Hanegbi: La loi sur l’exemption du service militaire haredi « menace l’avenir d’Israël »
La loi "favorise les réfractaires", a dit l'ancien Conseiller à la Sécurité nationale ; le chef d'une ONG soutenant les soldats ultra-orthodoxes appelle à des changements majeurs, le texte manquant d'un plan structuré en matière d'ntégration
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Vendredi, l’ancien conseiller à la sécurité nationale Tzachi Hanegbi a vivement critiqué le projet de loi proposé par le député du Likud Boaz Bismuth visant à réglementer la conscription des ultra-orthodoxes. Selon lui, ce projet « favorise les réfractaires » et menace l’avenir d’Israël.
Dévoilée jeudi, la version révisée du projet de loi continuerait d’accorder des exemptions de service militaire aux étudiants à temps plein des yeshivot tout en augmentant ostensiblement la conscription parmi les diplômés des établissements d’enseignement haredim.
La législation est largement considérée comme ayant été conçue pour préserver le statu quo actuel, selon lequel une majorité écrasante des hommes ultra-orthodoxes n’effectuent pas leur service dans l’armée israélienne.
Dans une publication sur Facebook, Hanegbi, un confident de longue date du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a fait savoir que le projet de loi de Bismuth « ne répondait pas » au besoin urgent de l’armée israélienne de recruter des milliers de soldats supplémentaires à la suite de la guerre.
Le fardeau militaire « repose toujours sur les épaules d’un nombre relativement restreint de personnes », a-t-il écrit, soulignant que ses quatre fils avaient tous servi au combat, dont trois récemment à Gaza.
Si l’étude de la Torah est une valeur chère, elle doit toutefois « être combinée avec la valeur de la défense de l’État et de ses citoyens », a-t-il ajouté.
Hanegbi, ministre de longue date du Likud, qui a longtemps été l’un des principaux conseillers du Premier ministre, a été brusquement démis de ses fonctions le mois dernier, apparemment à la suite de désaccords avec Netanyahu sur la politique de guerre menée à Gaza.
Hanegbi a noté que son expérience au sein du cabinet, de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset et du Conseil national de sécurité l’a convaincu, a-t-il noté, que l’armée israélienne « savait comment intégrer avec succès » les engagements religieux dans le cadre du service militaire.
Il a exhorté le gouvernement et la Knesset à « mettre cela en oeuvre sans plus tarder ».
Netanyahu, qui cherche à faire avancer le projet de loi afin de satisfaire les exigences des partis ultra-orthodoxes, mais qui craint également de s’aliéner d’autres partisans, n’a pas encore commenté publiquement la version révisée du texte.
Par ailleurs, le responsable d’une organisation soutenant les soldats ultra-orthodoxes a appelé Bismuth à apporter d’importantes modifications à son projet de loi, soulignant sa défaillance à reconnaître les yeshivot hesder haredim.
L’ONG Netzah Yehuda de Yossi Levi soutient le bataillon Netzah Yehuda, créé il y a plus de 25 ans pour permettre aux hommes haredim de servir comme soldats combattants. Les yeshivot hesder, fréquentées principalement par des jeunes hommes issus de la communauté sioniste religieuse, associent l’étude de la Torah et un service militaire raccourci.
Dans une lettre adressée à Bismuth, Levi a appelé à la mise en place d’un cadre équilibré qui permette de répondre aux besoins d’Israël en matière de sécurité tout en respectant le mode de vie des haredim. Il a critiqué le projet de loi en cours, invoquant l’absence de plan structuré pour l’intégration des haredim dans l’armée israélienne, le décrivant en outre comme trop déclaratif et difficile à mettre en œuvre.
Parmi les modifications proposées par l’ONG figurent des objectifs de recrutement contraignants, avec au moins 30 % des recrues haredim affectées à des unités de combat, un service de sécurité civile commençant seulement à l’âge de 22 ans et des adaptations au sein de l’armée israélienne, notamment un peloton haredi dédié, un bureau de recrutement séparé et un accompagnement spirituel officiel.
Levi a également insisté sur la nécessité d’un plan gouvernemental officiel pour la conscription des haredim, qui s’inspirerait des programmes utilisés pour intégrer les haredim dans l’emploi civil, qui ont largement fait leurs preuves.
Les dirigeants haredim, au cours de l’année écoulée, ont fait pression pour faire adopter une loi qui écarte largement leur communauté de l’armée israélienne, après que la Cour suprême a jugées illégales les exemptions générales du service militaire accordées depuis des décennies aux étudiants haredim à plein temps dans les yeshivot.
On estime qu’environ 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement éligibles au service militaire, mais ne se sont pas enrôlés. L’armée israélienne a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 nouvelles recrues en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve par la guerre contre le Hamas à Gaza et par d’autres défis militaires.
la Communauté du Times of Israël !







