« Happy Place », de Noa Koler, rafle la mise aux prix de la télévision israélienne
Kan a remporté 27 prix ; après avoir remporté le prix du meilleur programme d'investigation, Ilana Dayan d'Uvda affirme que la "machine" gouvernementale s'efforce d'effacer les échecs du 7-Octobre
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La cérémonie de remise des prix télévisés 2025 de l’Académie israélienne du cinéma et de la télévision s’est déroulée dimanche soir, après avoir été reportée en raison de la guerre contre le régime iranien, qui a eu lieu en mars et en avril.
La cérémonie, qui s’est tenue à l’Expo Tel Aviv, a été diffusée sur la chaîne publique Kan.
Kan a remporté 27 prix, suivi par Yes avec 12 et Keshet (la chaîne N12) avec 6.
La comédie noire « Happy Place », dans laquelle Noa Koler interprète une orthophoniste en pleine crise de la quarantaine, a été la grande gagnante de la soirée, remportant dix prix, dont ceux de la meilleure série dramatique, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario, de la meilleure actrice pour Koler, ainsi que de nombreuses distinctions d’interprétation.
La série documentaire « Corinne Allal : Farewell Tour » arrive en deuxième position avec six prix, suivie de la série « Bloody Murray », qui en a remporté cinq.
Omer et Ben, les fils de la chanteuse emblématique Allal – qui est décédée en 2024 – ont rejoint sa compagne Ruti Allal et l’équipe de production sur scène pour recevoir le prix de la meilleure série documentaire.
L’émission satirique « Eretz Nehederet » a remporté quatre prix, dont ceux de la meilleure émission satirique et de sketchs, du meilleur scénario satirique, des meilleurs costumes, des meilleurs effets visuels et du meilleur maquillage spécial.
Le regretté acteur Alon Abutbul, décédé l’été dernier sur une plage, a été honoré de deux prix : celui du meilleur second rôle masculin dans une série dramatique pour son rôle dans « The German » de Yes TV, et celui du meilleur second rôle masculin dans une comédie dramatique ou une sitcom pour « Yekumot » de Kan, également connue sous le nom de « AKA ».
Sa belle-sœur a reçu le prix en son nom en lisant un message de ses enfants, tandis que le deuxième prix a été remis à Roy Kafri, le créateur de « Yekumot », qui a remporté le prix du meilleur acteur dans une comédie.
Tiki Dayan a reçu le prix de la meilleure actrice dans un second rôle dans une série dramatique pour sa performance dans « Happy Place » de la chaîne Kan, et Rotem Sela a été récompensée pour son rôle dans « Bloody Murray » de Yes Studio, dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle dans une comédie dramatique ou une sitcom.
La série « My Nephew from Hell » de Kan a remporté trois prix dans les catégories enfants et jeunesse, tandis que « Cramel », également de Kan, a été désignée meilleure série dramatique pour enfants et jeunesse.
C’est la productrice de « Tehran », Shula Spiegel, qui a remis le prix à « Cramel » et a rendu hommage à sa défunte partenaire créative, Dana Eden, décédée de manière inattendue à Athènes il y a quelques mois, alors que le tournage de « Tehran » était en cours.
« Je saisis chaque occasion pour honorer la mémoire de ma chère partenaire », a déclaré Spiegel.
« Mercredi, je me suis retrouvée seule sur scène pour la première fois, et une fois de plus, la réalité m’a frappée. Tu n’étais pas là, chère Dana. Près de vingt ans d’un partenariat extraordinaire, des années passées à créer ensemble. »
Un moment mémorable de la soirée a été celui où Lucy Aharish, présentatrice du journal télévisé et cible de menaces de la part de l’extrême-droite pour avoir critiqué le gouvernement plus tôt cette année, a remis le prix du meilleur programme d’investigation à Ilana Dayan, de l’émission « Uvda » sur la chaîne N12. Elle a évoqué l’affaiblissement des médias au cours des dernières années, ainsi que le rôle de la presse dans une société démocratique.
« Depuis le 7 octobre [2023], ces dernières années nous ont tous obligés à faire un examen de conscience – sur ce qui compte vraiment ici, sur ce sur quoi nous avons choisi de nous concentrer, sur ce que nous avons négligé, sur les questions que nous n’avons pas posées, et surtout sur ce que nous avons normalisé simplement parce que nous lui avons donné une tribune », a déclaré Aharish.
« La responsabilité de ce qui se passe ici n’incombe pas uniquement aux dirigeants qui nous ont menés à cette situation. Elle nous incombe également – à chacun d’entre nous. Elle réside dans ce que nous disons, ce que nous diffusons et, surtout, dans ce que nous voulons laisser en héritage à nos enfants. »
Après la remise du prix à Dayan pour « Uvda », la journaliste d’investigation, qui a mené des entretiens approfondis avec plusieurs anciens otages, a évoqué le visionnage de documents choquants et difficiles liés à l’attaque du Hamas du 7-Octobre. Elle a notamment rappelé avoir visionné, il y a plusieurs mois, des images d’otages Hersh Goldberg-Polin, Carmel Gat, Alex Lubnov, Eden Yerushalmi, Ori Danino et Almog Sarusi dans les tunnels de Gaza, avant qu’ils ne soient assassinés par leurs geôliers terroristes. Elle a alors su que ces documents devaient être diffusés.
« Ces images doivent être dévoilées et diffusées – avant tout parce qu’une machine entière s’emploie à effacer le plus grand échec que ce pays ait jamais connu », a déclaré Dayan, faisant référence à l’approche des médias pro-gouvernement et des réseaux sociaux concernant le 7-Octobre.
« Même au milieu de la folie qui nous submerge, il y a le bien et le mal, la vérité et le mensonge, et il y a des faits », a-t-elle ajouté.
« Le seul devoir du journaliste – en réalité, notre mission – est de les mettre au jour. »
Elle a qualifié Israël de société meurtrie après trois ans de guerre et de traumatismes, « avec une politique brisée, un terrorisme juif terrifiant et une violence effroyable au sein de nos propres rangs », et a appelé la société israélienne à essayer de trouver des moments de grâce, « à s’attarder sur les actes de solidarité et de beauté qui triomphent sur le cynisme ».
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