Hillel retire un rapport juridique soutenant Harvard dans sa lutte contre l’antisémitisme face à Trump
Dans un mémoire d'amicus curiae qui avait été déposé "sans avoir suivi notre procédure interne de validation", un juriste a fait valoir que le gel des financements, loin de les aider, nuit aux étudiants juifs
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JTA – En l’espace de quelques heures, Hillel International a déposé, puis retiré, un mémoire d’amicus curiae apportant son soutien à l’université de Harvard dans le cadre du litige qui l’oppose actuellement à l’administration Trump concernant les procédures de lutte contre l’antisémitisme sur le campus.
Un représentant de l’organisation mère de Hillel a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency que le mémoire initial de 22 pages, soumis mercredi, « avait été déposé sans avoir suivi notre procédure interne de validation ». Il n’a pas donné plus de détails.
Ce revirement vient compliquer encore davantage les efforts des institutions juives pour lutter contre l’antisémitisme sur les campus, tout en tirant la sonnette d’alarme concernant certains mécanismes répressifs trop agressifs mis en place par le gouvernement.
Dans son mémoire depuis retiré, Hillel faisait valoir que Harvard avait renforcé sa réponse à l’antisémitisme. L’organisation affirmait également que les mesures prises par l’administration Trump pour supprimer le financement de l’université « n’aident pas les étudiants juifs et n’améliorent pas les conditions de vie sur le campus ».
« Au contraire, elles affectent de manière disproportionnée les étudiants et chercheurs juifs, ceux-là même que le gouvernement prétend vouloir aider », poursuit le mémoire. Ce dernier est venu s’ajouter au mémoire qui a été déposé par Harvard dans cette affaire – qui porte sur les efforts fédéraux qui ont visé à justifier par l’antisémitisme le gel de plus de 2 milliards de dollars de contrats et de subventions habituellement versés par le ministère américain de la Santé et des Services sociaux.
Les associations juives historiques ont cherché à concilier leurs revendications en faveur d’une répression de l’antisémitisme sur les campus avec leurs craintes que les menaces de coupes budgétaires massives de l’administration Trump ne nuisent à la recherche et aux étudiants.
Le mémoire avait été signé par Mark Rotenberg, directeur juridique de Hillel International et responsable de la Campus Climate Initiative, ainsi que par l’avocat David Zimmer. Ni Rotenberg ni Zimmer n’ont encore répondu aux demandes de commentaires.
Le Harvard Hillel, qui est indépendant de Hillel International, a déclaré à la JTA dans un communiqué n’avoir joué aucun rôle dans la décision de déposer ou de retirer ce mémoire.
« Nous espérons que ce différend entre Harvard et notre gouvernement aboutira bientôt à une résolution qui garantira les droits des étudiants et des enseignants juifs de Harvard, résolution qui permettra de renforcer la mission académique de l’université et qui favorisera l’excellence de la recherche et de l’industrie américaines », a commenté un porte-parole du Harvard Hillel.
La prise de position de Hillel en faveur de Harvard dans cette affaire avait immédiatement suscité la polémique. Shabbos Kestenbaum, un ancien étudiant juif de Harvard devenu militant conservateur sur le campus, avait vivement critiqué Hillel pour ce mémoire, et avait, dans la soirée de mercredi, exhorté les Juifs sur les réseaux sociaux à cesser de faire des dons à l’organisation, peu avant que cette dernière n’annonce le retrait de son mémoire.
« J’encourage les donateurs juifs à retirer leur financement et leur soutien à Hillel, et à favoriser plutôt les organisations qui ont un impact positif sur l’avenir des membres de la communauté juive », a écrit Kestenbaum sur Facebook à propos de ce mémoire d’amicus curiae. « Il est clair que Hillel ne souhaite pas évoluer. »
« Il est de plus en plus évident, pour tout donateur souhaitant entretenir un dialogue sincère avec les étudiants juifs américains, qu’une partie importante de l’establishment juif a échoué dans cette mission », a plus tard confié Kestenbaum à la JTA.
Kestenbaum n’a pas non plus ménagé ses mots à l’égard de Harvard Hillel, qu’il accuse notamment d’avoir dissuadé un étudiant de premier cycle de faire flotter un drapeau israélien.
En réponse, un représentant de Harvard Hillel, plutôt que commenter les allégations spécifiques de Kestenbaum, a rappelé à la JTA que l’organisation « améliore indéniablement la vie des étudiants juifs, ainsi que celle de l’ensemble de la communauté de Harvard. Pour quiconque souhaite lutter contre l’antisémitisme à Harvard, soutenir Harvard Hillel reste la meilleure façon d’investir ses ressources ».
la Communauté du Times of Israël !







