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GB : Une start-up israélienne met en évidence une ingérence par des bots iraniens

1 300 faux profils, qui polarisaient le discours politique britannique et présentaient l'Iran comme un modèle d'unité, ont été silencieux pendant toute la durée de l'Opération "Rising Lion"

À la suite de l'Opération « Rising Lion » en Iran, le 13 juin, la start-up Cyabra, basée à Tel Aviv, a découvert un réseau de robots diffusant de la désinformation qui s'est mis en veille, avant de réapparaître avec des messages anti-Israël et anti-Occident. (Crédit : Cyabra via JTA)
À la suite de l'Opération « Rising Lion » en Iran, le 13 juin, la start-up Cyabra, basée à Tel Aviv, a découvert un réseau de robots diffusant de la désinformation qui s'est mis en veille, avant de réapparaître avec des messages anti-Israël et anti-Occident. (Crédit : Cyabra via JTA)

JTA — Lorsqu’Israël a lancé l’Opération « Rising Lion » en Iran, le 13 juin, ce ne sont pas seulement des sites nucléaires et des hauts gradés iraniens qui ont été éliminés, mais aussi une armée secrète de robots s’ingérant dans la politique britannique.

C’est en tout cas ce qu’affirme Cyabra, une start-up israélienne basée à Tel Aviv et spécialisée dans la lutte contre la désinformation, qui a révélé cette opération.

Selon un rapport rendu public la semaine dernière, le réseau, qui avait commencé à fonctionner en mai, a disparu pendant seize jours. Aucune publication, aucune réponse, aucune trace des 1 300 faux profils se faisant passer pour des internautes britanniques et alimentant le débat en ligne sur l’indépendance de l’Écosse, le Brexit et l’effondrement des institutions.

Selon Cyabra, ces comptes avaient déjà atteint plus de 200 millions de personnes grâce à plus de 3 000 publications.

Lorsque le réseau a été rétabli après la reprise des communications iraniennes, son ton avait changé. Selon le rapport, les mêmes personnages générés par intelligence artificielle (IA) qui s’étaient auparavant fondus dans le discours politique britannique partageaient désormais des contenus pro-Téhéran et se moquaient des dirigeants occidentaux.

Les analystes de Cyabra ont déclaré que cet intervalle de seize jours offrait un aperçu rare, avant et après, de preuves directes et chronologiques d’ingérence étatique en ligne.

Cyabra a identifié des contenus diffusés par des faux profils soupçonnés d’être coordonnés, promouvant le séparatisme écossais et présentant le Royaume-Uni comme une force d’oppression. (Crédit : Images via Cyabra, via JTA)

« La perturbation soudaine des capacités d’influence de l’Iran, due à sa guerre avec Israël, a mis à nu l’ensemble de l’opération », a déclaré Dan Brahmy, PDG de Cyabra.

« C’était comme assister en temps réel à l’autodestruction d’une campagne de désinformation soutenue par l’État. Lorsque l’Iran a marqué une pause, les robots ont fait de même, révélant ainsi la stratégie, la propagande et les 224 millions de vues que leur fausse campagne avait déjà accumulées. »

Selon le rapport, environ 26 % des 5 083 comptes ayant participé à des conversations sur l’indépendance de l’Écosse sur le réseau social X étaient de faux comptes, « un chiffre nettement supérieur à la norme sur cette plateforme ».

L’enquête de Cyabra a révélé que bon nombre de ces comptes recyclaient du contenu existant, utilisaient des formulations identiques et menaient des campagnes coordonnées. Des hashtags tels que #FreeScotland, #BrexitBetrayal et #ScottishIndependence ont été utilisés à plusieurs reprises pour insérer des messages favorables au gouvernement dans des conversations authentiques.

Bien que ces comptes imitaient le comportement de vrais utilisateurs (retweets, mentions « J’aime », réponses à intervalles réguliers), leur ampleur et leur uniformité n’ont été mis en évidence que lorsqu’ils sont devenus silencieux.

Selon le rapport, les faux profils fonctionnaient comme un groupe auto-alimenté : les robots relayaient les publications les uns des autres pour simuler un consensus populaire. Ils cherchaient également à amplifier les messages qui polarisaient le discours politique britannique, tout en présentant la République islamique comme un modèle d’unité et de résistance.

