennes opérant à proximité des sites de la GHF.

L’armée israélienne a reconnu avoir tiré des coups de semonce en direction des foules qui s’approchaient de façon menaçante, mais a réfuté les chiffres avancés par l’ONU qu’elle qualifie « d’exagérés », sans toutefois fournir ses propres chiffres.

Tsahal ordonne des évacuations à Gaza-City et Khan Younès

Mercredi matin, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation des habitants du quartier de Zeitoun, à Gaza-City.

« Comme vous en avez été avertis, Tsahal poursuit ses opérations vers l’ouest », a expliqué le colonel Avichaï Adraee, porte-parole de l’armée en langue arabe, dans un message publié sur le réseau social X et accompagné d’une carte de la zone à évacuer.

Cette zone fait déjà l’objet d’ordres d’évacuation. Les habitants de Zeitoun ont reçu l’ordre de se diriger vers la zone de Mawasi, sur la côte sud de Gaza, qu’Israël a déclarée « plus sûre ».

Un deuxième avertissement d’évacuation a été lancé aux habitants d’une petite zone située à l’ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.

« Tsahal poursuit ses manœuvres terrestres et déploie d’importantes forces dans votre secteur afin d’étendre le champ des combats », a expliqué le colonel Adraee, ajoutant que la zone évacuée ne serait pas incluse dans les zones bénéficiant d’une « pause humanitaire » quotidienne pour l’acheminement de l’aide.

Plus de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 20 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.

Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

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