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GB : Chute de près de 60 % des commémorations scolaires de la Journée de la Shoah depuis le 7-Octobre

"Je crains ce que cette année nous réserve", a écrit le Grand Rabbin britannique Ephraïm Mirvis à propos de la commémoration annuelle dédiée aux victimes du génocide, le 27 janvier

L'entrée du mémorial et du musée d'Auschwitz-Birkenau, ancien camp de concentration et d'extermination nazi, à Oświęcim, en Pologne, le 26 janvier 2025. (Crédit : Czarek Sokolowski/AP)
L'entrée du mémorial et du musée d'Auschwitz-Birkenau, ancien camp de concentration et d'extermination nazi, à Oświęcim, en Pologne, le 26 janvier 2025. (Crédit : Czarek Sokolowski/AP)

Le nombre d’écoles britanniques marquant la Journée internationale de commémoration de la Shoah a chuté de près de 60 % au cours des deux dernières années, selon une organisation à but non lucratif qui consacre ses activités à la promotion de cette journée annuelle en mémoire des victimes de la Shoah, qui a lieu le 27 janvier.

Ces dernières années, les événements organisés lors de la Journée internationale de commémoration de la Shoah – qui marque la libération du camp de la mort d’Auschwitz par l’Armée rouge en 1945 – avaient connu une augmentation en milieu scolaire, avec plus de 2 000 établissements d’enseignement secondaire au Royaume-Uni qui avaient mis en place des événements commémoratifs ou éducatifs à l’occasion de cette journée en 2023, selon le Holocaust Memorial Day Trust (HMDT), l’organisation qui a été créée par le gouvernement britannique pour promouvoir et soutenir cette journée internationale de commémoration de la Shoah.

Cependant, depuis le début de la guerre à Gaza – une guerre qui avait été déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023, entraînant une vague d’antisémitisme dans le monde entier – la commémoration dans le système scolaire a perdu de son importance.

En 2024, un peu moins de 1 200 établissements ont organisé des événements, contre 854 en 2025, sur environ 4 200 établissements secondaires dans tout le pays, selon le HMDT.

« Je crains ce que cette année nous réserve », a écrit le Grand Rabbin du Royaume-Uni, Ephraïm Mirvis, dans un éditorial qui a été publié ce week-end dans le Sunday Times.

Le rabbin a reconnu les défis auxquels les éducateurs sont confrontés pour organiser de tels événements, compte tenu de leur « impact polarisant » – certains parents qualifiant l’enseignement de la Shoah de propagande ou exigeant qu’il mette également en évidence les souffrances des Gazaouis.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’entretenant avec le Grand Rabbin Ephraïm Mirvis lors du dîner de collecte de fonds organisé par l’Holocaust Education Trust, à Londres, le 16 septembre 2024. (Crédit : Isabel Infantes/Pool via AP)

« De nombreux enseignants confrontés à ce dilemme ont choisi la voie de la facilité : ne pas commémorer du tout la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste », a-t-il écrit.

Cependant, ne pas enseigner la Shoah risque de « corroder les fondements moraux d’une société », a-t-il expliqué.

« La Shoah n’était pas inévitable », a écrit le rabbin Mirvis.

« Elle a été l’aboutissement d’un processus marqué par la normalisation du principe du bouc émissaire, par de la désinformation constante, par une autocratie violente et par une culture de haine extrême. Elle n’a pas commencé dans les camps de concentration, mais dans les salles de classe, dans les journaux et sur les places publiques, où les gens ont appris à détourner le regard. »

« L’enseignement de la Shoah n’est donc pas un intérêt propre au peuple juif. Il s’agit d’une éducation civique dans sa forme la plus urgente », a-t-il poursuivi.

« Ce n’est pas un soutien exprimé à un gouvernement, à un certain point de vue ou à un conflit quelconque. C’est un acte de mémoire humaine. »

Le Congrès juif européen (CJE) a exprimé des inquiétudes similaires, qualifiant ces données de « signal inquiétant ».

« La Journée de commémoration de la Shoah n’est pas une question de politique. Il s’agit de mémoire, de responsabilité et d’éducation », a écrit le CJE dans un communiqué.

Des personnes visitant les voies ferrées et un wagon utilisé pour le transport des prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale, juste à l’extérieur de l’ancien camp de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, à Oświęcim, en Pologne, le 25 janvier 2025. (Crédit : Oded Balilty/AP)

« Elle existe pour honorer les six millions de Juifs assassinés pendant la Shoah et pour rappeler aux générations futures les conséquences de la haine, de l’indifférence et de l’extrémisme. Éviter la commémoration par crainte de la controverse sape l’objectif même de l’éducation. »

Selon les chiffres qui ont été diffusés par le Community Security Trust (CST), une organisation caritative juive dédiée à la sécurité, les actes antisémites ont explosé en Grande-Bretagne depuis l’assaut barbare et sanglant du 7-0ctobre, à l’origine de la guerre à Gaza.

Quelques jours après les massacres, et avant même le lancement de l’opération terrestre israélienne à Gaza, des manifestations anti-Israël de grande ampleur avaient eu lieu à Londres. Ces rassemblements se sont poursuivis tout au long de la guerre, qui s’est achevée en octobre par un cessez-le-feu négocié par les États-Unis.

Entre janvier et juin 2025, plus de 1 500 actes antisémites ont été enregistrés au Royaume-Uni, un chiffre dépassé uniquement par celui du premier semestre 2024, avait indiqué le CST en août.

Après des mois d’intensification des actes d’incitation à la haine, le mois d’octobre a été marqué par l’attentat terroriste de Yom Kippour à Manchester, au cours duquel un automobiliste a foncé sur des piétons devant une synagogue avant de sortir de son véhicule pour attaquer des personnes avec un couteau.

Deux hommes, Melvin Cravitz et Adrian Daulby, ont perdu la vie et trois autres ont été gravement blessés lors de cette attaque perpétrée le jour le plus sacré du calendrier juif.

L’individu a lancé son attaque en fonçant avec sa voiture sur le personnel de sécurité et les portes extérieures de la synagogue.

Portant une fausse ceinture explosive, il a ensuite poignardé à mort Melvin Cravitz, 66 ans, puis a tenté de prendre d’assaut le site avant d’être abattu par la police.

Adrian Daulby, 53 ans, est décédé des suites d’une blessure par balle à la poitrine, tirée par un policier intervenu sur les lieux.

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