La plateforme de Cyabra a permis de mettre au jour ce réseau en analysant « les groupes d’engagement, les schémas linguistiques et les anomalies comportementales », a expliqué Brahmy à la Jewish Telegraphic Agency.

« La coupure brutale de seize jours et la baisse d’activité qui a suivi sur des milliers de profils sont des indicateurs incontestables d’un commandement et d’un contrôle centralisés », a-t-il ajouté.

Marche en faveur de l’indépendance de l’Écosse, à Glasgow, le 20 avril 2024. (Crédit : Andy Buchanan/AFP)

Le réseau revient après la guerre avec des messages pro-Téhéran

Après l’interruption, les messages ont pris un ton ouvertement géopolitique. Un compte utilisant le nom d’Alisa Stewart a publié une caricature représentant des Israéliens sous forme de rats se précipitant vers des abris, tandis qu’un aigle iranien les attrape dans ses serres, avec pour légende : « Lorsque l’Iran a contraint les États-Unis et Israël à implorer un cessez-le-feu grâce à une unité nationale sans faille, cela a été une leçon d’autodétermination. N’est-il pas temps d’appliquer la même chose pour rompre avec la monarchie britannique dépassée ? »

« Le peuple iranien a triomphé grâce à son unité et à sa résilience face à deux superpuissances nucléaires. Pourquoi ne devrions-nous pas suivre son exemple pour gagner notre indépendance vis-à-vis de la monarchie britannique ? », disait un autre message.

Un troisième message montrait l’image d’un homme portant une kippa en proie aux flammes, accompagnée de la légende « Irony Dome » (Dôme de l’ironie), une référence moqueuse au « Dôme de fer », le système de défense anti-missiles israélien.

Une caricature anti-Israël se moquant du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu affichée sur la place de la Palestine, dans le centre-ville de Téhéran, le 13 juillet 2025. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Des responsables militaires ont suggéré que cette opération pourrait s’inscrire dans le cadre d’une initiative plus large impliquant la Russie, qui pratique la guerre d’influence numérique depuis longtemps. Dans une interview accordée au Daily Mail, l’ancien officier de l’agence de renseignement militaire britannique, le colonel Philip Ingram, a averti que cette campagne portait la marque d’une coordination conjointe.

« La menace est considérable », a-t-il déclaré.

« Je pense que la Russie a coordonné une grande partie de ces opérations. Il s’agit de bien plus qu’un lien tangible fort : la Russie et l’Iran travaillent ensemble. Cela pourrait indiquer que la Russie a été fortement impliquée dans les plans de l’Iran avec le Hezbollah et le Hamas, et suggérer que la Russie pourrait être impliquée dans l’attaque du Hamas contre Israël. »

Les deux pays ont déjà coopéré dans le domaine de l’information. À la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, l’Iran, la Russie et la Chine ont utilisé les chaînes de télévision publiques et des réseaux de robots pour amplifier les contenus pro-Hamas et discréditer les États-Unis et Israël.

Un cinquième des comptes se réjouissant de l’attaque criminelle de Boulder étaient des robots

Selon un article du New York Times publié en novembre 2023, un compte sur quatre publiant des informations sur la guerre contre le Hamas à Gaza au cours du premier mois semblait être un faux compte. Les responsables américains et israéliens ont qualifié le volume de désinformation de « sans précédent ».

Cyabra est une entreprise à but lucratif qui compte parmi les membres de son conseil d’administration l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo et parmi ses anciens clients Elon Musk, qui a fait appel à Cyabra pour analyser l’activité des robots sur Twitter avant d’acquérir la plateforme en 2022.

La société a récemment collaboré avec l’organisation à but non lucratif Combat Antisemitism Movement pour analyser l’activité sur les réseaux sociaux à la suite de l’attentat au lance-flammes perpétré contre des manifestants pro-Israël à Boulder, dans le Colorado. Elle a ainsi découvert que 22 % des comptes antisémites célébrant l’attaque meurtrière étaient faux, mais qu’ils avaient tout de même généré des millions de vues.

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