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GHF : le garçon présumé tué par Tsahal est vivant, en sécurité et hors de Gaza

"Abood", âgé d'environ 9 ans, appelé à tort "Amir" et déclaré mort par l'ex-employé de la GHF Anthony Aguilar, a été retrouvé avec sa mère, en dehors de la bande de Gaza

Abdul Rahim Muhammad Hamden (Crédit Fondation humanitaire de Gaza, via X)
Abdul Rahim Muhammad Hamden (Crédit Fondation humanitaire de Gaza, via X)

Un garçon palestinien qui, selon un ancien employé de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), avait été tué par l’armée israélienne, est en réalité encore en vie et se trouve désormais à l’étranger, où il a été envoyé avec sa mère, a annoncé l’organisation humanitaire.

En juillet, la mort présumée du petit garçon a attiré l’attention du monde entier. Un ancien employé de la GHF, Anthony Aguilar, a affirmé avoir distribué de la nourriture à « Amir » sur un site de la GHF, dans le sud de Gaza, après quoi des soldats de l’armée israélienne avaient ouvert le feu et tué l’enfant.

Par la suite, a raconté jeudi la GHF, l’organisation a commencé à rechercher le garçon, qui s’appelle en réalité Abdul Rahim Muhammad Hamden et est âgé de presque 9 ans. Son calvaire est le dernier épisode en date du conflit qui oppose Aguilar, ancien soldat des forces spéciales américaines qui accuse la GHF de complicité dans des crimes de guerre, et l’organisation humanitaire, pour qui Aguilar n’est qu’un ancien employé mécontent et auteur de fausses déclarations.

La GHF a indiqué avoir employé la biométrie et contacté d’autres Gazaouis pour parvenir à identifier le garçon et sa mère. D’après le porte-parole de la GHF, Chapin Fay, le personnel de l’organisation a montré la photo de l’enfant à des personnes vivant dans les environs du point de distribution où il avait été filmé, réussissant ainsi à entrer en contact avec sa famille élargie. La GHF a ajouté que le garçon portait toujours la chemise qu’il avait sur le dos sur les images accompagnant les affirmations d’Aguilar.

« Les recherches de la GHF pour retrouver ce garçon ont débuté le jour où Aguilar a fait ses révélations », a annoncé Fay lors d’une conférence de presse jeudi. « L’enfant est en vie et en sécurité. Son vrai nom est Abdul Rahim Muhammad Hamden, « Abood » pour sa famille, et non « Amir » – comme l’avait faussement identifié Aguilar. »

« Sa mère et lui ont été envoyés en lieu sûr », a poursuivi Fay, ajoutant que le lieu où se trouvait la famille serait tenu secret, pour leur propre protection. « Nous sommes convaincus qu’ils sont en route vers une nouvelle vie. »

La GHF a publié des photos du garçon avec le personnel de l’organisation et en dehors de la bande de Gaza, en plus d’images de lui aux côtés des sauveteurs. Ils ont également partagé une vidéo de sa mère s’entretenant avec le personnel de la GHF.

« Je suis prête à voyager dans l’intérêt de mon fils », dit-elle en arabe dans une vidéo montée. « Je pars de mon plein gré. Personne ne m’a obligée. »

Selon Fay, retrouver la famille était devenu une priorité pour la GHF après qu’Aguilar a raconté publiquement son histoire, une initiative qui, selon l’organisation, risquait de faire du garçon une cible pour le Hamas.

« Cette médiatisation a placé l’enfant dans le collimateur du Hamas, qui a largement profité des fausses déclarations d’Aguilar et de leur amplification par les médias », a-t-il ajouté. « S’il était prouvé que l’enfant était encore en vie, alors leur propagande risquerait de s’effondrer. Une telle preuve de vie exposerait les mensonges d’Aguilar et discréditerait le discours utilisé par le Hamas pour attiser l’indignation et la violence. »

Cette annonce faite jeudi par la GHF est intervenue plus d’un mois après qu’Aguilar a commencé à affirmer, dans des interviews accordées à la presse internationale, que l’organisation humanitaire était coupable de comportements « criminels ».

La GHF, soutenue par les États-Unis et Israël, a débuté ses opérations en mai, dans l’objectif de distribuer l’aide humanitaire en court-circuitant le Hamas. Les déclarations d’Aguilar surviennent alors que l’organisation fait face à une vague de critiques internationales en raison du chaos et des fusillades meurtrières signalés quasi quotidiennement autour des points de distribution de l’aide humanitaire. L’armée israélienne conteste les chiffres avancés par le ministère de la Santé dirigé par le Hamas concernant le nombre de morts. Elle a toutefois reconnu que ses soldats avaient tiré des coups de semonce sur la foule.

Anthony Aguilar, ancien travailleur humanitaire de la Fondation humanitaire pour Gaza, dans une interview accordée à la BBC, diffusée le 25 juillet 2025. (Crédit : Capture d’écran/BBC)

Dans une interview accordée en juillet à la BBC sur son expérience professionnelle à Gaza, Aguilar a expliqué avoir vu des soldats israéliens et des prestataires américains faire usage d’une force « aveugle » à l’encontre de civils sur des sites d’aide humanitaire, qualifiant ces actes de « crimes de guerre ».

« De toute ma carrière, je n’ai jamais été témoin d’une telle brutalité, ni d’un usage aussi aveugle et inutile de la force contre une population civile, désarmée et affamée », a-t-il confié à la BBC.

La GHF, à la suite de la diffusion de l’interview, a publié un communiqué expliquant qu’Aguilar avait inventé ces allégations.

« Nous avons ouvert une enquête dès que nous avons pris connaissance des affirmations de M. Aguilar », a fait savoir la GHF. « Les conclusions, basées sur une vérification croisée des événements dans le temps, avec des clips vidéo et des sources sur le terrain, indiquent qu’il s’agit d’affirmations fausses et sans fondement. »

Fay a par la suite partagé le contenu de SMS attestant qu’Aguilar a été « licencié pour faute grave » et qu’il n’a pas, ainsi qu’il l’a prétendu, démissionné de son plein gré de son poste chez UG Solutions, partenaire de la GHF pour la sécurité.

Aguilar, après avoir supplié sans succès son employeur pour qu’il le rétablisse à son poste, « a menacé UG Solutions de représailles », a poursuivi Fay, citant un message envoyé par Aguilar le 15 juin, dans lequel il avertissait qu’il pouvait être « le meilleur ami ou le pire cauchemar » de l’entreprise.

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